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vendredi 9 juillet 2010

Le bébé: un nouvel accessoire tendance?

Bon, je blagues un peu. En fait, je m'apprêtes à émettre une réflexion, on pourrait aussi dire opinion, légèrement controversée: est-ce qu'on doit ou peut amener bébé partout avec soi dans tout ce que l'on fait?

C'est une question qui me turlupine depuis que mon fils est né, même avant, parce que je vois et entends beaucoup de choses dans les deux sens. Personnellement, je considère qu'à partir du moment où j'ai choisi d'avoir un enfant, j'ai aussi fait le choix que beaucoup de choses allaient changer dans ma vie, entre autre au niveau des activités et des loisirs. Mon fils a besoin de stabilité dans ses heures de repas et de sommeil, surtout dans les 18 à 24 premiers mois de sa vie, donc je fais les choix nécessaires pour pouvoir lui offrir cette stabilité. Bien entendu, plus il avance en âge, plus je suis flexible à ce sujet. Mais, considérant toutes les études sur le manque de sommeil des enfants à long terme, j'essaie d'être rigoureuse en ce qui concerne l'heure du coucher: 19h30 la majorité du temps, jamais plus de 21h quand il y a des circonstances exceptionnelles. Je tiens également à ce qu'il ait ses deux siestes par jour (mon fils dort beaucoup, je sais que chaque enfant est différent mais un bébé de moins d'un an qui ne «sieste» pas plus d'une heure par jour, par exemple, je trouve ça douteux...) ou au moins UNE bonne sieste les jours plus irréguliers.

Vous voyez le topo en gros. J'ai, cet hiver, passé une semaine de vacances dans les Caraïbes avec ma mère. J'ai laissé mon fils avec son père car il était, pour moi, inenvisageable de me reposer avec un bébé de 9 mois. Et l'objectif était de me reposer, avant de reprendre le travail. J'ai vu beaucoup de bébés en voyage. Beaucoup de bébés au soleil sans protection, beaucoup de bébés éveillés jusqu'à 22h-23h, en pleurs, épuisés. J'ai moi-même, un soir, pris en charge le petit garçon de deux ans d'un couple d'européens que nous avions rencontré, qui tombait de fatigue alors que ses parents, dont sa maman enceinte de 3 mois, voulaient continuer de prendre un verre au bar. Je n'ai pas aimé beaucoup de ce que j'ai vu. Et hier soir, au Festival d'été, vers 22h, j'ai vu TOUT PLEIN de bébé, en ville, à 30 degrés et plus, des bébés de quelques semaines (voire jours?) à peut être un an ou deux. Encore une fois, des bébés qui crèvent de chaleur, qui pleurent de fatigue. Pas tous. Mais plusieurs quand même.

Et c'est pourquoi je m'interroge. J'ai entendu BEAUCOUP de gens me dire: «Ce n'est pas parce que nous avons eu un enfant qu'on doit arrêter de vivre.» Effectivement. Mais ne devrait-on pas modifier notre façon de vivre en fonction des besoins de l'enfant? Surtout les premiers mois, alors que son développement est particulièrement sensible et qu'il a besoin de stabilité? Les exceptions ne font pas la règle, mais y a-t-il des contextes, des activités, où l'on devrait considérer évident qu'il ne faut pas y amener d'enfants?

Il y a quelques années, avant d'avoir un enfant, l'Élu et moi assistions à un spectacle de musique. Un couple y avait emmené leur fille, de 18 mois. Ils étaient en avant de tout, avec la petite qui se couvrait les oreilles car elle était à côté des enceintes de son. Des gens leur ont dit d'éloigner la petite des caisses de son et ils se sont fâchés en disant qu'ils l'exposait à toutes sortes de choses et que c'était une expérience pour elle.

Mon réflexe est: DANGER! Risque de dommages auditifs!

Alors, où est la ligne entre la surprotection et le bon sens? S'agit-il simplement d'un concept de gestion du risque?

J'ai ma façon de faire, je ne dis pas qu'elle est la seule bonne et efficace. Mais le malaise que je ressens, quand je côtoie des enfants en très bas âge dans des contextes où je trouve que c'est plus nuisible que bons pour eux qu'il soient là, m'amène à m'interroger. Est-ce que un enfant peut faire partie de toutes nos activités, peu importe l'heure, le lieu et les conditions?

lundi 28 juin 2010

Concert de balcon

Comme je l'ai peut-être déjà dit (ça fait quand même presque deux ans que je ne blogue plus assidument et je ne me suis pas relu donc un peu d'indulgence) je suis une Limouloise depuis quelques années, même si je reste une Marsouine de coeur et de descendance, à défaut de l'être géographiquement. Donc, ce week-end, c'était Limoilou en musique. J'ai eu beau râler pendant un bon dix minutes parce que j'ai dû me trouver un autre stationnement pendant quatre jours, j'ai trouvé particulièrement agréables l'animation et l'ambiance de mon coin de rue pendant ces festivités. C'est quand même un privilège de «voir» un show de Creature et de Fred Fortin de mon balcon, même si les arbres nous obstruaient la vue, mais ce n'était pas nos premières armes avec ces deux-là donc on voulait surtout entendre. Les artisans dans la rue, les enfants qui jouent au ballon dans ma rue, fermée pour l'occasion, même pendant le spectacle de Michel Louvain, les madames sur leurs chaises pliantes et les vieux couples dansants, qui se font INTERDIRE par la police de danser dans la rue (!!!!!!!!!!!!!!), étaient attachants. C'était vraiment une excellente idée de s'adresser à un public aussi vaste avec des artistes aussi éclectiques ,mais parfaitement adéquats. Tout le monde a eu droit à sa part et chacun a accepté les choses qui s'adressaient à d'autres et ont même pris le temps de s'y attarder. Bref, même si c'est incroyablement bruyant, les spectacles prenaient fin à 23h et je peux bien me coucher un peu plus tard quelques soirs par année si c'est pour avoir le privilège d'assister à une telle démonstration de bonne volonté, de divertissement de qualité et d'esprit de fête. Ça me fait encore plus apprécier mon quartier et son caractère unique qui me rappelle un village, quand on connaît de vue, sinon de nom, la plupart des employés des commerces (pharmacie, quincaillerie, boulangerie), avec les personnes âgées sur les bancs qui commentent le trafic, les enfants de tous les âges un peu partout, les chiens de toutes les tailles et toutes les couleurs (je pourrais aussi dire les gens), même les quelques «poqués» par la vie qu'on s'approprie un peu et qui gravitent dans notre univers même s'ils n'en font pas vraiment partie... un rappel constant de nos privilèges et de la nécessité de rétablir un lien avec ceux qui nous entourent, ne serait-ce qu'en se disant bonjour.

Bref, même si les vastes étendues d'eau et de gazon me manquent tous les jours, je me surprends à aimer cet «aquarium» qu'est Limoilou pour la Marsouine «en captivité» que je suis.

vendredi 25 juin 2010

Le camion de vidange

Depuis mercredi soir, ma rue est inaccessible. Résider en plein coeur de Limoilou a ses avantages mais aussi ses inconvénients et parfois la ligne entre les deux est très floue. Donc, Limoilou en Fête et les festivités de la Saint-Jean ont bloqué ma rue et celles environnantes jusqu'à lundi et j'ai droit à de la musique à pleine tête, bonne et moins bonne, dans mes fenêtres de salon. Mais ce matin, c'est vendredi. Et le vendredi matin, c'est le matin des vidanges et du recyclage (il fut un temps où c'était le mardi et le vendredi ET c'est peut-être encore le cas mais comme on n'a pas daigné s'informer, on prend pour acquis que c'est vendredi seulement). Donc, matin de sacs verts et de bacs bleus. Mais la rue étant fermé, COMMENT pourrons-nous nous débarrasser de toute cela? Les trucs de vidanges sont peut-être suffisamment téméraires pour arracher mon rétroviseur (longue histoire...) mais ils ne passeront tout de même pas sur la scène installée au Carrefour de ma rue?

Bon, la solution simple pour nous a été d'aller porter bacs et sacs sur la rue derrière. Mais tout ça m'a amené une réflexion. Autant en ville qu'en campagne, nous sommes incroyablement dépendants d'une multitudes de choses mais, à part peut-être l'eau, je ne crois pas qu'il y ait un service plus important que celui des vidanges (mettons le déneigement l'hiver). Les égouts à ciel ouvert de la 4e Avenue (j'ignore ce qu'ils y font mais ça dure depuis 3 semaines) me font chaque fois penser à ce que devait être la vie dans les métropole européennes au 16e siècle alors que la rue servait d'égout et la fenêtre de poubelle. L'odeur nauséabonde qui devait être constante et les détritus qu'il fallait enjamber pour se déplacer.

À voir la quantité de déchets (et de recyclage... et on va se remettre au compost) que notre petite famille amasse en une semaine (un gros sac vert bien plein), nous sommes pris au dépourvu quand on oublie la journée des ordures alors si on fait un calcul rapide de la densité de population multipliée par les sacs à ordures qui en résultent et l'absence de service d'éboueur, je crois que Limoilou disparaîtrait sous une montagne d'ordure en moins de 2 mois. Totalement arbitraire comme intervalle de temps, je n'ai même pas sorti ma calculatrice.

Tout de même, ça m'inspire un nouveau respect pour nos éboueurs au point où je suis prête à leur pardonner mon rétroviseur arraché (ils n'ont probablement pas fait exprès). Et ce matin quand j'ai croisé le camion de recyclage (parce que c'est bien beau recycler mais en bout de ligne c'est pareil, faut quelqu'un pour le ramasser) j'ai bien failli m'arrêter pour aller dire merci aux hommes qui nous "torchent" jour après jour et dont le rôle pourtant essentiel n'est probablement pas reconnu à sa juste valeur.

Donc, Merci messieurs (et mesdames) les éboueurs, j'apprécie votre travail :)

vendredi 23 mai 2008

L'arme de soumission massive

On pensait s'en être tiré plus ou moins indemne. Et depuis une semaine : BOUM! Le dépôt du rapport de la Commission Bouchard-Taylor donne l'impression d'un désagréable retour en arrière. Un peu comme si un «ami» qui nous tapais sur les nerfs et qu'on ne voyait plus depuis plusieurs années sonnait à notre porte, sans prévenir (ou si peu).

