Le mois d'août tire à sa fin et avec lui l'été et son tourbillon d'activités. Et surtout la maudite chaleur. J'ai souffert de la chaleur cet été. Les nuits sans sommeil pour moi, pour l'Élu et pour mon fils (même le chien!). J'ai hâte aux belles journées fraîches de septembre, quand il fait 25 le midi au soleil plombant au point où on a encore l'impression que l'été va durer éternellement mais les soirées sont fraîches et les nuits merveilleusement frisquettes! On met nos vestes de coton ouaté et on marche dans les champs dorés et cassant alors que les feuilles commencent à tomber.
L'automne a longtemps été pour moi un symbole de vacances. Je travaillais à temps plein tout l'été et je rêvais au retour à l'école et aux journées d'un ou deux cours, sans trop de travail au début de la session avec tout plein de temps pour aller manger un nachos au Pub ou voir une partie de football du Rouge et Or. Mais depuis que j'ai fini l'université, mes deux derniers automnes ont eu une saveur bien différente. Le premier, j'étais enceinte et je terminais un travail que j'adorais. J'envisageais un automne de disette sur le chômage mais de repos bien mérité. Le second signifiait la fin du tourbillon de l'été en congé de maternité (ET de paternité) et des fonctions familiales et le début d'une petite routine douillette à la maison avec mon bébé.
Cet automne, je travaille. J'ai travaillé presque tout l'été (7 jours de vacances en juillet, c'est tout!) et je vais travailler presque tout l'automne. J'irais même jusqu'à dire que, pour la première fois dans ma vie, l'automne n'est PAS synonyme de transition. En fait, la transition sera là mais pas pour moi: pour l'Élu. Mon fonctionnaire de mari a enfin franchi la distance et réalisé le projet dont nous discutions depuis trois ans: il commence l'université. Il va devenir ingénieur. À temps partiel, bien entendu, dans des conditions inespérées! Nous nous attendions aux sacrifices tant en terme de salaire que de temps. Mais non! Son employeur assume ses frais de scolarité et lui libère des journées pour aller à l'école, trop heureux de s'assurer d'un ingénieur à moyen terme, eux qui sont tellement difficiles à recruter et conserver dans la fonction publique, les salaires étant loin d'être concurrentiels avec le privé.
Il est anxieux mais je crois qu'il est heureux. Parce qu'il le fait avant tout pour lui, pour se lancer un défi, parce qu'il a besoin de repousser ses limites et qu'il ne veut pas avoir de regret. Et, je dois l'avouer, je suis un peu jalouse. Je suis nostalgique de mes années d'études, où l'avenir était encore plein de possibilité, où les idées de grandeur et les idéaux étaient monnaies courante.
Cet automne, c'est mon tour de le soutenir, comme il l'a fait pendant ma dernière et difficile année et demie d'étude. Et je suis bien contente de pouvoir le lui rendre.
Sans pudeur, sans égo, sans retenue. Peut contenir de la geekitude, de la bière, de l'osé, du niaiseux et des aveux.
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lundi 16 août 2010
lundi 5 juillet 2010
Mon secret
Pour quelques minutes, je dois faire de ce blogue un blogue de maman. Pour avouer un secret, me l'avouer à moi-même en réalité.
Toute ma vie, j'ai entendu les histoires d'accouchement de ma mère. Du fait qu'elle n'avais peu ou pas ressenti de douleurs, qu'elle avait elle-même été chercher ses bébés pour finir de les sortir de son ventre. J'ai toujours entendu parler de l'accouchement comme quelque chose de simple, facile à la rigueur. Et j'étais convaincue que les miens seraient comme ça. Toute ma grossesse j'ai côtoyé des femmes viscéralement angoissées par l'accouchement et la douleur. J'étais incroyablement horrifiée d'entendre certaines femmes souhaiter une césarienne ou même insister pour en avoir une. Et je me faisais l'avocate de l'accouchement sans douleur, en clamant que c'était possible et qu'il fallait casser l'image de la femme souffrante et hurlante.
Pourtant, MON accouchement fut très différent de ce que j'espérais. Sans vous en faire le récit détaillé, disons que j'ai eu un accouchement atypique qui n'a suivi aucun modèle. Ce qui a eu pour conséquence que sur les 23h qu'ont durées les contractions et les 12 heures de celles-ci que j'ai passées à l'hôpital (un dimanche dès 3h am), on a menacé de me renvoyer chez moi. Ce qui m'a mis dans un état de stress et de tension incroyable. Et une infirmière me disais que je me plaignais pour rien, que je ne POUVAIS pas avoir mal puisque mes contractions n'étaient pas assez rapprochées et donc que je n'étais pas encore en travail. 2h avant d'accoucher, après plus de 48h sans sommeil et plus de 24h sans nourriture, j'ai finalement eu la péridurale et j'ai pu me reposer et accoucher de mon fils sans prévenir, en quatre poussées. J'ai accouché de mon fils avec des contractions aux cinq minutes, qui n'ont jamais été plus rapprochées de tout le temps que le travail a duré. D'où les commentaires de l'infirmière sur le fait que je n'étais pas entrain d'accoucher et que je devais retourner chez moi et libérer un lit pour une femme qui en avait vraiment besoin. Et dans mon insécurité, sachant ce que je ressentais, j'étais effrayée qu'on me renvoie. Mon fils étant venu au monde avec deux tours de cordons autour du cou (sans conséquences) le résultat aurait pu être dramatique.
