Bon début de semaines, chers liseux.
Un lundi ensoleillé, du moins à Québec Cité, et un lundi où l'on règle les dossiers. Voyez-vous, la semaine dernière, je vendais ma voiture. Mais pourquoi? Bien que celle-ci fut la première, les voitures ont de commun avec les hommes que le premier amour dure rarement toute une vie (en fait, je ne connaît pas de cas de voiture qui a présenté un tel exploit de longévité mais, couvrons nos arrières). Ainsi, j'avais l'opportunité de racheter la voiture de location d'une connaissance, la même personne de qui j'avais acheté mon auto actuelle, il y a quatre ans. Après moult calculs, tergiversations, rebondissements, complot (j'en suis convaincue) de la part d'un concessionnaire Nissan (le BOSS en fait) qui a «par hasard» croisé ma route pour m'offrir un deal sans égal sur une Versa que je convoite en secret depuis des mois, nous avons finalement décidé de garder la voiture qui m'est fidèle depuis plusieurs années. Je l'ai fait nettoyer, j'ai fait changé le pare-brise (qui avait craqué après six mois de vie commune) et je lui ai acheté des enjoliveurs cheaps au Canadian Tire (prononcer ka-na-di-ant - ti-re en français). Ma petite Mazda brille donc en ce moment, de son noir sale de deux jours, dans un parking gouvernemental de la ville de Québec. Et elle partagera nos routes pour la vie ou jusqu'à ce que j'aie les moyens de m'acheter une auto neuve dont je pourrai ENFIN choisir la boîte de vitesse et retourner à mes premières amours «à la clotch».
Parlant de bras de vitesse, suite à ces petits aléas avec LA machine la plus grosse et la plus dispendieuse de mon existence, laissez moi vous parler de la machine qui fait partie de ma vie depuis hier soir. Petite machine qui m'a d'ailleurs coûté plus cher que le nouveau pare-brise de l'autre. Messieurs, si vous êtes délicats et prudes, c'est ici que nous nous quittons. Sinon, mordez dans un morceau de bois, ça va passer.
Mon nouvel ami Raine (diminutif de Rainbow Beam, de son nom complet et aussi un hommage au magnifique chanteur d'Our Lady Peace) est entré dans ma vie un peu par hasard, même si j'envisageais depuis quelques temps d'élargir ma culture à sa race. Samedi dernier, une amie de l'Élu enceinte jusqu'aux oreilles (qui n'est peut-être plus enceinte au moment où j'écris ces lignes) m'a proposé de l'accompagner à une soirée Fantasia, qui avait lieu hier soir chez une autre amie de l'Élu, elle-aussi enceinte mais jusqu'aux coudes seulement. Mon bras a dû subir un peu de torsion avant que j'accepte. Je n'avais aucune idée à quoi m'attendre et je craignais que la soirée devienne une version hardcore d'une gang de filles aux danseurs. Toutefois, je le confesse mesdames, n'ayant jamais utilisé l'instrument qui, paraît-il, fait le bonheur de plusieurs femmes sur cette terre, la curiosité l'emporta. Je me retrouvai donc, assise en indien dans une immense chaise en osier au coussin fugueur, à sentir, toucher et goûter crèmes, poudres et huiles, aux vertus toutes plus lubriques (j'adore ce mot, je ne sais pas pourquoi) les unes que les autres. Je surfai sur ces divers produits, mon regard inexorablement attiré vers ces idoles en glue qui trônait sur la table et qui nous fûment présentés en dernier. Portant des noms coquins ou évocateurs : le Kangourou rose, le Charmeur, le Rainbow Beam et sa version boostée, le Rainbow Beam G Point. J'étais subjuguée et éblouie. Tant de variété! Mais, me demandais-je, sont-ils à la hauteur de leurs promesses?