Je dois dire que je suis toutefois agréablement surprise par la retenue et la modération du rapport. Les hérouxvillois pètent leur coche, sûrement parce que ce n'est pas écrit en noir sur blanc «sortez dehors les maudits étranges», mais moi, je me réjouis. Ils n'ont pas été dupes, c'était une crise fictive, montée en épingle par les propos populistes de Mario Dumont et les peurs profondes de nos compatriotes face à l'étranger et l'autorité religieuse. Hourra! Probablement que le fait qu'il y ait eu un historien dans leur rang (hum hum, autoglorification) a donné un bon coup de main :)

Donc, nos médias (mon employeur y compris) regorgent de textes qui portent sur le rapport Bouchard-Taylor. En bonne citoyenne, je me suis fait un devoir de tous les lire, au moins en diagonale. C'est donc en arrivant à la fin du cahier A du Devoir que j'ai terminé mon calvaire. Et, chose surprenante, ce fut ce dernier texte qui m'intéressa le plus. Pour une fois, Lise Payette a su dire ce que moi-même je n'avais pas réussi clairement à exprimer.

Vendredi dernier, lors d'un party de voisins improvisé, j'ai eu une discussion avec une ancienne collègue d'université et son chum sur le port du voile. Nos opinions n'étaient pas totalement divergentes mais ils ont su apporter plusieurs points très intéressants. Entre autre, le copain m'a dit : «Une des raisons pourquoi on voit de plus en plus de femmes voilées, c'est parce qu'elle sont de plus en plus présentes, donc de plus en plus intégrées à la société. On devrait s'en réjouir non?». Et j'étais d'accord. Je ne l'avais jamais vu de cet angle mais, effectivement, si cette différence nous saute de plus en plus dans la face, c'est parce qu'au lieu de rester confiné dans les limites de leur foyer et de leur communauté, au lieu donc de se ghettoïser, les néo-québécois s'intègrent (sans s'y fondrent, sinon ce serait presque triste) de plus en plus dans toutes les sphères de la société québécoise. Devant cette façon de voir les choses, je n'ai pu m'empêcher d'acquiescer et de rejoindre le point de vue de mes voisins. MAIS, et là est la nuance, je ne pouvais non plus faire taire le malaise que provoque en moi le port du voile.

Nous avons donc poursuivi la réflexion. Qu'en est-il des femmes comme Irshad Manji qui sont musulmane et contre le port du voile? Plusieurs jeunes musulmanes décident de porter le voile relativement tard dans leur vie (vingtaine). Certaines disent le porter par contestation de la société de consommation et d'image dans laquelle nous vivons. Toutefois, mon malaise persiste. Peu importe les raisons qui motivent le choix de porter le voile (lorsque c'est un voile), je ne peux oublier sa signification première: soustraire la femme à la vue des autres (des autres hommes bien souvent) et même, surtout dans le cas de la burka ou du niqab, lui ôter une partie de son identité. Le voile est, à la base, un outil de sujétion de la femme. Et quand on me répond: «Qui sommes-nous pour leur dire que leurs symboles religieux entrent en contradiction avec notre société?», je comprends l'argument mais je ne peux m'empêcher de me dire qu'ôter le voile, bien que cela nous semble très radical, ne l'est pas plus que ces femmes qui ont brûlé leur soutien-gorge à une autre époque (époque où ce geste était probablement autant sinon plus controversé). Mais j'étais incapable de bien exprimer ma pensée à ce sujet.

Et vla ti pas que Lise Payette trouve les mots qui me manquait. Elle réussit, en deux petites phrases, à exprimer tout le fond du problème, tout ce qui me titille. Je vous les livre:

«On me répondra que des femmes sont venues dire aux commissaires qu'elles avaient choisi librement de porter le hidjab, que personne ne les y forçait. Une femme conditionnée par son milieu depuis sa tendre enfance, élevée avec l'idée qu'il vaut mieux porter le hidjab, peut-elle exercer un choix vraiment libre?» - Lise Payette, Le Devoir, 23 mai 2008

Voilà!!!! C'est ça le problème. J'ai grandi dans le monde post-féminisme. Avant même que je sois pubère, l'avortement était légalisé. L'année avant ma naissance, la loi obligeant les femmes à garder leur nom de jeune fille après leur mariage a été votée. Je suis une enfant de l'égalité... enfin de l'égalité sur papier. Car si la législation avait progressé, les individus, c'est une autre histoire. Mes grands-parents ont toujours fait preuve d'un grand favoritisme envers mon frère, seul fils de leur seul fils. Mes tantes n'ont jamais toléré que même l'ombre d'un reproche contre mon frère, mes oncles, mon père ou mes cousins soit dit en leur présence. Souvent, on disait d'aller «chercher un homme», «c'est une job d'homme», etc. J'ai grandi en niant et détestant ma nature féminine parce que mon milieu, bien involontairement mais aussi bien sournoisement, m'a appris qu'une femme était inférieure et faible. Je n'ai jamais voulu être inférieure et faible. Je me suis mise à détester la partie faible en moi, partie que nous avons tous, homme ou femme. Je détestais les bijoux, les jupes, les poupées. Je bûchais avec mon grand-père et je jouais avec des camions Tonka. On disait de moi, presque avec fierté, que j'abattais l'ouvrage d'un homme, que j'étais Tom-Boy, que je mériterais un jour d'avoir «la terre». J'ai mis des années à renouer, lentement, avec ma féminité et je n'y suis pas encore arrivée complètement.

Je ne sais pas combien de générations cela prendra avant que la véritable égalité entre homme et femme existe. Probablement 2 ou 3 mille ans. Mais encore aujourd'hui, toutes les femmes portent en elles des traces des anciennes mentalités. Nous les portons, nous les vivons, nous les transmettons même! Et encore, on essaie de les changer.

J'imagine alors une petite fille, qui grandti dans un milieu qui est très patriarcal, qui a vu sa mère, ses tantes ou toute autre femme de son entourage porter le voile toute sa vie, ou encore qui a toujours entendu parler du port du voile comme de l'absolu féminin, ce voile devient partie intégrante de son modèle féminin et de sa perception de son identité sexuelle. Cette petite fille une fois grande, à 18 ans ou 24 ans, peut-être aura-t-elle construit toute une argumentation rationnelle autour du fait de porter le voile. Et à ses yeux, ce sera valide.

Je ne dis pas qu'il faille interdire le port du voile, loin de là. Je n'ai pas de solution. Seulement cette réflexion, ce malaise, dans le symbole du voile, dans le rappel constant qu'il incarne, que la femme, de tout temps a été soumise et inféodé à l'homme et qu'encore aujourd'hui, malgré nos efforts, elle le soit encore, même si c'est moins flagrant. Et je ne peux m'empêcher de penser que tant que certaines d'entre nous, les femmes, accepterons, peu importe au nom de quel principe, de perpétuer ce symbole de soumission, nous ne pourrons pas renverser la vapeur.


*********

By the way, dans une optique similaire mais en même temps très différente, le projet de loi C-484 progresse toujours, lentement mais sûrement, vers une reconnaissance du foetus comme d'une entité distincte de sa mère. Sur le sujet ici et ici.

jeudi 8 mai 2008

ALIENation

Aujourd'hui, j'avais envie d'écrire de quoi. Encore une fois, la vie dans son drôle de hasard, m'envoie la dernière p'tite goutte de motivation qui me manquait (merci Marie-Jo!).

J'aimerais bien vous parler de ce qui absorbe la totalité de mon esprit depuis une semaine mais, honnêtement, je n'y comprends plus rien et c'est entrain de me rendre folle. Je vais donc attendre l'arrivée des certitudes avant de me prononcer.

La balance de mon temps libre a été consacrée à tuer le temps en réécoutant une série télé que j'écoutais quand j'étais ado. Je n'avais jamais vu la fin de la seconde saison et la troisième (et dernière) saison. Retour dans le temps sur 6 jours, la défaite des Canadiens contre les Flyers ayant soudainement libéré mon agenda télévisuel.

La série en question s'appelle Roswell. Un mélange de Dawson's Creek et de Stargate, les histoires d'amour impossible d'une bande d'adolescents mélangé avec les aléas de la vie d'extras-terrestres en cavale. Tout pour plaire à une geek en puissance de 16 ans quoi. J'ai renoué avec le magnifique Brendan Fehr, qui me faisait saliver à l'époque et qui y réussit toujours. (Pour ceux qui n'avaient pas encore remarqué, je fantasme souvent sur des «zollywoodiens», surtout ceux qui incarnent des bad boys sensibles mais torturés).

Encore une fois, j'ai effectué un petit voyage dans le temps au centre de moi-même. Peut-être est-ce parce que la dernière année et celle en cours marquent de plus en plus mon passage à l'âge adulte, dans sa dimension sociale, je réfléchis beaucoup à l'adolescence depuis quelques temps. J'ai parfois l'impression que les adolescents que nous sommes à un moment de notre vie déterminent inévitablement le genre d'adulte que nous devenons et que cette adolescence, par son intensité (due en partie aux afflux majeurs d'hormones), nous hante tout le reste de notre vie. Les promesses d'amour pour toujours, les chagrins dont on est certain de ne jamais se remettre, les déchirements, ne sont jamais aussi intenses qu'à 15 ans. Et heureusement, sinon on en mourrait probablement :)

Ça me manque parfois. Le mélodrame, les certitudes (qui n'en étaient pas, mais on l'ignorait), la douleur, la joie. L'impression d'être tellement en vie. Même si la vie était invivable par moment. Peut-être que le filtre de l'âge nous permet d'oublier à quel point on voulait que ça finisse. Peut-être aussi que c'était seulement moi. J'écrivais des tonnes de poèmes sombres et indigestes. Je n'ai jamais autant écrit qu'à 14 ans.

Je ne sais pas trop où je veux en venir avec tout ça. Même si je m'esclaffe souvent devant les puériles tribulations de l'adolescence, ça fait du bien, parfois, de saisir un petit bout de souvenir et d'y revenir, même une fraction de seconde, pour se rappeler de soi.

jeudi 17 avril 2008

Honte à toi qui ose bloguer!