Je vous raconte tout ceci parce que, pour toutes ces raisons, je tente de me convaincre rationnellement que ce fut la bonne décision de prendre la péridurale. Parce que je SAIS que au moment où j'ai fait ce choix, j'étais au bout de mes forces mentales et physiques. Mais même si mon cerveau le "sait", mon coeur m'en veut. Je m'en veut. Je vis un sentiment d'échec immense chaque fois que j'entends une femme raconter son accouchement naturel, sans anesthésie. Je me sens faible, inférieure, lâche. Je me dis que ce sera partie remise au prochain accouchement mais une partie de moi a l'impression que si je n'ai pas eu la force la première fois, je ne l'aurai pas la seconde.
J'ai échoué. Et ça ne me hante pas constamment. Mais ça me fait un petit pincement au coeur de déception chaque fois que j'y pense. Je n'ai pas été assez forte. C'est mon secret.
Toute ma vie, j'ai entendu les histoires d'accouchement de ma mère. Du fait qu'elle n'avais peu ou pas ressenti de douleurs, qu'elle avait elle-même été chercher ses bébés pour finir de les sortir de son ventre. J'ai toujours entendu parler de l'accouchement comme quelque chose de simple, facile à la rigueur. Et j'étais convaincue que les miens seraient comme ça. Toute ma grossesse j'ai côtoyé des femmes viscéralement angoissées par l'accouchement et la douleur. J'étais incroyablement horrifiée d'entendre certaines femmes souhaiter une césarienne ou même insister pour en avoir une. Et je me faisais l'avocate de l'accouchement sans douleur, en clamant que c'était possible et qu'il fallait casser l'image de la femme souffrante et hurlante.
Pourtant, MON accouchement fut très différent de ce que j'espérais. Sans vous en faire le récit détaillé, disons que j'ai eu un accouchement atypique qui n'a suivi aucun modèle. Ce qui a eu pour conséquence que sur les 23h qu'ont durées les contractions et les 12 heures de celles-ci que j'ai passées à l'hôpital (un dimanche dès 3h am), on a menacé de me renvoyer chez moi. Ce qui m'a mis dans un état de stress et de tension incroyable. Et une infirmière me disais que je me plaignais pour rien, que je ne POUVAIS pas avoir mal puisque mes contractions n'étaient pas assez rapprochées et donc que je n'étais pas encore en travail. 2h avant d'accoucher, après plus de 48h sans sommeil et plus de 24h sans nourriture, j'ai finalement eu la péridurale et j'ai pu me reposer et accoucher de mon fils sans prévenir, en quatre poussées. J'ai accouché de mon fils avec des contractions aux cinq minutes, qui n'ont jamais été plus rapprochées de tout le temps que le travail a duré. D'où les commentaires de l'infirmière sur le fait que je n'étais pas entrain d'accoucher et que je devais retourner chez moi et libérer un lit pour une femme qui en avait vraiment besoin. Et dans mon insécurité, sachant ce que je ressentais, j'étais effrayée qu'on me renvoie. Mon fils étant venu au monde avec deux tours de cordons autour du cou (sans conséquences) le résultat aurait pu être dramatique.
Je vous raconte tout ceci parce que, pour toutes ces raisons, je tente de me convaincre rationnellement que ce fut la bonne décision de prendre la péridurale. Parce que je SAIS que au moment où j'ai fait ce choix, j'étais au bout de mes forces mentales et physiques. Mais même si mon cerveau le "sait", mon coeur m'en veut. Je m'en veut. Je vis un sentiment d'échec immense chaque fois que j'entends une femme raconter son accouchement naturel, sans anesthésie. Je me sens faible, inférieure, lâche. Je me dis que ce sera partie remise au prochain accouchement mais une partie de moi a l'impression que si je n'ai pas eu la force la première fois, je ne l'aurai pas la seconde.
J'ai échoué. Et ça ne me hante pas constamment. Mais ça me fait un petit pincement au coeur de déception chaque fois que j'y pense. Je n'ai pas été assez forte. C'est mon secret.
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lundi 29 juin 2009
Quand une femme mariée écoute un "chick flick"
Passé minuit, je termine un "film de filles" et je dois faire face à la réalité: je suis une femme mariée. Le bébé dort depuis presque 2h et le stade où je dois me jeter sur les moindres heures de répits qu'il me laisse pour dormir est terminé. Je peux maintenant survivre au boire de 4h du matin sans être un zombie toute la journée qui suit. Et pendant que le chien dort sur le tapis d'éveil (j'ai abdiqué dans ma vaine quête pour éviter que les poils de chiens se retrouvent sur les choses de mon fils), je prends le temps d'absorber ma nouvelle vie.