Je m'en fut donc, après la démonstration Tupperware, rencontrer notre jeune représentante (22 ans, deux enfants, la «zone» n'a plus aucun secret pour elle). Je reparti avec le Dolfinger (!!!!) et le Rainbow Beam (qui fait de la lumière, je n'ai aucune idée dans quel but). M'en servirai-je un jour? Je n'en sais rien encore. Je suis convaincue que je me trouverais complètement stupide toute seule dans mon lit avec un truc qui vibre, qui fait un drôle de bruit et qui a une ambiance disco intégrée. Surtout qu'une petite partie de moi est convaincue depuis longtemps que ma vie est filmée, à la Truman Show, chaque instant de ma vie. Mais je me dis que le jour où je serai prête, Raine ne sera qu'à une extension de coude de ma portée...
Sans pudeur, sans égo, sans retenue. Peut contenir de la geekitude, de la bière, de l'osé, du niaiseux et des aveux.
lundi 17 mars 2008
vendredi 14 mars 2008
Le scandale de l'échalotte
Avouez que ça ferait un beau titre de livre hein? «Le scandale de l'échalotte», une histoire de meurtre, de trahison et de lubricité! Mais non mais non. Je vous parle vraiment d'échalotte!!!!
Pourquoi? me demanderez-vous, tentant de fuir mais en étant incapable, ma verve et mon verbe vous clouant sur place et vous hypnotisant, faisant de vous mes esclaves soumis et repentant (de quoi? on s'en balance!).
Parce que, j'ai constaté que beaucoup de blogguiste (j'ai le goût d'inventer des mots) donnent souvent, parfois ou rarement des recettes. Chose que je n'ai jamais fait. J'ai donc décidé de le faire. Mais pour le faire, faut que je vous raconte «de quoi».
Quand j'ai rencontré l'Élu, l'échalotte, pour moi, était et avait toujours été ce truc qui ressemble à un mini poireau que ma mère fait pousser dans le jardin ou qu'on achète à l'épicerie. J'avais bien entendu parler (vaguement) d'une échalotte grise, mais ça ne me taraudait pas outre mesure. Je suis une mangeuse d'ail et d'oignon moi (oignon que les partisans d'un nouvel orthographe phonétique veulent transformer en onion). Donc, j'utilisais souvent ces choses que j'appelais échalottes.
Mais là, vla ti pas qu'arrive l'Élu sur ses grands chevaux grimpés dans les rideaux. «Non, non c'est pas des échalottes ça!», qu'y dit. Je lui fais une face interloquée et je lui réponds «Mais de quosséske tu parles ti gars? C'est ben manque des échalottes, staffaire!». Et nous continuâmes on and on ainsi pendant des heures. Jusqu'au jour où. À l'épicerie. L'Élu, de son sobriquet auto proclamé donc peu démocratique mais nous l'appelerons l'Élu quand même, tombe sur un paquet d'ÉCHALOTTES françaises. Glorieux, fringant de sa victoire sur la Femme-ayant-rarement-tort (moi), il saisit d'un geste vif et vigoureux le paquet d'ÉCHALOTTES françaises et, cherchant des yeux la dame de son coeur qui marsouinait entre les allées, il vint se planter devant elle (moi, juste pour être sûre que vous suivez) et brandit haut et fort l'objet tant convoité et me dis : «AH AH! J'avais raison. C'est ÇA des ÉCHALOTTES.»
Dix minutes plus tard, une fois qu'il eut achevé sa danse de la victoire (qui implique contorsions et cabrioles dont les scientifiques cherchent encore la provenance), nous repartîmes pour la maison, moi plus savante et lui avec un ego de deux tailles plus grandes.
Voici donc comment j'ai découvert les VRAIES échalottes. Je vous présente donc ici une recette qui n'est pas la mienne mais que j'aime beaucoup.
Pourquoi? me demanderez-vous, tentant de fuir mais en étant incapable, ma verve et mon verbe vous clouant sur place et vous hypnotisant, faisant de vous mes esclaves soumis et repentant (de quoi? on s'en balance!).
Parce que, j'ai constaté que beaucoup de blogguiste (j'ai le goût d'inventer des mots) donnent souvent, parfois ou rarement des recettes. Chose que je n'ai jamais fait. J'ai donc décidé de le faire. Mais pour le faire, faut que je vous raconte «de quoi».