En surfant sur le web au lieu de travailler, je suis allé faire un tour du côté du site de Bang! Bang!. Je suis allé lire en fait, Simon Jodoin, qui est un peu l'idole de l'Élu. Ce dernier me raconte toujours ce que Jodoin écrit mais, pour une fois, me suis-je dit, je vais aller voir par moi-même. Je tombe donc sur un post qui parle, je résume beaucoup là, du débat «critiques artistiques accomplis et rémunérés» vs. «blogueurs qui, paraît-il, ne savent pas de quoi ils parlent». J'ai donc laissé un commentaire (pour le moment en attente d'être modéré donc on sait jamais...) que je retranscris ici, parce que ça tombe pile dans un moment où, suite à «l'incident» que vous lirez ci-après, je me remets en question quant à ma pertinence en tant que blogueuse. Voici donc mon intervention, revue et corrigée parce que j'y ai trouvé quelques coquilles en me relisant (je devrais toujours me relire avant de cliquer sur envoyer, mausus de pressée de moi!):

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La honte du blogueur. C’est un peu la nouvelle mode. Pas seulement au niveau de la critique musicale. Je la trouve très drôle parce que je travaille dans une salle de rédaction d’un quotidien qui se veut grand et qui l’est pas mal. Récemment, j’expédiais un lien vers mon humble bout de blogosphère à une copine, journaliste, pour lui montrer une photo drôle. Celle-ci s’empressa partager la photo et, de ce fait, informa autrui que je me commettais sur le web. Et voici où je veux en venir avec cette histoire. Un journaliste avec qui je travaille de me dire: «ah oui? j’irai voir. J’espère que ce n’est pas l’un de ces blogues où n’importe qui donne son opinion sur n’importe quoi, c’est tellement ridicule!». Suscitant chez moi un bizarre sentiment de honte d’avoir osé anecdotiser (je sais, je sais) mon quotidien sur le web.

Le discours condescendant du journaliste vers le blogueur n’est pas que l’apanage du critique artistique. On le retrouve dans l’ensemble de la communauté journalistique. Et pourtant, ne serait-ce que la présente course à l’investiture démocrate qui se déroule aux U.S. of A nous démontre à quel point ces nouveaux médiums (blogues, YouTube, etc.) peuvent avoir un impact immense sur l’actualité et la nouvelle. Que le blogue soit une voie de donner une voix (héhé!) à monsieur-madame Tout-le-monde, un lien de contact avec des amis, un carnet de voyage ou encore un cahier d’essais de création, que ce soit, pour certains, un travail rémunéré (journalistes blogueurs) ou une activité prise très au sérieux par des «amateurs» (comprendre ici non-rémunérés), c’est un outils incroyable de démocratisation de la sphère publique, comparable dans un sens à l’invention de l’imprimerie. L’imprimerie a permis à tous d’avoir accès à l’information, le web permet à tous de la commenter et y contribuer.

Peut-être en fait que l’élite qui, jusqu’ici, avait le monopole de l’opinion et l’information, a seulement peur de perdre ce monopole de la parole au profit d’une masse moins organisée mais ô combien plus réelle.

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La conclusion de mon questionnement personnel? Au diable toutes ces questions. Je blogue parce que j'aime ça et j'aime bien le feedback en temps réel que ça m'apporte. J'aime aussi le côté : «reviens seulement si t'aime ce que je dis». Et quand je serai vraiment tannée de bloguer (ou que j'aurais 12 000 enfants et plus une seule seconde à moi), j'arrêterai. That's it, that's all, comme dirait ma tante. Mais je crois qu'il y a quelque chose de magnifique dans ces choses que sont les blogues. Ils forment un océan dans lequel on retrouve plein de détritus et d'inutilités mais qui, une fois de temps en temps, recèle de petites merveilles qui valent la peine de fouiller.

lundi 7 avril 2008

Shave Me!! Shave Me!! (sur un air connu*)

Préparez-vous pour un long voyage, je pars de loin. Hier soir, après le souper d'anniversaire de ma belle-soeur, l'Élu et moi sommes revenus à la maison avec une heure à tuer avant de se coucher. Nous avons donc vogué sur Bell ExpressVu, moi dans l'intention de le convaincre d'écouter les nouveaux épisodes de Family Guy, American Dad et des Simpsons, lui dans l'espoir de me convaincre d'écouter AUTRE CHOSE (je suis entrain de rendre l'Élu allergique à mes dessins animés favoris. J'ai en effet trouvé un technique qui me permet d'écouter soit Family Guy, soit les Simpsons, de 16h à 22h, avec des trous seulement de 17h30 à 18h et de 18h30 à 19h.). Nous avons donc opté pour l'émission Découverte, qui parlait de pleins de choses, des coeurs artificiels (ce qui m'a permis de découvrir que l'Élu ne supporte pas de voir des opérations à coeur ouvert à la télé), aux micros-ondes (pas les appareils, les ONDES), en passant par les athlètes olympiques.

Première constatation: Charles Tisseyre en met un peu trop. Non mais c'est vrai, il s'émerveille de tout comme un enfant devant une confiserie. Il pourrait rester silencieux et ses sourcils pourraient à eux-seuls nous faire comprendre son émerveillement.

Deuxième constatation: Découverte nous donne souvent l'impression que la fin du monde est proche...


Vous me suivez toujours jusqu'ici? Parfait!

Donc, après Découverte, l'Élu pouvait aller se coucher sans que je le traite de chiffe molle. Mais, MOI, ne travaillant qu'à 10h ce matin, j'avais prévu le coup. Je savais qu'en exploitant la fonction «fuseaux horaires», je pouvais réécouter tous mes dessins animés à partir de 11h. J'ai donc apprécié American Dad et Family Guy (reconstitution de Star Wars, j'hésite encore à décider si c'était génial ou redondant). Finalement, le clou de la soirée, Les Simpsons. L'épisode s'intitulait «That 90's Show». Devenant soudainement lucide, Lisa constate que si ses parents ont près de 40 ans et que Bart a 10 ans, il ne peut donc être le résultat d'une relation sexuelle non protégée ayant eu lieu quelques semaines après la fin du secondaire. C'est ainsi que Marge et Homer nous raconte la période noire de leur vie : les années 1990!!!

Et c'est ici que vous allez comprendre où je vous amène avec tout ça. En écoutant cet épisode où Homer invente le grunge parce que Marge l'abandonne pour un prof d'université (on voit d'ailleurs un certain Marvin Cobain téléphoner à son cousin pour lui faire entendre «le nouveau son qu'il cherche», à la manière de Back to the future), j'ai eu une révélation: je suis une enfant des années 1990!

Subitement, tout m'est revenu: Nirvana, Bush (originalement Bush X) et la chanson Glycerin (transformée en «Margerine» par Homer), les chemises carreautées, le mal de vivre, Beavis and Butthead, Musique Plus, le clearasil et la crème Noxzema, etc. Je me rends compte que c'était presque cool d'être une ado dépressive et suicidaire dans le temps. Avoir su que j'étais cool, j'aurais été moins dépressive... mais... ok, paradoxe, j'ai mal au cerveau.

Bref, un retour dans le temps assez fulgurant. Ma belle-soeur a dit quelque chose de ben intelligent vendredi dernier. Elle disait que c'est lorsqu'on a des souvenirs qui remontent à 20 ans qu'on se rend finalement compte du temps qui passe. Un peu comme si cette période de recul était nécessaire pour avoir un passé. Mon premier souvenir, j'ai 4 ans, je suis au Parc Safari, je pleure sur une table à pique-nique parce que, dixit ma mère: «La poule a m'a mordue!» (une autruche avait mis mon doigt dans sa bouche). J'ai aujourd'hui 24 ans. Je vous laisse le temps de compter...


* Pour ceux qui ne comprennent rien au titre :



et

jeudi 3 avril 2008

Sur les ondes

Bizarrement, cette semaine, les États-Unis et leur président prennent beaucoup de place sur ce blogue. Bon, peut-être pas tant que ça mais un peu quand même. Depuis ma découverte des podcasts, je suis une assidue de l'émission de radio This American Life, dont je vous ai déjà parlé. J'adore la voix douce et légèrement rauque de l'animateur Ira Glass. J'apprends d'ailleurs lentement à comprendre toute la mythologie qui entoure les juifs américains, par exemple les allusions dans les films et tout ça. Je n'y connais rien en Juifs moi le seul que je connais viens de Chicoutimi. Mais je m'éloigne. L'émission nous propose un contenu varié, parfois drôle, parfois engagé, toujours inusité, souvent sous la forme d'anecdotes avec différents narrateurs. Toujours 3 ou 4 histoires qui n'ont pas grand choses en commun mais qui se rejoignent toutes sous un même thème. Dernièrement, nous avons eu droit à une émission entière consacrée à une étonnante histoire d'enlèvement d'enfant où l'enfant retrouvé et rendu à ses parents avait en fait été volé et donné à ses ravisseurs avec l'assentiment du public parce que sa mère était de réputation douteuse. Je vous laisse découvrir l'histoire passionnante de Bobby Dunbar.

Aujourd'hui toutefois, je me délecte des histoires de l'administration Bush qui s'arroge des pouvoirs et qui s'entête à vouloir gagner son point même quand il est dans le tort. Succulent et pathétique à la fois.

Bref, vraiment génial comme émission, super agréable à écouter et qui me réconcilie avec le concept de la radio. Parce que la radio, comme ma mère me l'a toujours dit, ne nous confine pas à une concentration visuelle débilitante et abrutissante. On peut faire la vaisselle, conduire, magasiner, travailler, bref, faire tout plein de chose en écoutant la radio. Et ça nous donne quand même ce «feeling» d'interagir avec le monde. Contrairement au fait d'écouter de la musique sur disque ou en mp3, la radio offre le choix, l'inconnu, l'inattendu. On peut y trouver une forme de stimulation intellectuelle avec certaines émissions à débat. Le podcast radiophonique peut lui aussi être une excellente alternative.

J'ai été élevé avec CHRC qui jouait en permanence dans la cuisine. Ma mère écoutait André Arthur et le docteur Mailloux en me disant qu'il ne fallait pas croire tout ce qu'ils disaient mais que ça pouvait quand même être bien intéressant. Je me souviens d'ailleurs très bien de LA fois où elle a parlé à André Arthur, en onde, alors qu'il varlopait sans retenue notre petite île (paraît qu'il en a contre nous parce qu'il s'est endormi dans son camion au bout d'en bas et s'est réveillé, 4h plus tard, avec 5 pieds d'eau autour de ses portes). Elle lui avait rivé son clou et j'avais été la fille la plus populaire de l'école pendant une semaine, grosse différence en ce qui me concernait héhé.