Parce que le film de filles que je viens d'écouter est comme tous les autres films de filles, mais encore pire. À la toute fin, la fille pas trop laide mais pas trop jolie finit par faire craquer un peu malgré elle le garçon (le Mac des annonces de Mac... merde qu'il est mignon!). Et comme à l'époque où j'avais le temps de me laisser envahir par ces mièvreries à l'eau de rose, des petits papillons d'empathie m'envahissent lors du baiser de la fin (même Ben Affleck a réussi à m'attendrir, ce n'est pas peu dire). Et je me dis que ces fameux premiers baisers sont choses du passé pour moi. Toutefois, je ne crois pas ressentir de l'amertume ou même du regret de laisser cette étape derrière moi. Car avant le premier baiser, il y a tout le "drama". Mais surtout, il y a que l'Élu est l'élu et que bébé est là pour le prouver.
Pendant que mon homme dort dans nos nouveaux draps à 250$ (vive les cadeaux de mariage!) et que mon mini-homme dort la tête enroulée le plus possible dans sa doudou (je n'y peux rien, il le fait tout seul) je me sens contemplative. Car la vie de famille, encore plus que la vie matrimoniale, vient avec un 10-roues d'extras: la fatigue, les détails, les querelles, les corvées, les formalités, les petits stress mais aussi les petits bonheurs, la liberté, la sécurité, les surprises. Et les variations sur le thème de l'amour qu'Hollywood nous offre régulièrement, avec les vieux garçons endurcis qui sont touchés par la jouvencelle et les trentenaires mous qui renforcent les préjugés envers le couple à la "Horloge biologique" sont certes une partie de la réalité. Mais avec le recul, je me dis que je préfère de loin la chaleur de mon mari et les rires de mon fils aux papillons du premier baiser et à l'expectative incertaine de l'amour espéré. Faudrait faire un film là-dessus...
Parce que le film de filles que je viens d'écouter est comme tous les autres films de filles, mais encore pire. À la toute fin, la fille pas trop laide mais pas trop jolie finit par faire craquer un peu malgré elle le garçon (le Mac des annonces de Mac... merde qu'il est mignon!). Et comme à l'époque où j'avais le temps de me laisser envahir par ces mièvreries à l'eau de rose, des petits papillons d'empathie m'envahissent lors du baiser de la fin (même Ben Affleck a réussi à m'attendrir, ce n'est pas peu dire). Et je me dis que ces fameux premiers baisers sont choses du passé pour moi. Toutefois, je ne crois pas ressentir de l'amertume ou même du regret de laisser cette étape derrière moi. Car avant le premier baiser, il y a tout le "drama". Mais surtout, il y a que l'Élu est l'élu et que bébé est là pour le prouver.
Pendant que mon homme dort dans nos nouveaux draps à 250$ (vive les cadeaux de mariage!) et que mon mini-homme dort la tête enroulée le plus possible dans sa doudou (je n'y peux rien, il le fait tout seul) je me sens contemplative. Car la vie de famille, encore plus que la vie matrimoniale, vient avec un 10-roues d'extras: la fatigue, les détails, les querelles, les corvées, les formalités, les petits stress mais aussi les petits bonheurs, la liberté, la sécurité, les surprises. Et les variations sur le thème de l'amour qu'Hollywood nous offre régulièrement, avec les vieux garçons endurcis qui sont touchés par la jouvencelle et les trentenaires mous qui renforcent les préjugés envers le couple à la "Horloge biologique" sont certes une partie de la réalité. Mais avec le recul, je me dis que je préfère de loin la chaleur de mon mari et les rires de mon fils aux papillons du premier baiser et à l'expectative incertaine de l'amour espéré. Faudrait faire un film là-dessus...
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lundi 7 avril 2008
Shave Me!! Shave Me!! (sur un air connu*)
Préparez-vous pour un long voyage, je pars de loin. Hier soir, après le souper d'anniversaire de ma belle-soeur, l'Élu et moi sommes revenus à la maison avec une heure à tuer avant de se coucher. Nous avons donc vogué sur Bell ExpressVu, moi dans l'intention de le convaincre d'écouter les nouveaux épisodes de Family Guy, American Dad et des Simpsons, lui dans l'espoir de me convaincre d'écouter AUTRE CHOSE (je suis entrain de rendre l'Élu allergique à mes dessins animés favoris. J'ai en effet trouvé un technique qui me permet d'écouter soit Family Guy, soit les Simpsons, de 16h à 22h, avec des trous seulement de 17h30 à 18h et de 18h30 à 19h.). Nous avons donc opté pour l'émission Découverte, qui parlait de pleins de choses, des coeurs artificiels (ce qui m'a permis de découvrir que l'Élu ne supporte pas de voir des opérations à coeur ouvert à la télé), aux micros-ondes (pas les appareils, les ONDES), en passant par les athlètes olympiques.
Première constatation: Charles Tisseyre en met un peu trop. Non mais c'est vrai, il s'émerveille de tout comme un enfant devant une confiserie. Il pourrait rester silencieux et ses sourcils pourraient à eux-seuls nous faire comprendre son émerveillement.
Deuxième constatation: Découverte nous donne souvent l'impression que la fin du monde est proche...
Vous me suivez toujours jusqu'ici? Parfait!