Quand j'ai rencontré l'Élu, l'échalotte, pour moi, était et avait toujours été ce truc qui ressemble à un mini poireau que ma mère fait pousser dans le jardin ou qu'on achète à l'épicerie. J'avais bien entendu parler (vaguement) d'une échalotte grise, mais ça ne me taraudait pas outre mesure. Je suis une mangeuse d'ail et d'oignon moi (oignon que les partisans d'un nouvel orthographe phonétique veulent transformer en onion). Donc, j'utilisais souvent ces choses que j'appelais échalottes.
Mais là, vla ti pas qu'arrive l'Élu sur ses grands chevaux grimpés dans les rideaux. «Non, non c'est pas des échalottes ça!», qu'y dit. Je lui fais une face interloquée et je lui réponds «Mais de quosséske tu parles ti gars? C'est ben manque des échalottes, staffaire!». Et nous continuâmes on and on ainsi pendant des heures. Jusqu'au jour où. À l'épicerie. L'Élu, de son sobriquet auto proclamé donc peu démocratique mais nous l'appelerons l'Élu quand même, tombe sur un paquet d'ÉCHALOTTES françaises. Glorieux, fringant de sa victoire sur la Femme-ayant-rarement-tort (moi), il saisit d'un geste vif et vigoureux le paquet d'ÉCHALOTTES françaises et, cherchant des yeux la dame de son coeur qui marsouinait entre les allées, il vint se planter devant elle (moi, juste pour être sûre que vous suivez) et brandit haut et fort l'objet tant convoité et me dis : «AH AH! J'avais raison. C'est ÇA des ÉCHALOTTES.»
Dix minutes plus tard, une fois qu'il eut achevé sa danse de la victoire (qui implique contorsions et cabrioles dont les scientifiques cherchent encore la provenance), nous repartîmes pour la maison, moi plus savante et lui avec un ego de deux tailles plus grandes.
Voici donc comment j'ai découvert les VRAIES échalottes. Je vous présente donc ici une recette qui n'est pas la mienne mais que j'aime beaucoup.
Vinaigrette aux échalottes telle que reproduite au pif après avoir goûté celle du beau-frère:
Verser dans un contenant de votre choix une quantité approximativement égale de vinaigre balsamique et d'huile d'olive (ajuste les proportions au goût). Ajouter des échalottes hachées, pas trop sinon ça devient trop dense, mais au goût quand même. Ajoutez du sel si vous voulez, je recommande le sel aux herbes Herbamare, qui a remplacé, du moins dans ma cuisine, toute autre forme de sel SAUF pour les frites.
Verser sur une salade de votre choix (j'vais quand même pas devoir vous dire comment faire la salade là?????).
- - Vinaigre balsamique
- - Huile d'olive
- - Échalottes françaises
Verser dans un contenant de votre choix une quantité approximativement égale de vinaigre balsamique et d'huile d'olive (ajuste les proportions au goût). Ajouter des échalottes hachées, pas trop sinon ça devient trop dense, mais au goût quand même. Ajoutez du sel si vous voulez, je recommande le sel aux herbes Herbamare, qui a remplacé, du moins dans ma cuisine, toute autre forme de sel SAUF pour les frites.
Verser sur une salade de votre choix (j'vais quand même pas devoir vous dire comment faire la salade là?????).
Fin
Comme vous pouvez le constater, je cuisine comme j'écris, c'est-à-dire sans suivre un cadre établi et en y allant pas mal comme ça vient. Des fois ça fait dur, d'autre fois c'est étonnament délicieux (je cuisine vraiment bien en passant lol)
Sur ce, bon week-end!
Sur ce, bon week-end!
Écosystème(s) :
Partage incontrôlé,
Vidange du cerveau
jeudi 13 mars 2008
Je suis grosse... et ma foi, j'haïs pas ça!
Aujourd'hui, deux nouvelles.