Depuis plusieurs années, je n'écoutais plus la radio. J'ai eu ma phase CHOI, comme plusieurs jeunes cégepiens de Québec. Puis ensuite, j'ai fermé la radio. Pour longtemps. Parce que je n'y trouvais rien qui me rejoignait.

Aujourd'hui, j'y suis revenue, lentement. D'abord avec CHYZ, notre radio universitaire, avec ses animateurs qui parfois m'irritent tellement ils radotent et qui, d'autres fois, sont très intéressants. J'ai ensuite découvert les radios comme CKRL et CKIA. Je dois même confesser que j'écoute très souvent CJSQ Radio classique. Ça m'apaise. Le matin? Radio-canada en déjeunant, ça me rappelle un peu mes années à la demeure parentale. Et pour le divertissement plus intellectuel, je me rabats sur les podcast audios de Bazzo.TV (terminés depuis la semaine dernière, snif!), Bande à part, The Onion (qui a une version vidéo et une autre audio, pas les mêmes nouvelles) et le petit bijou qu'est This American Life.

Connaissez-vous la chanson Video killed the radio star, originalement interprété par le groupe anglais The Buggles, mais que j'ai connu avec The Presidents of United States of America? Est-ce que la télé a tué la radio? Peut-être. Mais je pense fermement que si les stations de radios jouent bien leurs cartes, les nouvelles technologies que sont internet, les lecteurs Mp3 et la baladodiffusion pourraient bien être le tremplin dont ils ont besoin pour regagner leur place au sein des grands modes de communication.

mercredi 2 avril 2008

La malédiction du H

Actuellement, il y a deux sujets qui me tapent sur les nerfs. Le premier? Le Hockey (mineur) et les frasque ROYales. Le second? L'Hiver qui n'en finit pas de finir. Alors que je me disais: faut que j'écrive quelque chose et je ne veux A-B-S-O-L-U-M-E-N-T pas écrire là-dessus, j'ai fais la constation suivante. Ce sont deux mots qui commencent pas H. Ensuite je me suis mise à réfléchir. Il y a aussi Hécatombe, Hachoir, Hachis (ben quoi, j'aime pas ça moi le Hachis), HAINE!!!!! Je trouvais que ça commençais à être une drôle de concentration. J'ai donc demandé l'aide de mon ami Robert l'avorton. Et là, BADANG!!! Vision d'horreur (Horreur aussi, ça commence par H!). Il y a encore toute une gamme de mots négatifs qui commencent par H.

Hacker (oui oui, c'est dans le dictionnaire), Hagard, Haineux, Haïr, Haïssable (bref Haine et tous ses dérivés), Haleine (qui peut, dans certain cas, être une arme létale), Hallebarde (une arme portée entre autre par les gardes suisses de Henri IV, merci Robert Merle!), Halloween (c'est la fête des monstres tsé, z'avez jamais vu un film d'horreur?), Hallucination, Handicap, Harcèlement, Hargne, Harpie, Harpon, Hart (encore une arme de l'époque moderne), Helminthe (tsé les vers là qui vont dans le monde et dans les chiens), Hémorragie, Hépatite, Herpès, Hideux, Hip Hop viarge!, Hold-Up, Holocauste, Homicide, Homophobe, Honte, Hoquet (c'est fatiguant ça), Hostile, Hurler, Hydre (la bibitte à sept têtes qui repoussent quand on les coupes), Hypocrisie, etc.

Aie, on rit pu! C'est pas un hasard ça là, ça devient une corrélation. Le H serait donc une lettre fondamentalement mauvaise, maléfique, diabolique.

Savez-vous ce qui me fait le plus peur? Quel chef d'état dément et à l'origine d'une des périodes les plus meurtrières de l'histoire récente avait un nom qui commençait par H? oui oui! HITLER. Et quel est le nom de notre premier ministre canadien? HARPER...

Moi en tout cas, ça me fait réfléchir

mardi 1 avril 2008

La vérité sort de la bouche des enfants

En cette journée de grisaille morne, je travaille en me disant que ça ne me tente pas vraiment. Mais bon, c'est pas une raison pour ne pas travailler hein?

Mon iPod, pourtant, interrompt mon labeur par un choix intéressant de chansons (il est sur random voyez-vous). J'ai droit au classique Good Ridance (Time of your life) de Green Day:

Another turning point, a fork stuck in the road / Time grabs you by the wrist, directs you where to go / So make the best of this test, and don't ask why / It's not a question, but a lesson learned in time / It's something unpredictable, but in the end it's right. / I hope you had the time of your life.

So take the photographs, and still frames in your mind / Hang it on a shelf in good health and good time / Tattoos of memories and dead skin on trial / For what it's worth it was worth all the while /It's something unpredictable, but in the end it's right. / I hope you had the time of your life

précédée de la chanson, beaucoup plus récente, Yellow Brick Road de l'album solo de Raine Maida.

I remember the days when we talked for hours / And we were young; we thought we had superpowers / We kissed the sky, expanded our minds, thought we could fly / We were dreamers, and we'd never die / We were young punks but we showed potential / Us against the world, we weren't sentimental / We weren't our problems, our age or our paychecks / And we weren't taking anybody's shit

If I knew now what I knew then, I'd / Back up do it all again, I'd / Take a bow, take it real slow / Take a ride down the yellow brick road

The winters were cold but we had your parents basement /This underground was for sinners and we embraced it / Magic pills, fairy tales, Syd Barrett's ghost / Oh, we'd all get on that spaceship / We measured our lives in coffee spoons / And those Friday nights quickly turned into Sunday afternoons / We weren't our money, our muscles or our regrets / We were having a mere life experience

Deux chansons qui, à leur façon, abordent le thème de la nostalgie et du temps qui passe. Je ne sais pas si c'est parce que j'ai passé la journée de dimanche à regarder des films de famille vieux de 20 ans avec ma mère et ma grand-mère (tordant soit dit en passant), mais ça me parle beauoup aujourd'hui. Un espèce de dernier retour en arrière, dans cette enfance que je m'apprête à quitter définitivement pour l'aborder en observatrice. Un peu à la Peter Pan, je m'étais jurée, vers l'âge de 6 ans, de ne jamais perdre ce que je pourrais aujourd'hui décrire comme la perception enfantine. De ne jamais oublier ce que c'est d'être une enfant, de penser comme une enfant, de voir le monde comme une enfant. Et, malgré ma capacité à retrouver cet état d'esprit, surtout quand je suis avec des enfants, je sens tout de même que j'ai perdu une partie de cette vision. Inévitable maturation de l'esprit, on devient plus conscient du monde qui nous entoure, nos gestes et choix sont basés dans une structure sociale qui nous a modelés. On dit que l'éducation permet d'élargir nos horizons en tant qu'individu. Je me rends compte que, simultanément, elle rétrécit énormément le point de départ, la base à partir de laquelle nous percevons ces larges horizons.

C'est la fin de l'innocence, la perte de la naïveté, c'est le monde, les conventions, la société, le système, qui s'immisce en nous. On apprend à vivre dans le monde dans lequel on évolue mais, de ce fait, on désapprend complètement à seulement vivre. À être totalement ouvert, à ce que notre pensée soit vierge et libre de contraintes inconscientes.

On a besoin des enfants. On devrait les écouter beaucoup plus. Ils sont les seuls à voir le monde tel qu'il est.

vendredi 28 mars 2008

Prison bleue

Je vous raconte ceci environ deux minutes après l'événement. La chroniqueuse mode de notre quotidien a apporté une burqa dans la salle de rédaction. Un ami militaire lui avait ramené d'Afghanistan dans le temps des fêtes, à sa demande. Par curiosité. Paraît que ça se vend comme des t-shirts là-bas. Un petit anneau de fil au sommet du tissu témoigne de la méthode avec laquelle elles sont accrochées.

Les hommes ont ri, ont peu réagi. Toutes les filles de la salle se sont toutefois regroupées autour du vêtement, intriguées. L'une d'entre nous l'a enfilée, puis ensuite une autre, et une autre. J'ai refusé de le faire, je n'en ressentais pas l'envie. Pourtant, toutes celles qui ont porté le vêtement ont dit ressentir un certain stress respiratoire, sortant de sous le tissu le visage rougi, essoufflées. Même en tant qu'observatrice, nous ne pouvions nous empêcher de ressentir un certain malaise. On ne voit pas grand chose sous la burqa. Et on ne voit absolument rien du visage de celle qui la porte. L'une de nous a suggéré que des hommes l'essaient. Intéressant comme idée non?

Bref, extrêmement troublant comme expérience, l'espace d'un instant. Nous avons ensuite parlé de la Tchétchénie qui, après avoir imposé le voile islamique, voulait imposer la burqa.

Je ne peux m'empêcher d'y voir un symbole fort et dangeureux. L'anihilation totale de l'identité, la répression de la femme et de son identité, la honte de la féminité au point où il faut la cacher. Je n'ai jamais été une grande fan du voile, encore moins de la burqa. Mais je me dis qu'au moins le voile ne dissimule pas le visage. Mais cette expérience-ci m'amène à conclure que ces bouts de tissus, qu'ils coûtent 10$ dans un marché de Kaboul ou 3000$ dans une boutique de couturier, restent le symbole de l'oppression de la femme et que toute autre argumentation, aussi sensée soit-elle, n'est que le vestige d'une éducation qui se transmet depuis des millénaires et qui tente encore de se justifier dans une société qui est loin d'être égalitaire entre les sexes mais qui fait des petits pas, une génération à la fois.

** Ajout: Je vous renvoie à un livre dont j'ai déjà parlé La Servante écarlate, de Margaret Atwood, qui raconte l'histoire d'une société occidentale qui a lentement glissé vers le conservatisme extrême jusqu'au point où les femmes ont perdu toute liberté et vivent selon des castes (épouse, reproductrice, domestique) et portent des vêtements qui les recouvrent en entier, anihilant leur identité et dont seule la couleur est symbole de leur fonction.

mardi 18 mars 2008

Parlons en donc!