Donc, après Découverte, l'Élu pouvait aller se coucher sans que je le traite de chiffe molle. Mais, MOI, ne travaillant qu'à 10h ce matin, j'avais prévu le coup. Je savais qu'en exploitant la fonction «fuseaux horaires», je pouvais réécouter tous mes dessins animés à partir de 11h. J'ai donc apprécié American Dad et Family Guy (reconstitution de Star Wars, j'hésite encore à décider si c'était génial ou redondant). Finalement, le clou de la soirée, Les Simpsons. L'épisode s'intitulait «That 90's Show». Devenant soudainement lucide, Lisa constate que si ses parents ont près de 40 ans et que Bart a 10 ans, il ne peut donc être le résultat d'une relation sexuelle non protégée ayant eu lieu quelques semaines après la fin du secondaire. C'est ainsi que Marge et Homer nous raconte la période noire de leur vie : les années 1990!!!
Et c'est ici que vous allez comprendre où je vous amène avec tout ça. En écoutant cet épisode où Homer invente le grunge parce que Marge l'abandonne pour un prof d'université (on voit d'ailleurs un certain Marvin Cobain téléphoner à son cousin pour lui faire entendre «le nouveau son qu'il cherche», à la manière de Back to the future), j'ai eu une révélation: je suis une enfant des années 1990!
Subitement, tout m'est revenu: Nirvana, Bush (originalement Bush X) et la chanson Glycerin (transformée en «Margerine» par Homer), les chemises carreautées, le mal de vivre, Beavis and Butthead, Musique Plus, le clearasil et la crème Noxzema, etc. Je me rends compte que c'était presque cool d'être une ado dépressive et suicidaire dans le temps. Avoir su que j'étais cool, j'aurais été moins dépressive... mais... ok, paradoxe, j'ai mal au cerveau.
Bref, un retour dans le temps assez fulgurant. Ma belle-soeur a dit quelque chose de ben intelligent vendredi dernier. Elle disait que c'est lorsqu'on a des souvenirs qui remontent à 20 ans qu'on se rend finalement compte du temps qui passe. Un peu comme si cette période de recul était nécessaire pour avoir un passé. Mon premier souvenir, j'ai 4 ans, je suis au Parc Safari, je pleure sur une table à pique-nique parce que, dixit ma mère: «La poule a m'a mordue!» (une autruche avait mis mon doigt dans sa bouche). J'ai aujourd'hui 24 ans. Je vous laisse le temps de compter...
* Pour ceux qui ne comprennent rien au titre :
et
Première constatation: Charles Tisseyre en met un peu trop. Non mais c'est vrai, il s'émerveille de tout comme un enfant devant une confiserie. Il pourrait rester silencieux et ses sourcils pourraient à eux-seuls nous faire comprendre son émerveillement.
Deuxième constatation: Découverte nous donne souvent l'impression que la fin du monde est proche...
Vous me suivez toujours jusqu'ici? Parfait!
Donc, après Découverte, l'Élu pouvait aller se coucher sans que je le traite de chiffe molle. Mais, MOI, ne travaillant qu'à 10h ce matin, j'avais prévu le coup. Je savais qu'en exploitant la fonction «fuseaux horaires», je pouvais réécouter tous mes dessins animés à partir de 11h. J'ai donc apprécié American Dad et Family Guy (reconstitution de Star Wars, j'hésite encore à décider si c'était génial ou redondant). Finalement, le clou de la soirée, Les Simpsons. L'épisode s'intitulait «That 90's Show». Devenant soudainement lucide, Lisa constate que si ses parents ont près de 40 ans et que Bart a 10 ans, il ne peut donc être le résultat d'une relation sexuelle non protégée ayant eu lieu quelques semaines après la fin du secondaire. C'est ainsi que Marge et Homer nous raconte la période noire de leur vie : les années 1990!!!
Et c'est ici que vous allez comprendre où je vous amène avec tout ça. En écoutant cet épisode où Homer invente le grunge parce que Marge l'abandonne pour un prof d'université (on voit d'ailleurs un certain Marvin Cobain téléphoner à son cousin pour lui faire entendre «le nouveau son qu'il cherche», à la manière de Back to the future), j'ai eu une révélation: je suis une enfant des années 1990!
Subitement, tout m'est revenu: Nirvana, Bush (originalement Bush X) et la chanson Glycerin (transformée en «Margerine» par Homer), les chemises carreautées, le mal de vivre, Beavis and Butthead, Musique Plus, le clearasil et la crème Noxzema, etc. Je me rends compte que c'était presque cool d'être une ado dépressive et suicidaire dans le temps. Avoir su que j'étais cool, j'aurais été moins dépressive... mais... ok, paradoxe, j'ai mal au cerveau.
Bref, un retour dans le temps assez fulgurant. Ma belle-soeur a dit quelque chose de ben intelligent vendredi dernier. Elle disait que c'est lorsqu'on a des souvenirs qui remontent à 20 ans qu'on se rend finalement compte du temps qui passe. Un peu comme si cette période de recul était nécessaire pour avoir un passé. Mon premier souvenir, j'ai 4 ans, je suis au Parc Safari, je pleure sur une table à pique-nique parce que, dixit ma mère: «La poule a m'a mordue!» (une autruche avait mis mon doigt dans sa bouche). J'ai aujourd'hui 24 ans. Je vous laisse le temps de compter...