1- Je viens de me rendre compte que j'aime ça un peu être ronde
2- Suite de l'acte 1 des «Fantômes du passé»
1- Je viens de me rendre compte que j'aime ça un peu être ronde
2- Suite de l'acte 1 des «Fantômes du passé»
******
Commençons par la fin, ou plutôt par la suite. Ce midi, je pris la décisions financièrement contestable de dîner au Clocher. J'eus pu me payer un pita extreme pour 7$, mais mon corps me criait silencieusement qu'il voulait de la bonne bouffe. Je me dirigeai donc vers le dit Clocher, sur la rue St-Joseph, quand je croisai ENCORE mon ami Weezer. Je trouvais la chose très très drôle puisque la veille, lors de ma 4e visite sur Facebook, je l'avais trouvé, par inadvertance, et l'avait ajouté à mes amis, afin d'entrer en contact avec lui. J'ai donc pris le taureau par les cornes et ai expliqué à Weezer mon interrogation suite à notre précédente rencontre fortuite, à savoir: cette invitation à nous revoir, resterait-elle lettre morte ou pas? Je lui ai donc fait par de mon désir de l'honorer et nous avons convenu d'échanger par courriel les numéros de téléphones nécessaires à la chose et d'y donner suite rapidement. La vie fait bien les choses et je ne crois pas qu'elle ramène quelqu'un sur notre route pour rien.
*****
De retour au boulot, après un dîner pas piqué des vers, je fis un détour par la toilette. En me lavant les mains, penchée sur le lavabo, je me surpris à croiser mon propre regard dans la toilette. Et je fut étonnée de constater qu'une sensation agréable m'envahissait alors que j'observais les rondeurs récentes (2 ans environ) de ma poitrine, mes bras, mon ventre, mes joues, etc. Comprenons nous bien cependant. Je n'aime pas les plus récents «bourrelets» disgracieux qui ont élus domiciles sur mon bedon. Mais, à mon grand étonnement, je trouve le reste de mes rondeurs gracieuses, sympathiques, pleines de volupté, sensuelles, apétissante et riante. Peut-être est-ce l'image des grosses matrones aubergistes, des big fat mamas pleines de sagesse, je n'en sais rien. Mon amie que je trouve la plus belle est aussi la plus grosse de mes amies. L'amie de l'Élu que je trouve la plus belle est elle-aussi un peu ronde. Une des comédiennes québécoise que je trouve très jolie est Valérie Blais. Que se passe-t-il? Je crois que le culte de la minceur m'amène à culpabiliser de mes rondeurs pour des raisons de santé, de standards, etc. Je crois qu'on a peur maintenant du mot grosse. Or, pourquoi devrions-nous avoir honte d'être grosse? Attention là je ne parle pas d'obésité ou d'un grand surpoids. Je parle de rondeur, de formes, d'un peu de gras autour de l'os. Parce que la personne très mince n'est pas nécessairement plus en santé. C'est prouvé d'ailleurs qu'une personne grosse et active est en meilleure santé qu'une personne mince et casanière (bon ok je suis grosse ET casanière... mais je mange bien! héhé). En tout cas, je crois que notre perception du poids oblitère complètement la réalité de ce qu'est la santé. Et je crois que la honte devant les rondeurs (autant ceux qui les portent que ceux qui les voient) est absolument scandaleuse!
Ainsi, je le dis et je le répète ici, aujourd'hui: je suis grosse et j'aime ça. Ne prenez pas de gants blancs pour me décrire, ne me parlez pas de «bien en chair», «gros os», «charpentée». Il y a un mot pour ça: grosse! La coche d'après, c'est obèse. Et malgré ce que ma mère pense, je suis loin d'y être :)
Grosses de ce monde, soyez fières et affichez vos rondeurs et joufflitudes! Je vous aime!
Anecdote: mon frère, étudiant en médecine, pendant les fêtes, s'exerçait à prendre la tension artérielle. Lorsque ce fut mon tour, j'eus droit à ceci: «Ah, c'est la première fois que je vais m'essayer sur un bras dodu!» Mignon n'est-ce pas? :)
Ainsi, je le dis et je le répète ici, aujourd'hui: je suis grosse et j'aime ça. Ne prenez pas de gants blancs pour me décrire, ne me parlez pas de «bien en chair», «gros os», «charpentée». Il y a un mot pour ça: grosse! La coche d'après, c'est obèse. Et malgré ce que ma mère pense, je suis loin d'y être :)
Grosses de ce monde, soyez fières et affichez vos rondeurs et joufflitudes! Je vous aime!