Je voulais revenir sur le billet d'hier. Ben en fait, pas revenir mais continuer. Jusqu'à maintenant, je n'ai reçu aucun commentaire sur le billet. Bien que ça arrive encore, c'est plutôt rare et je me demande si c'est le fruit du hasard ou du sujet. Parce que, sans avoir l'air d'y toucher, j'aborde un énorme tabou dans le billet d'hier. J'avoue que j'y ai pensé à deux fois avant de l'écrire et de le publier. Je l'ai aussi fait lire à l'Élu, parce qu'il est mon premier critique, le moins loquace mais le plus sévère. Il n'a pas émis d'objection. Son seul commentaire a été :«Tu sais que mon père risque de lire ça?» (parce que mes beaux-parents me lisent). J'avoue que ça aussi ça m'a fait hésiter. Mais bon, j'ai persisté et signé.

Maintenant, parlons en plus. J'aborde, dans mon billet précédent, un tabou doublement tabou. La masturbation, pour commencer, et le plaisir féminin, pour continuer. Ce n'est pas un tabou nouveau. L'Église nous a bien appris depuis des siècles, que l'acte sexuel ne devait avoir lieu que pour la reproduction et qu'aucun plaisir ne devait en être tiré. Depuis, les choses ont changé (un peu) mais, ne soyons pas naïf, ce genre d'endoctrinement demande plusieurs générations avant de s'effacer complètement. Le sexe, le plaisir, l'érotisme, sont maintenant des sujets discutés plus ouvertement. La «relation sexuelle» entre deux individus peut être facilement abordée, de façon générale et «mécanique», sans susciter trop de remous. On constate toutefois que l'équité homme/femme est loin d'être arrivée dans ce domaine, vu la quantité incroyables de revues au contenu porno soft (style Summun et Maxim) ou carrément plus éloquent (Playboy, Juggs, etc.). Je suis certaine qu'ils ont leurs équivalents féminins mais le simple fait que je puisse facilement nommer les revues pour hommes et ne même pas connaître une seule revue pour femme est, selon moi, très révélateur.

Les magazines pour femmes (Clin d'Oeil et autres) parlent aussi de la sexualité féminine mais dans une optique plus romantique, plus sensuelle. J'ai rarement vu, bien que je ne sois pas une habituée de ces publications, un article aborder plus cruement la question des objets sexuels féminins ou de l'orgasme féminin. Et encore, quand c'est le cas, c'est souvent abordé d'un point de vue très mécanique et dans le contexte de la relation sexuelle. En tant que fille, je peux dire qu'il y a très peu de filles dans mon cercle avec qui je pourrais discuter de masturbation sans malaise. Mais les choses changent, lentement. Je me souviens d'une émission du midi, avec Louise-Andrée Saulnier, qui abordait le sujet sans détour et je dois avouer que j'adorais cette émission. J'en ai appris beaucoup de choses et lorsque j'ai été confrontée à certaines situations, j'avais l'information nécessaire pour les gérer. Parce qu'il y a aussi toute une dimension d'éducation à la question, qu'il ne faudrait pas négliger.

Je fais seulement une constatation ici, un genre d'état de la question. Je n'ai pas de réponse ni de questions. Même moi, malgré mon acquisition de dimanche soir, je ne sais même pas encore si je vais m'en servir, j'ai des tabous envers moi-même! Mais bon, selon Sex and the City, c'est un must pour toute femme qui se respecte et c'est une religion pour moi cette émission héhéh :)

J'aimerais vraiment vous entendre (vous lire en fait) sur la question. Je ne veux rien savoir de personnel mais plutôt votre opinion, que vous soyez un homme ou une femme, sur votre perception de la question. Existe-t-il un débat? Est-ce que vous croyez que c'est le genre de chose qui devrait effectivement rester dans l'intimité la plus stricte? Pourquoi est-ce que le standard est différent pour l'homme et la femme selon vous? Je suis toute yeux (parce que toute oreille, ça fitte comme pas).

jeudi 13 mars 2008

Je suis grosse... et ma foi, j'haïs pas ça!

Aujourd'hui, deux nouvelles.

1- Je viens de me rendre compte que j'aime ça un peu être ronde

2- Suite de l'acte 1 des «Fantômes du passé»

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Commençons par la fin, ou plutôt par la suite. Ce midi, je pris la décisions financièrement contestable de dîner au Clocher. J'eus pu me payer un pita extreme pour 7$, mais mon corps me criait silencieusement qu'il voulait de la bonne bouffe. Je me dirigeai donc vers le dit Clocher, sur la rue St-Joseph, quand je croisai ENCORE mon ami Weezer. Je trouvais la chose très très drôle puisque la veille, lors de ma 4e visite sur Facebook, je l'avais trouvé, par inadvertance, et l'avait ajouté à mes amis, afin d'entrer en contact avec lui. J'ai donc pris le taureau par les cornes et ai expliqué à Weezer mon interrogation suite à notre précédente rencontre fortuite, à savoir: cette invitation à nous revoir, resterait-elle lettre morte ou pas? Je lui ai donc fait par de mon désir de l'honorer et nous avons convenu d'échanger par courriel les numéros de téléphones nécessaires à la chose et d'y donner suite rapidement. La vie fait bien les choses et je ne crois pas qu'elle ramène quelqu'un sur notre route pour rien.

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De retour au boulot, après un dîner pas piqué des vers, je fis un détour par la toilette. En me lavant les mains, penchée sur le lavabo, je me surpris à croiser mon propre regard dans la toilette. Et je fut étonnée de constater qu'une sensation agréable m'envahissait alors que j'observais les rondeurs récentes (2 ans environ) de ma poitrine, mes bras, mon ventre, mes joues, etc. Comprenons nous bien cependant. Je n'aime pas les plus récents «bourrelets» disgracieux qui ont élus domiciles sur mon bedon. Mais, à mon grand étonnement, je trouve le reste de mes rondeurs gracieuses, sympathiques, pleines de volupté, sensuelles, apétissante et riante. Peut-être est-ce l'image des grosses matrones aubergistes, des big fat mamas pleines de sagesse, je n'en sais rien. Mon amie que je trouve la plus belle est aussi la plus grosse de mes amies. L'amie de l'Élu que je trouve la plus belle est elle-aussi un peu ronde. Une des comédiennes québécoise que je trouve très jolie est Valérie Blais. Que se passe-t-il? Je crois que le culte de la minceur m'amène à culpabiliser de mes rondeurs pour des raisons de santé, de standards, etc. Je crois qu'on a peur maintenant du mot grosse. Or, pourquoi devrions-nous avoir honte d'être grosse? Attention là je ne parle pas d'obésité ou d'un grand surpoids. Je parle de rondeur, de formes, d'un peu de gras autour de l'os. Parce que la personne très mince n'est pas nécessairement plus en santé. C'est prouvé d'ailleurs qu'une personne grosse et active est en meilleure santé qu'une personne mince et casanière (bon ok je suis grosse ET casanière... mais je mange bien! héhé). En tout cas, je crois que notre perception du poids oblitère complètement la réalité de ce qu'est la santé. Et je crois que la honte devant les rondeurs (autant ceux qui les portent que ceux qui les voient) est absolument scandaleuse!

Ainsi, je le dis et je le répète ici, aujourd'hui: je suis grosse et j'aime ça. Ne prenez pas de gants blancs pour me décrire, ne me parlez pas de «bien en chair», «gros os», «charpentée». Il y a un mot pour ça: grosse! La coche d'après, c'est obèse. Et malgré ce que ma mère pense, je suis loin d'y être :)

Grosses de ce monde, soyez fières et affichez vos rondeurs et joufflitudes! Je vous aime!

Anecdote: mon frère, étudiant en médecine, pendant les fêtes, s'exerçait à prendre la tension artérielle. Lorsque ce fut mon tour, j'eus droit à ceci: «Ah, c'est la première fois que je vais m'essayer sur un bras dodu!» Mignon n'est-ce pas? :)

vendredi 7 mars 2008

Nuit blanche, jour noir

- Hier, c'était la fête à Naslun. Il avait un an.

- Ah ouin? Vous avez fait quoi?

- Ben rien tsé!!! Stun chien, come on!

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On a mangé de la fondue par contre. L'Élu est allé à l'épicerie avec la mission d'acheter une poitrine de poulet, sachant très bien que ce qu'il allait acheter dans sa tête, c'est un morceau de viande de bois. Il est revenu avec une poitrine de dinde marinée style Général Tao. C'est plein d'épices ça hein? Pis on a décidé, maintenant qu'il n'est officiellement plus un chiot, de laisser dormir le chien au pied du lit. Combinaison explosive. En plus de me réveiller toutes le heures avec des démangeaisons partout, chaque fois que je changeais de position, mes pieds rencontraient un obstacle.

Résultat: à 6h du matin, j'étais bien réveillée et un peu hypoglycémique. J'ai donc pris le parti de me lever, me doucher, vider le chien (le sortir) et aller chercher des croissants aux amandes. C'est TRÈS rares qu'on déjeune ensemble la semaine l'Élu et moi mais ça a fait changement. Je vais ptête y prendre goût à me lever à l'heure des poules...

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Je suis maintenant officiellement couverte par un régime d'avantages sociaux, gracieuseté de mon employeur et mes cinq annnées de loyaux services (impliquant que je travaille tous les Noëls et tous les étés). Rappelez la GRC, je ne suis plus dans l'illégalité (je m'étais pas inscrite à la RAMQ quand l'assurance de mes parents a arrêté de me couvrir cet automne....). Je peux maintenant me bourrer de pilules, me faire massotripper, psychanalyser, chiropracter, physioter, ergoter, etc etc. pour la modique sommes de 50$ par mois. Yihouuu! Plus le temps passe et plus je me rends compte que l'adultèrité est en faite la même chose que l'adolescence, c'est juste qu'il y a plus de formulaires à remplir... Un RÉER??? C'est quoi ça?