* Pour ceux qui ne comprennent rien au titre :
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mardi 25 mars 2008
La Marsouine toute nue....
Ne cachez pas les yeux de vos rejetons en hurlant à l'indécence et en criant au scandale. Je n'ai pas l'intention de vous montrer mon corps! C'est une métaphore là! :)
Dans mon envolée littéraire précédente, j'ai volontairement révélé mes origines. Depuis presqu'un an, plusieurs ont tenté de deviner sans jamais trouver de quelle île du Saint-Laurent pouvais-je bien venir. Après une réflexion qui dure depuis quelques semaines et sachant que j'avais déjà donné suffisamment de détails éparpillés pour qu'un détective motivé découvre sans peine mon identité, je trouvais un peu superflu de maintenir la mascarade.
Je vous révèle donc enfin le pourquoi et le comment de La Marsouine.
Comme vous l'avez déjà lu, j'ai passé presque toute ma vie non-adulte à l'Isle-aux-Coudres. Mes deux parents en sont originaires et y vivent encore et j'ai encore une grand-maman qui est là-bas (elle va m'apprendre à faire des beignes dimanche prochain!!!). Tantes et oncles aussi bien entendu. Lorsque je cherchais un nom à donner à mon blogue, j'ai rapidement adopté le pseudonyme de Marsouine. Tout d'abord parce que, comme tous mes compatriotes de naissance ou d'adoption, cette île, on l'a dans la peau et dans le sang et ce, jusqu'à la mort. Avec tous ses défauts et toutes ses qualités. Ensuite, parce que je constate lentement que mon désir d'écriture doit prendre ses racines dans mes origines. Le récit de la Traversée est en fait très banal et semblable à plusieurs autres dans mon patelin. Mais je me suis dit que, pour vous, il serait nouveau et peut-être même intéressant. J'apprends, lentement, à intégrer mes racines dans ma plume, pour qu'elle soit solide et intègre.
Mais pourquoi m'identifier comme Marsouine, surtout avec une photo de béluga? Très simple en réalité. «Par che nous», comme on dit, les bélugas, ça s'appelle des marsouins. Ah, on a tort, on le sait, mais on les appelle de même pareil. Fin de l'histoire. Deuxième partie: pourquoi diable m'approprier le nom erroné de ces jolis mammifères? La réponse se trouve dans un film de Pierre Perreault: «Pour la suite du monde», qui fait partie d'une trilogie (Le Règne du jour et Les Voitures d'Eau) sur l'Isle-aux-Coudres (on voit mon grand-père dedans, le fameux Edgar Bouchard à qui j'ai volé son nom pour mon conte). En fait, le premier volet raconte la fameuse pêche aux marsouins (bélugas) qui a longtemps été le principal moyen de subsistance de mes ancêtres. Tellement que, lorsque ceux-ci arrivaient à Québec pour vendre leurs prises, ils empestaient tellement la baleine que les citadins leur donnèrent le nom de Marsouins.
Et me voici donc, webambassadrice de mon patelin, m'appropriant sans remords ni consultation, le titre de Marsouine :)
p.s. Juste pour vous, j'ai pris des photos ce week-end. Je vous mets ça en ligne d'ici demain
Dans mon envolée littéraire précédente, j'ai volontairement révélé mes origines. Depuis presqu'un an, plusieurs ont tenté de deviner sans jamais trouver de quelle île du Saint-Laurent pouvais-je bien venir. Après une réflexion qui dure depuis quelques semaines et sachant que j'avais déjà donné suffisamment de détails éparpillés pour qu'un détective motivé découvre sans peine mon identité, je trouvais un peu superflu de maintenir la mascarade.
Je vous révèle donc enfin le pourquoi et le comment de La Marsouine.
Comme vous l'avez déjà lu, j'ai passé presque toute ma vie non-adulte à l'Isle-aux-Coudres. Mes deux parents en sont originaires et y vivent encore et j'ai encore une grand-maman qui est là-bas (elle va m'apprendre à faire des beignes dimanche prochain!!!). Tantes et oncles aussi bien entendu. Lorsque je cherchais un nom à donner à mon blogue, j'ai rapidement adopté le pseudonyme de Marsouine. Tout d'abord parce que, comme tous mes compatriotes de naissance ou d'adoption, cette île, on l'a dans la peau et dans le sang et ce, jusqu'à la mort. Avec tous ses défauts et toutes ses qualités. Ensuite, parce que je constate lentement que mon désir d'écriture doit prendre ses racines dans mes origines. Le récit de la Traversée est en fait très banal et semblable à plusieurs autres dans mon patelin. Mais je me suis dit que, pour vous, il serait nouveau et peut-être même intéressant. J'apprends, lentement, à intégrer mes racines dans ma plume, pour qu'elle soit solide et intègre.