Anecdote: mon frère, étudiant en médecine, pendant les fêtes, s'exerçait à prendre la tension artérielle. Lorsque ce fut mon tour, j'eus droit à ceci: «Ah, c'est la première fois que je vais m'essayer sur un bras dodu!» Mignon n'est-ce pas? :)
Écosystème(s) :
Réflexions opiniâtres,
Vidange du cerveau
mercredi 12 mars 2008
We are cooooooooool
Je vous ai tu déjà dis que nous, les mammifères marins, nous sommes cooooooools? En fait, nous, de la famille des dauphins, on est plus que cool. On rock!!!
En voici la preuve pour ceux qui en doutent.
C'est genre le truc le plus cool que j'ai jamais vu!
En voici la preuve pour ceux qui en doutent.
C'est genre le truc le plus cool que j'ai jamais vu!
Écosystème(s) :
Partage incontrôlé
mardi 11 mars 2008
Histoire vraie en quatre saisons
Il y a des journées où je ne me peux plus d'avoir MA maison avec MA cour et un GRAND terrain....
Dans mes moyens, en fait dans nos moyens, et dans mes goûts (grand terrain, pas trop de voisins, le plus campagne possible), c'est Sainte-Brigitte-de-Laval. Je magasine sur SIA.ca en poussant des gros soupirs, sachant que pour le moment, on va rester encore au moins un an dans notre 5 et demi à petit prix. Tout le monde sacre contre le traffic et je sais que c'est bien le fun d'être à 2 minutes de tout.... mais les maisons avec des cours dans notre coin, c'est rare et c'est cher. En plus, j'y connais rien, l'Élu pas beaucoup plus. On a déjà magasiné un peu mais c'est relativement un acte de foi, acheter une maison pour la première fois. En même temps, ça va faire 8 ans que je vis en appartement et même si ça peut paraître peu de temps, pour moi c'est une éternité.
J'ai été élevée en liberté voyez-vous. Je n'ai constaté que tout récemment à quel point mon chez moi d'enfance est un endroit privilégié, même chez mes compatriotes régionaux. 50 arpents de terrain, avec un lac, une forêt, le fleuve, tout ça sur une île en plus, c'est comme dur à trouver et si ça se trouve, ça doit coûter un bras. Sauf que.
J'ai passé 16 ans sur mon domaine, à dompter les grenouilles sauvages, à ramasser des mulots et des corneilles blessées, à parler aux ruisseaux du printemps, à essayer (en vain) d'attraper des oiseaux avec un bâton, une corde, une boîte en carton et du pain, à pêcher des mini-mini-truites au tamis de friteuse, avec mon père, dans les petits ruisseaux pour les transférer dans le lac pour qu'ils grossissent, à regarder mon père entretenir la forêt à coup de scie mécanique, me montrant les bouleaux jaunes (ou merisiers), qui font sa fierté, et les petits chênes, qu'il a lui même planté, à chasser les papillons et les taons avec des pots Mason, à cueillir des fraises des champs, des petites poires (amélanches), des framboises, des merises, des cerises et des pommes, à faire la course avec Kim, ma grosse chienne labrador-berger allemand au coeur d'or, à tondre le gazon avec le tracteur, à 12 ans, mon walkman sur les oreilles, convaincue que personne ne m'entends à cause du bruit mais avec ma mère crampée en deux parce qu'elle m'entends fausser jusque dans la cuisine. Parce que le terrain chez nous, ça se tond pas à la tondeuse, non monsieur. Même avec le tracteur, ça prend un bon 4 heures et c'est sans compter la finition à la tondeuse et au fouet.