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Sur une note plus sérieuse, j'imagine que vous avez lu dans vos quotidiens respectifs les récentes avancées du Bill C-484 ? Le Devoir de ce matin nous présente les cris de joie du mouvement pro-vie. J'ai déjà exprimé ma position sur l'avortement ici, je ne la répéterai pas. Je dirai donc seulement que je trouve ce projet de loi un peu hypocrite. Le même article nous dit qu'il y a CINQ cas recensés de meurtres de femmes enceintes AU CANADA. Loin de moi l'idée de diminuer la gravité de tels actes.... mais quand on pense au nombre d'enfants NÉS qui vivent de l'abus quotidiennement et à la quantité de citoyens qui réclame à grands cris (dans les journaux et tribunes télévisés) qu'on augmentent les peines pour leurs abuseurs et bourreaux, je me dis qu'il y a soit un petit problème de priorités quelque part, soit que le député à l'origine du projet de loi C-484 est vraiment naïf de s'imaginer qu'on ne le voit pas venir malgré ses dénégations. C'est exactement le genre de démarches qui ont été utilisées par la droite américaine pour réouvrir le débat sur l'avortement (qui est très loin d'être un droit acquis, surtout aux États-Unis). Je vous laisse lire l'article du devoir, il est beaucoup plus éloquent que je ne pourrais l'être. Je terminerai par ceci: je constate que le mouvement Pro-Vie entretient des liens extrêmement étroits avec l'Église. Ça me travaille énormément qu'aujourd'hui encore l'État ne soit pas complètement affranchi de l'influence d'institutions aussi rétrogrades et passéistes qui se targuent depuis (presque) la nuit des temps d'avoir la vérité absolue sur la vie et qui, pourtant, ont été la source de tellement de morts et de souffrances au nom d'un Dieu qui se veut amour...


jeudi 28 février 2008

Les fantômes du passé

Il y a des gens qui ont déjà fait partie de nos vies. Certains, nous sommes heureux de les croiser dans la rue et de discuter de tout ce qui a changé dans nos vies depuis la dernière fois. D'autres que nous saluons avec un malaise parce que nous nous sommes tellement éloignés que les choses à dire sont difficiles à trouver. Il y a aussi ceux que nous avons essayé de garder dans nos vies mais envers qui nous avons abdiqué, admettant la distance et laissant les ponts disparaître d'eux-mêmes.

Hier, je vous disais que je n'aimais pas les mercredis. Mais la journée d'hier n'était pas seulement un mercredi. Vous savez, il y a de ces journées où tout arrive en même temps. On pourrait parler de synchronicité. Moi je vois un peu ça comme un genre de trou noir gravitationnel où s'accumule les informations déstabilisantes pour se jeter sur nous toutes à la fois, à l'improviste :)

Mais suffit les métaphores, venons en au cœur du sujet. En fait, cette histoire comporte deux actes qui ne sont pas sans liens.

Premier acte: rencontre fortuite.

Hier donc, vers 15h et quelques, après avoir terminé une petite journée de travail, je rentrais à la maison, à pied, l'Élu ne pouvant raisonnablement quitter son travail aussi tôt pour me faire un taxi. Ça ne me dérangeait pas, j'aime bien, quand il ne fait pas trop froid, marcher jusque chez moi, fabulant dans ma tête et me parlant à moi-même. Hier, cependant, au tournant d'une rue, j'ai vu un grand gaillard marcher nonchalamment sur le trottoir. Mon cerveau l'a reconnu avant moi puisque j'ai eu l'impression de le connaître. Après quelques secondes, nous nous sommes mutuellement reconnus. C'était mon ami Weezer. Je crois que notre dernière rencontre remontait à près de deux ans. De la même façon, sur la rue. Weezer est, en quelque sorte, un vestige de mon adolescence. Quand j'avais 16 ans, j'ai traversé le fleuve pour m'immiscer dans une «gang» de punkrocker, majoritairement masculine. Ce fut l'époque de l'alcool, de la drogue, du rock'n roll, un peu du sexe et, pour moi, la découverte avide d'une amitié qui m'avait si cruellement manqué tout au long de mon adolescence. Nous avons donc discuté de tous ces garçons qui étaient mes amis. Certains le sont encore, d'autres demeurent un bon souvenir que je préfère laisser dans le passé, certains nous ont quittés, à l'époque ou plus récemment.

Weezer m'a parlé de lui et de sa vie. Je l'écoutais et je l'observais, ne pouvant m'empêcher de constater la maturité de ses traits. Son visage était le même que celui de l'adolescent qu'il était à l'époque, mais personne ne songerait aujourd'hui à utiliser un terme autre qu'«homme» pour le décrire. La barbe rasée le matin qui commençait à réclamer son territoire, de minuscules et fines lignes encore beaucoup trop jeunes pour être appelées rides, la carrure de sa mâchoire qui avait perdu les dernières rondeurs de l'enfance, qui s'accrochent subtilement jusqu'à la vingtaine. J'avais devant moi un homme de 25 ans que je ne connais plus très bien mais dont je garde le souvenir de quelqu'un aux idées ancrées, au tempérament artistique et d'une douceur profonde malgré les angles parfois carrés de l'extérieur. J'étais contente de le voir, contente de l'entendre me parler de lui, contente de lui parler de moi et voir un réel intérêt de sa part. Nous nous sommes quittés après une quinzaine de minutes. Je ne manquai pas de l'inviter à se revoir, ne sachant pas très bien si cette invitation était de celles que l'on fait sachant qu'elle demeurera lettre morte, ou s'il s'agissait au contraire d'un nouveau départ à une amitié adulte et différente de l'ancienne. Seul l'avenir nous le dire.

Deuxième acte: rappel amical

En continuant ma route, j'ai eu envie d'appeler ma meilleure amie d'enfance. En effet, c'est avec elle que j'avais fait la découverte de notre ancienne gang, c'est ensemble que nous traversions le fleuve pour errer dans les rues du village voisin. J'ai donc empoigné mon cellulaire et ai laissé un message sur sa boîte vocale montréalaise, à moitié à bout de souffle de marcher et parler en même temps. Elle et moi remontons assez loin, jusqu'aux bancs d'autobus de la «bus à Daniel», comme on l'appelait. Nos frères, deux petits génies, sont aussi des meilleurs amis. Nous avons passé plusieurs après-midi à quatre à courir dans le champ ou à jouer au Lego. Ils sont quatre enfants chez elles, j'imagine que ses parents appréciaient l'opportunité de diminuer de moitié leur charge familiale, le temps d'un après-midi. Depuis la fin de l'adolescence, nous nous voyons relativement rarement. C'est à cela, en fait, que l'on reconnaît une véritable amitié. Même si nous sommes 6 mois sans se parler, on reprend la conversation comme si on s'était parlé la veille. La plupart du temps, lorsque l'une de nous appelle, l'autre pensait justement à le faire, un peu comme si on se prévenait mentalement que c'était le temps de se recontacter. Elle à Montréal, moi à Québec, la distance joue un rôle majeur. J'ai terminé les cours, elle a commencé une formation technique exigeante après son baccalauréat, nos horaires ne concordent pas facilement. Les fêtes et l'été en plus de mes déplacements vers la métropole sont les seuls occasions de se revoir.

Donc, après toutes les mise à jour dont je venais d'être informée sur nos amis, j'avais envie de discuter de tout cela avec elle. Elle m'a rappelé vers 16h (timing parfait puisque l'Élu et moi allions bon train vers une chicane stupide qui s'est dissoute d'elle-même dans l'intervalle). Nous avons passé près d'une heure à discuter, de nos vies, du travail, de situations particulières dans nos vies dont nous avions besoin de parler. Toutefois, vers la fin de la conversation, les choses ont pris une tournure inattendue. Nous discutions d'une situation délicate avec une amie et j'étais lancée sur un exposé vantant les mérites de la franchise et de la confiance comme éléments fondamentaux d'une amitié solide. C'est alors qu'elle m'a interrompue pour me dire que, dans ce cas, elle avait quelque chose à m'annoncer. Depuis quelques temps, elle fréquentait mon ancien amoureux.

Sur le moment, je dois avouer que j'ai été seulement surprise, ayant d'ailleurs déjà prévenu l'homme en question qu'il n'était pas son genre. Mon orgueil a aussi un peu souffert, ce dernier devant jubiler à l'idée de m'avoir donné tort :) Mais, dans l'ensemble, je ne me sentais pas troublée outre-mesure. Elle a semblé soulagée, nous en avons parlé un peu, après tout, je connais l'homme par coeur et je sais bien comment ça doit se passer. Nous avons ensuite raccroché, c'était l'heure du repas.

J'avoue qu'après que le (petit) choc de la surprise fut passé, j'ai beaucoup repensé à la chose. Quelque chose me dérangeait et je n'arrivais pas à mettre le doigt sur ce que c'était. Après tout, lui et moi ne sommes plus ensembles depuis près de 5 ans et je vis avec un merveilleux Élu. D'ailleurs, j'avais récemment pris la décision de ne plus m'acharner à essayer de conserver un lien entre lui et moi, nos conversations tournant souvent au vinaigre. J'avais depuis longtemps l'impression que nous n'avions plus rien en commun et avions évolué selon des tangentes très différentes. Par principe, toutefois, je voulais conserver des liens courtois. Je ne voulais pas être de celle qui ne peux pas rester civilisée avec ses ex et, comme le seul autre est un monstre violent, manipulateur et abusif, il était mon seul espoir. Mais, après avoir discuté de mes frustrations avec l'Élu suite à ma dernière confrontation avec mon ex, mon amoureux m'a incité à couper définitivement les ponts, me faisant comprendre que j'en avais le droit.

J'ai donc compris, vers la fin de la soirée d'hier, ce qui me dérangeait dans le fait que ma meilleure amie et mon ex se fréquentent. Ce sentiment m'était familier, version soft de l'angoisse (qui s'est révélée justifiée) qui m'a envahi quand ma cousine a commencé à fréquenter mon meilleur ami, relation qui a tourné au désastre, en partie à cause de moi. Ce genre de «mélange» est dangeureux, pour moi du moins. J'anticipe peut-être trop, peut-être que leurs fréquentations ne se transformeront pas en relation. Mais, si c'est le cas, comment est-ce que je réintègre dans ma vie quelqu'un que j'en avais exclus, mais qui l'a déjà partagé pendant près de trois ans?


Conclusion:

C'est ici que m'amène cette réflexion en deux temps. L'amitié et l'amour. Québec, Montréal. Le monde est immense et il est minuscule. Et quand on croit en avoir fini avec quelqu'un, il nous attends dans le détour, de la façon la plus imprévisible.

Je croyais pouvoir laisser dormir mes démons, mais je me rends compte qu'un jour ou l'autre, je devrai confronter tout ce qui n'est pas réglé dans ma vie. Mais, pour la première fois, ça ne me fait plus peur. Parce que j'ai l'Élu qui m'accompagne sur la route, parce qu'ensemble, nous construisons une vie, brique par brique, tous les jours. Parce que je ne suis pas seule. Parce que j'ai changé, évolué, grandi.