Mais pourquoi m'identifier comme Marsouine, surtout avec une photo de béluga? Très simple en réalité. «Par che nous», comme on dit, les bélugas, ça s'appelle des marsouins. Ah, on a tort, on le sait, mais on les appelle de même pareil. Fin de l'histoire. Deuxième partie: pourquoi diable m'approprier le nom erroné de ces jolis mammifères? La réponse se trouve dans un film de Pierre Perreault: «Pour la suite du monde», qui fait partie d'une trilogie (Le Règne du jour et Les Voitures d'Eau) sur l'Isle-aux-Coudres (on voit mon grand-père dedans, le fameux Edgar Bouchard à qui j'ai volé son nom pour mon conte). En fait, le premier volet raconte la fameuse pêche aux marsouins (bélugas) qui a longtemps été le principal moyen de subsistance de mes ancêtres. Tellement que, lorsque ceux-ci arrivaient à Québec pour vendre leurs prises, ils empestaient tellement la baleine que les citadins leur donnèrent le nom de Marsouins.
Et me voici donc, webambassadrice de mon patelin, m'appropriant sans remords ni consultation, le titre de Marsouine :)
p.s. Juste pour vous, j'ai pris des photos ce week-end. Je vous mets ça en ligne d'ici demain
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lundi 17 mars 2008
Toutes sortes de machines (billet 3X)
Bon début de semaines, chers liseux.
Un lundi ensoleillé, du moins à Québec Cité, et un lundi où l'on règle les dossiers. Voyez-vous, la semaine dernière, je vendais ma voiture. Mais pourquoi? Bien que celle-ci fut la première, les voitures ont de commun avec les hommes que le premier amour dure rarement toute une vie (en fait, je ne connaît pas de cas de voiture qui a présenté un tel exploit de longévité mais, couvrons nos arrières). Ainsi, j'avais l'opportunité de racheter la voiture de location d'une connaissance, la même personne de qui j'avais acheté mon auto actuelle, il y a quatre ans. Après moult calculs, tergiversations, rebondissements, complot (j'en suis convaincue) de la part d'un concessionnaire Nissan (le BOSS en fait) qui a «par hasard» croisé ma route pour m'offrir un deal sans égal sur une Versa que je convoite en secret depuis des mois, nous avons finalement décidé de garder la voiture qui m'est fidèle depuis plusieurs années. Je l'ai fait nettoyer, j'ai fait changé le pare-brise (qui avait craqué après six mois de vie commune) et je lui ai acheté des enjoliveurs cheaps au Canadian Tire (prononcer ka-na-di-ant - ti-re en français). Ma petite Mazda brille donc en ce moment, de son noir sale de deux jours, dans un parking gouvernemental de la ville de Québec. Et elle partagera nos routes pour la vie ou jusqu'à ce que j'aie les moyens de m'acheter une auto neuve dont je pourrai ENFIN choisir la boîte de vitesse et retourner à mes premières amours «à la clotch».
Parlant de bras de vitesse, suite à ces petits aléas avec LA machine la plus grosse et la plus dispendieuse de mon existence, laissez moi vous parler de la machine qui fait partie de ma vie depuis hier soir. Petite machine qui m'a d'ailleurs coûté plus cher que le nouveau pare-brise de l'autre. Messieurs, si vous êtes délicats et prudes, c'est ici que nous nous quittons. Sinon, mordez dans un morceau de bois, ça va passer.
Mon nouvel ami Raine (diminutif de Rainbow Beam, de son nom complet et aussi un hommage au magnifique chanteur d'Our Lady Peace) est entré dans ma vie un peu par hasard, même si j'envisageais depuis quelques temps d'élargir ma culture à sa race. Samedi dernier, une amie de l'Élu enceinte jusqu'aux oreilles (qui n'est peut-être plus enceinte au moment où j'écris ces lignes) m'a proposé de l'accompagner à une soirée Fantasia, qui avait lieu hier soir chez une autre amie de l'Élu, elle-aussi enceinte mais jusqu'aux coudes seulement. Mon bras a dû subir un peu de torsion avant que j'accepte. Je n'avais aucune idée à quoi m'attendre et je craignais que la soirée devienne une version hardcore d'une gang de filles aux danseurs. Toutefois, je le confesse mesdames, n'ayant jamais utilisé l'instrument qui, paraît-il, fait le bonheur de plusieurs femmes sur cette terre, la curiosité l'emporta. Je me retrouvai donc, assise en indien dans une immense chaise en osier au coussin fugueur, à sentir, toucher et goûter crèmes, poudres et huiles, aux vertus toutes plus lubriques (j'adore ce mot, je ne sais pas pourquoi) les unes que les autres. Je surfai sur ces divers produits, mon regard inexorablement attiré vers ces idoles en glue qui trônait sur la table et qui nous fûment présentés en dernier. Portant des noms coquins ou évocateurs : le Kangourou rose, le Charmeur, le Rainbow Beam et sa version boostée, le Rainbow Beam G Point. J'étais subjuguée et éblouie. Tant de variété! Mais, me demandais-je, sont-ils à la hauteur de leurs promesses?