Une enfance à plumer les poulets de ma grand-mère (la maison voisine) tous les automnes, poulets qui sont arrivés en poussins, qu'on a nourris tout l'été et qui se tortillent, la tête en moins, pendant un bon 5 minutes dans le champ avant de mourrir. À acheter des bébés canards en avril, à les soigner pendant 2 mois à l'intérieur (ça pue!!!!), à leur faire une petite cage avec un grand bol d'eau quand il fait assez chaud pour les sortir et, finalement, quand ils sont assez gros, à les amener dans le lac et à leur apprendre à dormir sur l'île, à l'abri des renards. On en perdait toujours un au profit des prédateurs. Mon père les tuait à l'automne et on devait attendre le printemps suivant pour être suffisament détachés pour les manger. Mon oncle, qui habite maintenant la maison de mes grands-parents, qui chasse l'outarde tous les automnes. C'est majestueux de voir une volée de bernache s'envoler et ça fait mal au coeur de les voir tomber au son des fusils. On a passé la soirée de ma fête, il y a deux ans, à flatter le doux duvet de la bernache tuée le matin, avant de la vider, le lendemain et de la préparer pour être congelée.
Il y a mon deuxième chien, une petite mope noire caractérielle, qui s'était perdu dans le bois pendant les premières semaines, toute une nuit durant, avec un des pires orages que j'ai jamais vu (ou était-ce amplifié par l'angoisse pour mon petit chien?), retrouvé le lendemain chez le 4e voisin, en arrière de son garage. Il y a la butte à Ragout, avec sa façade à pique, devant le fleuve et les montagnes de la rive nord, où je me réfugiais, à 14 ans, pour écrire des poèmes mièvres et désespérés. Il y a l'hiver, avec le vent qui siffle dans la cheminée, se joignant au bruit des buches de bouleau qui crépitent. Le champ tout en blanc, un peu comme si ma cour arrière avait fusionné avec le «clos à cochon» pour devenir une grand lit de mousse blanche. Les hivers où le lac gèle bien, on peut gratter la neige pour patiner. Les soirs de décembre où la neige tombe doucement, ma petite rue est silencieuse à part le bruit du transformateur de la lumière de rue. On allait prendre une marche, en pyjama sous nos manteau, pour entendre seulement le bruit de la neige sous nos bottes, aucune voiture ne venant troubler la paix de l'hiver.
Il y avait les soirées de la mi-carême, celle de cette année doit déjà avoir eu lieu d'ailleurs. Où mon oncle et mon père, quand il n'était pas reparti sur son bateau, se déguisent avec des «chiennes» de bateau, des masques d'halloween ou des vieilles robes pour aller giguer à la salle de l'âge d'or. Il y a la course de chien, la course en canot, le carnaval, les criées, le bingo, les tournois de cayowenne (jamais su comment ça s'écrivait), les tournois de cribble, les soirées de danse, les soupers ou déjeuners de l'âge d'or. Dans le temps, il y avait aussi le terrain de croquet où j'allais parfois avec mes cousines et leur père, juste à côté de l'église.
Et puis il y avait les dimanches midis. Toute mon enfance, on m'a traîné à la messe, une de mes tantes étant la seule à réussir à me tenir tranquille (elle me donnait des paparmanes). Après la messe de 10h30, à laquelle mon père va encore «religieusement» (héhéhéh), c'était le rassemblement de toute ma famille paternelle chez mes grands-parents, la maison voisine, et toute ma vie, jusqu'en 1998, tous les dimanches ou presque, on mangeait de la soupe aux légumes et au vermicelle, du poulet rôti avec des patates pilées, de la salade et des navets et de la tarte au sucre pis de la crème aux pommes pour dessert.
Dans mes moyens, en fait dans nos moyens, et dans mes goûts (grand terrain, pas trop de voisins, le plus campagne possible), c'est Sainte-Brigitte-de-Laval. Je magasine sur SIA.ca en poussant des gros soupirs, sachant que pour le moment, on va rester encore au moins un an dans notre 5 et demi à petit prix. Tout le monde sacre contre le traffic et je sais que c'est bien le fun d'être à 2 minutes de tout.... mais les maisons avec des cours dans notre coin, c'est rare et c'est cher. En plus, j'y connais rien, l'Élu pas beaucoup plus. On a déjà magasiné un peu mais c'est relativement un acte de foi, acheter une maison pour la première fois. En même temps, ça va faire 8 ans que je vis en appartement et même si ça peut paraître peu de temps, pour moi c'est une éternité.