Hier, j'ai dit à mon ami Weezer, à propos du parcours inattendu d'un de nos amis: «Les adolescents que nous étions ne l'ont jamais vu venir celle-là». Il m'a répondu que nous avions grandi, que nous avions changé et, surtout, que nous n'étions plus ces adolescents. Et je me suis rendue compte que, pour la première fois, j'y croyais. Je ne sais pas quand cela s'est produit mais, à un moment donné, dans les dernières années, j'ai laissé partir les derniers relents de l'adolescente torturée et malade que j'étais. Et cette idée me donne envie de sourire :)

lundi 25 février 2008

Se reproduire??? Quelle idée!!!

Après deux ou trois mois de fréquentations, l'Élu et moi avons décidé de mettre de côté les enveloppes en latex et de trouver un moyen de contraception moins contraignant. Sachant que la pilule me rends dépressive, je me suis souvenue d'une conversation avec une amie d'une amie, qui m'avait vanté les vertus du Miréna. Un stérilet hormonal qui fait relativement la même job que la pilule mais qui, vu son emplacement «géographique» nécessite une quantité infime d'hormones et, de ce fait, n'a pas les effets secondaires désagréables. J'ai donc, recommandation de mon doc en main, consulté dans une clinique gynécologique de Québec pour la pose dudit dispositif.

Lorsque j'ai fait ma fausse couche, j'ai appelé à la Clinique en question pour rencontrer un gynécologue. Ceux-ci étant en Europe, je ne pouvais pas avoir de rendez-vous avant un mois. J'ai toutefois passé un bon 15 minutes à m'obstiner au téléphone avec une infirmière qui me disait que je ne faisais PAS de fausse couche, que c'était IMPOSSIBLE, que ce stérilet a un pourcentage d'efficacité plus élevé qu'une ligature des trompes, etc. etc. Bref, après des échanges peu cordiaux avec la secrétaire et l'infirmière, je me suis tournée vers ma doc de famille.

Aujourd'hui, j'appelle encore (indomptable!) à la clinique en question:

- Centre de santé ********** bonjour

- Oui bonjour, je voudrais savoir quand il serait possible d'obtenir un rendez-vous avec le Dr ****** pour un éventuel retrait de mon stérilet.

- ?????????

- Allo?

- Heu, êtes-vous une patiente ici?

- Ben, heu, oui, c'est le Dr ******** qui l'a posé le stérilet, ça fait un peu plus qu'un an.

- Ben c'est quoi qui se passe? Vous avez des douleurs?

- Non

- Est-ce qu'il y a un problème avec le stérilet?

- Non

- Ben pourquoi vous voulez faire enlever le stérilet d'abord???

- Heu.... parce qu'on pense avoir un BÉBÉ peut-être

- (silence au bout du fil)

- Allo?

- Heu, attendez...

- (j'attends)

- Mademoiselle? Il n'y a pas de rendez-vous avant juin. Vous devriez aller discuter de la chose avec votre médecin de famille avant de faire enlever votre stérilet.

- Ben c'est parce que je l'ai vu mon médecin il y a 1 mois pis c'est elle qui m'a dit que c'était une procédure très simple.

- Dans ce cas, trouvez-vous un sans rendez-vous.

- Heu.... Ok, Bye.


????????????? Il vient de se passer quoi là??????

Je constate donc que les secrétaires médicales sont COMPLÈTEMENT opposées à l'idée que leur semblables envisagent la possibilité de concevoir.

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By the way, en passant de même, ne vous énarvez pas trop le ponpon pour rien, mon appel était à titre purement informatif, mettons que dans un future proche, si jamais on décide que c'est ce printemps, etc. etc. Inquiétez-vous pas, m'a vous tenir au courant le jour que y'aura un petit marsouineau en route.

lundi 11 février 2008

Après la vie, après la mort: la vie

Ayant fini de dégriser, en ce lundi matin (terminé pour moi le partage sous influence), et vivant une matinée particulièrement désagréable au travail, j'ai décidé de mettre un peu de gaieté dans ma journée en venant farfouiner dans ce coin-ci de l'océan.

Mettant enfin à profit mon demi litre de crème sûre et un après-midi peinard, j'ai finalement mis fin à la proscratination, hier, et fait une recette double de galette à la mélasse, aromatisées à la cardamone, au clou de girofle, à la canelle et au gingembre, broyés au mortier. Ce faisant, j'ai syntonisé Canal Vie et suis tombé sur un film (documentaire) que je voulais voir depuis très longtemps : Le voyage d'une vie, de Maryse Chartrand. Pour ceux qui l'ignore, je vous en dresse les grandes lignes: un couple et leurs trois enfants prennent une année off pour faire le tour du monde. Ce film qui devait, au départ, raconter leur voyage, a pris une tangente bien différente lors que le mari de la réalisatrice, Samuel, se suicide, un an après le voyage.

Pendant 1h31, le documentaire nous montre les images du voyage, une famille qui part à la découverte du monde, entrecoupées d'entrevues avec des intervenants et des professionnels, narré par les notes de voyage de Samuel et la réponse de Maryse, après le drame. Un amalgame bouleversant et saisissant. Un voyage qui devient un testament, un leg qui se veut éducateur et réflexif. Des statistiques bouleversantes nous submerge: le suicide est la cause de mortalité principale, au Québec, chez les hommes de 21 à 45 ans. Un constat grave et effrayant: la dépression tue.

Personnellement, je me suis sentie extrêmement touchée par ce récit. Parce qu'il aurait pu être le mien. Parce qu'une fois que la dépression et les idées suicidaires nous ont envahies, elles restent pour toujours et se nourrissent de nos moments de faiblesse. Ma chance à moi, c'est d'être une fille, d'avoir été encouragée à verbaliser mes émotions et mes pensées. Autre statistique troublante: chez les bébés naissants, les garçons manifestent leurs émotions 10 fois plus que les filles. À l'âge de 10 ans, ils les manifestent 50% moins que les filles, et il s'agit principalement de la colère.

Le mal-être de l'homme. J'ai déjà fait un travail là-dessus. J'avais présenté une analyse de la transition de l'identification masculine, au début du siècle, de l'homme fort vers l'homme soldat. Comment les homme,s qui perdaient de plus en plus leur place dans une société en plein essor industriel qui valorisait et récompensait le savoir et le type col blanc, plutôt que l'homme puissant et fort qui fait vivre sa famille par sa force de travail, s'étaient tournés vers la guerre et l'armée pour trouver leur place. Si la polémique était présente au début du 20e siècle, imaginez aujourd'hui.

Je vous recommande ce film pour plusieurs raisons. Premièrement, pour comprendre le cheminement du désespoir d'un individu, avant tout, d'un homme, ensuite. Deuxièmement, pour tenter de repousser les tabous de honte, de culpabilité et d'impuissance, généralisés, face au suicide. Troisièmement, pour admirer la force et la beauté de ceux qui reste, d'une épouse qui a le courage de sortir sur la place publique, de faire de la tragédie de sa famille un outil d'éducation et d'éveil, d'enfants qui survivent et qui aiment, d'une famille qui ne se résume pas au suicide de leur père. Parce que le Voyage d'une vie, c'est d'abord et avant tout, une histoire d'amour.

mardi 5 février 2008

Jour de neige

Je découvre avec stupeur que ma notoriété vient de faire un bon de géant, la déesse du blog, Chroniques Blondes, m'ayant gratifiée de compliments, ma foi, qui me font rougir. Elle est le Yoda du blog et je ne suis que le padawan (Star Wars quand tu nous tiens...). Tant de gens qui connaissent maintenant mon existence, je vais devoir cesser de dire des inepties.

Bah! Qui est-ce que j'essaie de leurrer hein? Les inepties, c'est ma spécialité. J'avoue avoir négligé ce blog ces derniers jours. C'est la faute à Guitar Hero III - Legends of the Rock et mon PlayStation 2. Vous connaissez ma geekitude. Hé bien elle vient d'atteindre de nouveaux
sommets!

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Z'avez écouté le Super Bowl? Moi oui! Je ne suis pas la saison de football américain mais j'écoute toujours le Super Bowl. Et j'aime encourager l'équipe «underdog». En plus, je n'apprécie pas particulièrement les Pats. Je crois que je suis passée près de la crise cardiaque pendant le 4e quart. Mais les Giants ont gagné le match, et moi une semaine de congé de vaisselle. Parlant de gagnant et de perdant, vous avez peut-être constaté, à 1 ou 2 minutes de la fin de la partie, que la caméra montrait des casquettes avec la mention des Giants, gagnants du Super Bowl. Comment font-ils pour les obtenir si rapidement? Au risque de détruire vos illusions, je vous annonce sans ménagements la triste vérité: ils préparent les deux versions de casquettes!! Oui oui! D'ailleurs, aux dernières élections, mon journal employeur avait préparé pas moins de 6 version de la Une (Libéraux majoritaires, Libéraux minoritaires, PQ majoritaire, PQ minoritaire, ADQ majoritaire, ADQ minoritaire). Mais vous êtes vous jamais demandé ce qui arrivait aux casquettes et chandails erronés? Et bien, repoussant toutes les conventions, l'incomparable Jean Dion, du Devoir, nous révèle la réponse à ce grand mystère de la vie dans sa chronique «Et puis euh» du 31 janvier. Âmes sensibles s'abstenir.

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Autre sujet à l'ordre du jour: les Podcasts. Propriétaire d'un iPod mini, et depuis cet automne d'un iPod Classic, depuis 2005, je n'avais toutefois pas encore apprivoisé ce médium. Et bien c'est chose faite depuis un peu plus d'une semaine. J'ai maintenant la joie d'écouter Bazzo.tv (audio) en promenant mon chien, de me repaître de The Hour with George Stroumbolopoulos (non mais c'est quoi ces noms de famille grecs!!!), en audio ou vidéo, pendant que je travaille (parlant de The Hour, c'est M-A-G-I-S-T-R-A-L comme show, dépêchez-vous d'aller voir!) ou encore, de m'esclaffer devant les vidéos de The Onion en faisant à dîner. Vraiment magnifique cette petite chose! Énormément de podcasts gratuits qui permettent de garder le contact avec l'actualité sans être «ploggué» par intraveineuse à RDI ou LCN. D'ailleurs, mon exploration a débuté par une référence de Patrick Lagacé à l'émission de radio This American Life, de Chicago.