Je m'en fut donc, après la démonstration Tupperware, rencontrer notre jeune représentante (22 ans, deux enfants, la «zone» n'a plus aucun secret pour elle). Je reparti avec le Dolfinger (!!!!) et le Rainbow Beam (qui fait de la lumière, je n'ai aucune idée dans quel but). M'en servirai-je un jour? Je n'en sais rien encore. Je suis convaincue que je me trouverais complètement stupide toute seule dans mon lit avec un truc qui vibre, qui fait un drôle de bruit et qui a une ambiance disco intégrée. Surtout qu'une petite partie de moi est convaincue depuis longtemps que ma vie est filmée, à la Truman Show, chaque instant de ma vie. Mais je me dis que le jour où je serai prête, Raine ne sera qu'à une extension de coude de ma portée...
Un lundi ensoleillé, du moins à Québec Cité, et un lundi où l'on règle les dossiers. Voyez-vous, la semaine dernière, je vendais ma voiture. Mais pourquoi? Bien que celle-ci fut la première, les voitures ont de commun avec les hommes que le premier amour dure rarement toute une vie (en fait, je ne connaît pas de cas de voiture qui a présenté un tel exploit de longévité mais, couvrons nos arrières). Ainsi, j'avais l'opportunité de racheter la voiture de location d'une connaissance, la même personne de qui j'avais acheté mon auto actuelle, il y a quatre ans. Après moult calculs, tergiversations, rebondissements, complot (j'en suis convaincue) de la part d'un concessionnaire Nissan (le BOSS en fait) qui a «par hasard» croisé ma route pour m'offrir un deal sans égal sur une Versa que je convoite en secret depuis des mois, nous avons finalement décidé de garder la voiture qui m'est fidèle depuis plusieurs années. Je l'ai fait nettoyer, j'ai fait changé le pare-brise (qui avait craqué après six mois de vie commune) et je lui ai acheté des enjoliveurs cheaps au Canadian Tire (prononcer ka-na-di-ant - ti-re en français). Ma petite Mazda brille donc en ce moment, de son noir sale de deux jours, dans un parking gouvernemental de la ville de Québec. Et elle partagera nos routes pour la vie ou jusqu'à ce que j'aie les moyens de m'acheter une auto neuve dont je pourrai ENFIN choisir la boîte de vitesse et retourner à mes premières amours «à la clotch».
Parlant de bras de vitesse, suite à ces petits aléas avec LA machine la plus grosse et la plus dispendieuse de mon existence, laissez moi vous parler de la machine qui fait partie de ma vie depuis hier soir. Petite machine qui m'a d'ailleurs coûté plus cher que le nouveau pare-brise de l'autre. Messieurs, si vous êtes délicats et prudes, c'est ici que nous nous quittons. Sinon, mordez dans un morceau de bois, ça va passer.
Mon nouvel ami Raine (diminutif de Rainbow Beam, de son nom complet et aussi un hommage au magnifique chanteur d'Our Lady Peace) est entré dans ma vie un peu par hasard, même si j'envisageais depuis quelques temps d'élargir ma culture à sa race. Samedi dernier, une amie de l'Élu enceinte jusqu'aux oreilles (qui n'est peut-être plus enceinte au moment où j'écris ces lignes) m'a proposé de l'accompagner à une soirée Fantasia, qui avait lieu hier soir chez une autre amie de l'Élu, elle-aussi enceinte mais jusqu'aux coudes seulement. Mon bras a dû subir un peu de torsion avant que j'accepte. Je n'avais aucune idée à quoi m'attendre et je craignais que la soirée devienne une version hardcore d'une gang de filles aux danseurs. Toutefois, je le confesse mesdames, n'ayant jamais utilisé l'instrument qui, paraît-il, fait le bonheur de plusieurs femmes sur cette terre, la curiosité l'emporta. Je me retrouvai donc, assise en indien dans une immense chaise en osier au coussin fugueur, à sentir, toucher et goûter crèmes, poudres et huiles, aux vertus toutes plus lubriques (j'adore ce mot, je ne sais pas pourquoi) les unes que les autres. Je surfai sur ces divers produits, mon regard inexorablement attiré vers ces idoles en glue qui trônait sur la table et qui nous fûment présentés en dernier. Portant des noms coquins ou évocateurs : le Kangourou rose, le Charmeur, le Rainbow Beam et sa version boostée, le Rainbow Beam G Point. J'étais subjuguée et éblouie. Tant de variété! Mais, me demandais-je, sont-ils à la hauteur de leurs promesses?
Je m'en fut donc, après la démonstration Tupperware, rencontrer notre jeune représentante (22 ans, deux enfants, la «zone» n'a plus aucun secret pour elle). Je reparti avec le Dolfinger (!!!!) et le Rainbow Beam (qui fait de la lumière, je n'ai aucune idée dans quel but). M'en servirai-je un jour? Je n'en sais rien encore. Je suis convaincue que je me trouverais complètement stupide toute seule dans mon lit avec un truc qui vibre, qui fait un drôle de bruit et qui a une ambiance disco intégrée. Surtout qu'une petite partie de moi est convaincue depuis longtemps que ma vie est filmée, à la Truman Show, chaque instant de ma vie. Mais je me dis que le jour où je serai prête, Raine ne sera qu'à une extension de coude de ma portée...
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mardi 11 mars 2008
Histoire vraie en quatre saisons
Il y a des journées où je ne me peux plus d'avoir MA maison avec MA cour et un GRAND terrain....