*******
J'ai été élevée en liberté voyez-vous. Je n'ai constaté que tout récemment à quel point mon chez moi d'enfance est un endroit privilégié, même chez mes compatriotes régionaux. 50 arpents de terrain, avec un lac, une forêt, le fleuve, tout ça sur une île en plus, c'est comme dur à trouver et si ça se trouve, ça doit coûter un bras. Sauf que.
J'ai passé 16 ans sur mon domaine, à dompter les grenouilles sauvages, à ramasser des mulots et des corneilles blessées, à parler aux ruisseaux du printemps, à essayer (en vain) d'attraper des oiseaux avec un bâton, une corde, une boîte en carton et du pain, à pêcher des mini-mini-truites au tamis de friteuse, avec mon père, dans les petits ruisseaux pour les transférer dans le lac pour qu'ils grossissent, à regarder mon père entretenir la forêt à coup de scie mécanique, me montrant les bouleaux jaunes (ou merisiers), qui font sa fierté, et les petits chênes, qu'il a lui même planté, à chasser les papillons et les taons avec des pots Mason, à cueillir des fraises des champs, des petites poires (amélanches), des framboises, des merises, des cerises et des pommes, à faire la course avec Kim, ma grosse chienne labrador-berger allemand au coeur d'or, à tondre le gazon avec le tracteur, à 12 ans, mon walkman sur les oreilles, convaincue que personne ne m'entends à cause du bruit mais avec ma mère crampée en deux parce qu'elle m'entends fausser jusque dans la cuisine. Parce que le terrain chez nous, ça se tond pas à la tondeuse, non monsieur. Même avec le tracteur, ça prend un bon 4 heures et c'est sans compter la finition à la tondeuse et au fouet.
Une enfance à plumer les poulets de ma grand-mère (la maison voisine) tous les automnes, poulets qui sont arrivés en poussins, qu'on a nourris tout l'été et qui se tortillent, la tête en moins, pendant un bon 5 minutes dans le champ avant de mourrir. À acheter des bébés canards en avril, à les soigner pendant 2 mois à l'intérieur (ça pue!!!!), à leur faire une petite cage avec un grand bol d'eau quand il fait assez chaud pour les sortir et, finalement, quand ils sont assez gros, à les amener dans le lac et à leur apprendre à dormir sur l'île, à l'abri des renards. On en perdait toujours un au profit des prédateurs. Mon père les tuait à l'automne et on devait attendre le printemps suivant pour être suffisament détachés pour les manger. Mon oncle, qui habite maintenant la maison de mes grands-parents, qui chasse l'outarde tous les automnes. C'est majestueux de voir une volée de bernache s'envoler et ça fait mal au coeur de les voir tomber au son des fusils. On a passé la soirée de ma fête, il y a deux ans, à flatter le doux duvet de la bernache tuée le matin, avant de la vider, le lendemain et de la préparer pour être congelée.
Il y a mon deuxième chien, une petite mope noire caractérielle, qui s'était perdu dans le bois pendant les premières semaines, toute une nuit durant, avec un des pires orages que j'ai jamais vu (ou était-ce amplifié par l'angoisse pour mon petit chien?), retrouvé le lendemain chez le 4e voisin, en arrière de son garage. Il y a la butte à Ragout, avec sa façade à pique, devant le fleuve et les montagnes de la rive nord, où je me réfugiais, à 14 ans, pour écrire des poèmes mièvres et désespérés. Il y a l'hiver, avec le vent qui siffle dans la cheminée, se joignant au bruit des buches de bouleau qui crépitent. Le champ tout en blanc, un peu comme si ma cour arrière avait fusionné avec le «clos à cochon» pour devenir une grand lit de mousse blanche. Les hivers où le lac gèle bien, on peut gratter la neige pour patiner. Les soirs de décembre où la neige tombe doucement, ma petite rue est silencieuse à part le bruit du transformateur de la lumière de rue. On allait prendre une marche, en pyjama sous nos manteau, pour entendre seulement le bruit de la neige sous nos bottes, aucune voiture ne venant troubler la paix de l'hiver.