Ce qui m'amène à moin sujet final. L'épisode «The Matchmakers» raconte trois histoires de jumelages très différentes. Je vous invite à écouter la troisième histoire. À ce moment de notre histoire où les États-Unis vont peut-être élire un noir à la tête du parti Démocrate et, subséquemment, peut-être élire un noir comme président, un tel exemple du racisme latent présent dans la société et même, dans ce cas-ci, dans les sphères sociales qui mettent au monde les futurs leaders économiques et politiques de la première puissance mondiale, j'ai le poil qui se dresse...

mardi 29 janvier 2008

Ma graine

Je me suis toujours demandée ce qu'était la différence entre un grain et une graine. J'affirme donc ma féminité en ce jour et au lieu de mettre mon grain de sel, j'y vais fièrement de ma graine. Melting-pot de réflexions:

1- J'ai vu le Père Noël ce matin. Il est en vacances avec son chien dans le quartier Saint-Roch. Il a pris un peu de poids (tous ces biscuits à croquer) et a raccourcis sa barbe (entretien annuel). Il est vêtu d'une chemise carreautée rouge et d'un long manteau de fourrure sans manches. Il a l'air épuisé.

2- J'ai fait une découverte très importante. Avez-vous remarqué que, depuis deux ans, il y a de plus en plus d'algues bleues dans l'eau au Québec? Et avez-vous remarqué que, depuis ce temps, TOUT LE MONDE tombe enceinte? Paraît même qu'un homme est tombé enceinte dans le sud de l'Ontario. Hasard? J'en doute fort. La corrélation est évidente. Faudrait mettre une commission là-dessus...

3- Sur une note plus sérieuse, le vingtième anniversaire de la victoire de Morgentaler pour la légalisation de l'avortement a suscité plusieurs publications de statistiques sur l'avortement au Québec. Entraînant, de ce fait, plusieurs textes et opinions un peu partout. J'ai lu, entre autres, le billet de Patrick Lagacé sur le sujet et, surtout, les commentaires. Je voulais me joindre au bal mais, après quelques instants de recul, je me suis sentie envahie d'une grande tristesse et je n'ai pas trouvé quoi dire qui pourrait, en peu de mot, résumer un sujet aussi complexe. Par contre, je me suis demandée de quel sexe et quel âge avaient chaque intervenant. Car, pour avoir été assez récemment une jeune adolescente, la question n'était pas aussi manichéenne que les opinions exprimées. Je laisse de côté les stupidités du genre «au moins donnez-les en adoptions, ça coûte 10 000$ adopter une petite chinoise», comme si avoir un enfant était vide de conséquence pour une femme. Mais ce qui me chagrine le plus, c'est la dureté des jugements, la généralisation et, surtout, l'ignorance de ce que c'est, être une jeune fille adolescente. Une jeune adolescente, en TRÈS grande majorité, c'est insécure, ça n'a pas une très bonne estime de soi et ça se cherche en maudit. Ça vit très mal le rejet et le rejet, elles le risquent si elles disent non. D'ailleurs, entre autre avec le sujet du condom invisible, on a de plus en plus la preuve que les hommes ne se sentent pas concernés par la contraception (1 homme sur 2 refuse de porter le condom lors de relations à risque). Alors demander à une fille qui n'a pas le droit d'acheter de l'alcool ou de voter, de faire des choix éclairés (et sans qu'elle ait nécessairement l'éducation sexuelle et l'information nécessaire, en plus de la maturité, pour faire ces choix) qui vont influencer le reste de son existence d'une façon encore plus directe, je crois que c'est un peu se foutre la tête dans le sable. Et même plus tard, certaines femmes sont prêtes à être mère très tard ou même jamais. On peut avoir 28 ou 35 ans et se sentir incapable d'élever un enfant.

J'ai la chance de ne jamais être passée par là, mais plusieurs de mes amies ont eu à se faire avorter à 14, 16 ou 18 ans. Et ce n'est jamais facile, ce n'est jamais sans conséquences, ce n'est jamais vide de sens. Je crois cependant que chaque enfant, dans la mesure du possible devrait être désiré. J'ai connu une fille que sa mère n'aimait pas. Aussi inconcevable que cette notion pouvait être à mes yeux, j'ai pu le constater, sa mère ne l'aimait pas. Tombée enceinte à 17 ans, en région, forcée par ses parents à marier le père de son enfant, prisonnière pendant 20 ans d'un mariage malheureux, rejetant tout son amour vers un fils qu'elle a eut plusieurs années plus tard (avec un autre homme?) et, surtout, dévidant toute sa colère et sa peine sur sa fille, source indirecte de ses malheurs et responsable, à ses yeux. Oh elle ne la battait pas, elle ne criait pas après sa fille. Elle l'ignorait. La nourrissait sans lui parler, lui donnait de l'argent sans la regarder, complètement indifférente et apathique. Mon amie était dépressive, suicidaire, consommatrice de drogue. J'ai dû mettre fin à nos liens après mes vaines tentatives pour l'aider, me sentant aspirée dans sa mélancolie et sa détresse.

Donc, je crois que le choix ultime revient, de juste droit, à la femme. L'homme a le droit de donner son opinion. Mais l'homme a toujours le choix de partir. Ce n'est pas rare, après un an ou deux ans, que l'homme parte en disant: c'est trop pour moi, je n'en peux plus. Combien prennent leurs responsabilités TOUTE LEUR VIE? Très peu. La femme est, ultimement, la seule qui a la charge de 100% des conséquences et des responsabilités. Le choix devrait donc lui appartenir à 100%. Je crois sincèrement que toute femme qui avorte a une part d'elle-même qui va le regretter toute sa vie. Au même titre que, depuis ma fausse couche, même si je ne savais pas être enceinte, même si ce n'était pas planifiée, une partie de moi suit virtuellement l'évolution de cette grossesse interrompue. Mais mettre un enfant au monde est un geste très lourd de conséquence, pour la mère et pour l'enfant. Et pour le père. Et je crois que chaque cas est particulier, chaque femme a ses raisons pour avorter. Et ramener ce geste à des statistiques, à un chiffre qui, pour certain, peut sembler alarmant, c'est mettre de côté l'aspect humain, personnel et individuel de chacune de ces femmes qui choisissent de mettre fin à leur grossesse.

4- Dans la même veine, j'en ai marre d'entendre dire qu'il faut faire des bébés. J'en ferais douze moi des tabarnouches de bébés. Trouvez un moyen pour qu'on puisse payer le loyer, la bouffe, les couches, les vêtements, l'électricité avec UN SEUL salaire de 35 000$ et je vais vous en faire moi des bébés. Ça coûte pas rien faire des enfants cibole! Pis moi je mettrai pas une douzaine de ptis à la garderie!

5- Yen a marre aussi des gens qui critiquent 3600 secondes d'extase. Dieu ou quelqu'un d'autre nous a accordé la grâce de ravoir Marc Labrèche et les autres à la sauce Fin du monde. Arrêter de tergiverser sur les attentes du mot «extase» pis profitez en!!!!

Sur ce, je vais vous donner un break. Vous savez maintenant ce qui me fait monter le lait en yogourt depuis une semaine. Pour le prochain billet, je résous les mystères de la vie. Posez moi vos questions, j'ai TOUTES les réponses :)

p.s.:
Ma question à moi: Combien de fois on peut tomber amoureuse du même homme?
Ma réponse: un nombre infini, du moins je l'espère :)

vendredi 4 janvier 2008

Bonne année grand nez, grosses fesses, etc.

Piiiiiiis vos Fêtes???? Les miennes? Je dirais que je suis très contente.... qu'elles soient finies! Non mais quelle période épuisante! Plein de monde à voir, plein de route à gober, plein de gens à remplacer... parce que soyons réalistes, mon fonctionnaire d'Élu, LUI, a été en congé pendant deux semaines. MOI, je remplace le monde en congé, les Fêtes sont un des moments forts de mon année professionnelle. Wouf!

Sinon, ma carte de crédit a fait une plainte pour mauvais traitement, mon dos me fait souffrir le martyr et menace de prendre ses cliques et ses claques et d'aller se faire voir ailleurs et j'ai découvert que CERTAINS enfants sont vraiment détestables (la plupart du temps, leurs parents ont beaucoup à voir là-dedans). En effet, j'ai assisté cette année, à une scène orgiaque, indécente et à la limite, obscène, de déballage de cadeaux. Quand on dit que des enfants déballent une trentaine de cadeaux chacun, exprimant soit une totale indifférence ou encore une surexcitation malsaine. C'était triste à voir. L'Élu et moi avons passé notre temps à nous regarder avec un air qui disait : «Jamais, au grand jamais! nous n'irons dans de telles extrêmes de pourrissage avec les futurs marsouinots et marsouinettes»

2008 donc hein? J'ai pris des résolutions, des vraies, pour la première fois de ma vie. J'ai décidé de me discipliner côté budget et de me remettre en forme. Pour ce faire, je me suis fait un budget et je me suis inscrit à du Seitaiho, la seule chose qui avait réussi à me faire du bien, il y a deux ans. Espérons seulement que je tiendrai le coup. J'ai aussi des souhaits pour 2008, mais ça, je ne les dis pas sinon ils ne se réaliseront pas.

En plus des résolutions, c'est le bon moment pour faire un petit bilan de la dernière année. Et qu'ai-je à en dire de cette année 2007? Plusieurs choses en fait. J'ai terminé, enfin, mon baccalauréat. Un mignon petit chien a fait son apparition chez nous, ainsi que plusieurs nouveaux électroménagers héhé. J'ai commencé puis arrêté un bacc en enseignement. Un peu plus tôt, cet automne-là, un petit marsouinot a fait son chemin, incognito, dans mon ventre, et est reparti, sans prévenir. Un peu plus et sa visite serait passée inaperçue.

Cette année en a été une de surprises, de rebondissements, de prises de conscience, de changements. Cette année, j'ai vieilli, j'ai mûri, j'ai appris. Cette année a été la première que l'Élu avons passé ensemble du début à la fin. Et heureusement qu'il était là cet Élu, on ne l'a certainement pas Élu pour rien et il s'est montré à la hauteur, pour un Élu.

J'ai l'impression d'avoir passé la dernière année à me préparer, à terminer les derniers préparatifs de ma vie. Et pour la première fois, j'ai l'impression qu'en 2008, je vais seulement vivre et en profiter, de cette mausus de vie!

Merci de me lire et de m'écrire! Vous aussi, vous êtes entrés dans ma vie cette année et j'espère que je me montrerai, moi, à la hauteur tout au long de celle qui commence!