Il y avait les soirées de la mi-carême, celle de cette année doit déjà avoir eu lieu d'ailleurs. Où mon oncle et mon père, quand il n'était pas reparti sur son bateau, se déguisent avec des «chiennes» de bateau, des masques d'halloween ou des vieilles robes pour aller giguer à la salle de l'âge d'or. Il y a la course de chien, la course en canot, le carnaval, les criées, le bingo, les tournois de cayowenne (jamais su comment ça s'écrivait), les tournois de cribble, les soirées de danse, les soupers ou déjeuners de l'âge d'or. Dans le temps, il y avait aussi le terrain de croquet où j'allais parfois avec mes cousines et leur père, juste à côté de l'église.
Et puis il y avait les dimanches midis. Toute mon enfance, on m'a traîné à la messe, une de mes tantes étant la seule à réussir à me tenir tranquille (elle me donnait des paparmanes). Après la messe de 10h30, à laquelle mon père va encore «religieusement» (héhéhéh), c'était le rassemblement de toute ma famille paternelle chez mes grands-parents, la maison voisine, et toute ma vie, jusqu'en 1998, tous les dimanches ou presque, on mangeait de la soupe aux légumes et au vermicelle, du poulet rôti avec des patates pilées, de la salade et des navets et de la tarte au sucre pis de la crème aux pommes pour dessert.
*******
Ça a été ça, ma vie. Oh bien sûr, je vous épargne tout le psychodrame de mon passage à l'école primaire et secondaire, la période dépressive de mon adolescence, la solitude, la rage, les conflits familiaux, les heurts entre mes parents, le retour au travail de ma mère. Parce que malgré toutes les moins bonnes choses, le recul que j'ai aujourd'hui me permet de voir aussi toutes les bonnes choses. Les premières semaines de l'été quand l'école était finie et que je courrais chez mes grands-parents, à 6h du matin, incapable de dormir plus longtemps, pour manger des toasts sur le copper en sandwich au bananes et à boire du «café» (de caf-lib en fait). De voir que mon enfance était un peu en dehors de son époque, que je vivais dans un monde à part, encore plein de rêves et de possibilités. Bon, bien sûr je n'ai jamais eu le cheval dont je rêvais, mais je suis encore jeune héhé. Cet endroit là, il sera à moi et à mon frère un jour. Je rêve du jour où je pourrai y retourner. Lui aussi d'ailleurs. Ce dont nous prenons conscience maintenant, c'est de la force des liens qui se sont développés entre nous et notre «terre», parce que s'en est une, la terre familliale. C'est l'attraction qui nous tiraille et nous force à y revenir. Ce n'est pas encore possible, pas tout de suite. Mais je ne peux m'empêcher de sentir son appel et ça fait presque mal.
C'est pour ça que, quand l'été approche (même si ça paraît pas trop ces temps-ci), je me mets à me languir d'un bout de terre à moi, d'un tout petit carré de gazon, où je pourrais m'étendre, fermer les yeux, et m'imaginer que je suis sous le chêne, derrière la maison de mes parents, à écouter le vent, les vagues au loin, les avions dans le ciel, les tondeuses des voisins, les voitures en bas de la côte, les enfants dans les champs, à respirer au rythme lent de la mer, du vent, de la vie.
C'est pour ça que, quand l'été approche (même si ça paraît pas trop ces temps-ci), je me mets à me languir d'un bout de terre à moi, d'un tout petit carré de gazon, où je pourrais m'étendre, fermer les yeux, et m'imaginer que je suis sous le chêne, derrière la maison de mes parents, à écouter le vent, les vagues au loin, les avions dans le ciel, les tondeuses des voisins, les voitures en bas de la côte, les enfants dans les champs, à respirer au rythme lent de la mer, du vent, de la vie.
Écosystème(s) :
Confession sur l'oreiller,
Partage incontrôlé,
Vidange du cerveau
S'abonner à :
Messages (Atom)