Dans mes moyens, en fait dans nos moyens, et dans mes goûts (grand terrain, pas trop de voisins, le plus campagne possible), c'est Sainte-Brigitte-de-Laval. Je magasine sur SIA.ca en poussant des gros soupirs, sachant que pour le moment, on va rester encore au moins un an dans notre 5 et demi à petit prix. Tout le monde sacre contre le traffic et je sais que c'est bien le fun d'être à 2 minutes de tout.... mais les maisons avec des cours dans notre coin, c'est rare et c'est cher. En plus, j'y connais rien, l'Élu pas beaucoup plus. On a déjà magasiné un peu mais c'est relativement un acte de foi, acheter une maison pour la première fois. En même temps, ça va faire 8 ans que je vis en appartement et même si ça peut paraître peu de temps, pour moi c'est une éternité.
J'ai été élevée en liberté voyez-vous. Je n'ai constaté que tout récemment à quel point mon chez moi d'enfance est un endroit privilégié, même chez mes compatriotes régionaux. 50 arpents de terrain, avec un lac, une forêt, le fleuve, tout ça sur une île en plus, c'est comme dur à trouver et si ça se trouve, ça doit coûter un bras. Sauf que.
J'ai passé 16 ans sur mon domaine, à dompter les grenouilles sauvages, à ramasser des mulots et des corneilles blessées, à parler aux ruisseaux du printemps, à essayer (en vain) d'attraper des oiseaux avec un bâton, une corde, une boîte en carton et du pain, à pêcher des mini-mini-truites au tamis de friteuse, avec mon père, dans les petits ruisseaux pour les transférer dans le lac pour qu'ils grossissent, à regarder mon père entretenir la forêt à coup de scie mécanique, me montrant les bouleaux jaunes (ou merisiers), qui font sa fierté, et les petits chênes, qu'il a lui même planté, à chasser les papillons et les taons avec des pots Mason, à cueillir des fraises des champs, des petites poires (amélanches), des framboises, des merises, des cerises et des pommes, à faire la course avec Kim, ma grosse chienne labrador-berger allemand au coeur d'or, à tondre le gazon avec le tracteur, à 12 ans, mon walkman sur les oreilles, convaincue que personne ne m'entends à cause du bruit mais avec ma mère crampée en deux parce qu'elle m'entends fausser jusque dans la cuisine. Parce que le terrain chez nous, ça se tond pas à la tondeuse, non monsieur. Même avec le tracteur, ça prend un bon 4 heures et c'est sans compter la finition à la tondeuse et au fouet.
Une enfance à plumer les poulets de ma grand-mère (la maison voisine) tous les automnes, poulets qui sont arrivés en poussins, qu'on a nourris tout l'été et qui se tortillent, la tête en moins, pendant un bon 5 minutes dans le champ avant de mourrir. À acheter des bébés canards en avril, à les soigner pendant 2 mois à l'intérieur (ça pue!!!!), à leur faire une petite cage avec un grand bol d'eau quand il fait assez chaud pour les sortir et, finalement, quand ils sont assez gros, à les amener dans le lac et à leur apprendre à dormir sur l'île, à l'abri des renards. On en perdait toujours un au profit des prédateurs. Mon père les tuait à l'automne et on devait attendre le printemps suivant pour être suffisament détachés pour les manger. Mon oncle, qui habite maintenant la maison de mes grands-parents, qui chasse l'outarde tous les automnes. C'est majestueux de voir une volée de bernache s'envoler et ça fait mal au coeur de les voir tomber au son des fusils. On a passé la soirée de ma fête, il y a deux ans, à flatter le doux duvet de la bernache tuée le matin, avant de la vider, le lendemain et de la préparer pour être congelée.
Il y a mon deuxième chien, une petite mope noire caractérielle, qui s'était perdu dans le bois pendant les premières semaines, toute une nuit durant, avec un des pires orages que j'ai jamais vu (ou était-ce amplifié par l'angoisse pour mon petit chien?), retrouvé le lendemain chez le 4e voisin, en arrière de son garage. Il y a la butte à Ragout, avec sa façade à pique, devant le fleuve et les montagnes de la rive nord, où je me réfugiais, à 14 ans, pour écrire des poèmes mièvres et désespérés. Il y a l'hiver, avec le vent qui siffle dans la cheminée, se joignant au bruit des buches de bouleau qui crépitent. Le champ tout en blanc, un peu comme si ma cour arrière avait fusionné avec le «clos à cochon» pour devenir une grand lit de mousse blanche. Les hivers où le lac gèle bien, on peut gratter la neige pour patiner. Les soirs de décembre où la neige tombe doucement, ma petite rue est silencieuse à part le bruit du transformateur de la lumière de rue. On allait prendre une marche, en pyjama sous nos manteau, pour entendre seulement le bruit de la neige sous nos bottes, aucune voiture ne venant troubler la paix de l'hiver.
Il y avait les soirées de la mi-carême, celle de cette année doit déjà avoir eu lieu d'ailleurs. Où mon oncle et mon père, quand il n'était pas reparti sur son bateau, se déguisent avec des «chiennes» de bateau, des masques d'halloween ou des vieilles robes pour aller giguer à la salle de l'âge d'or. Il y a la course de chien, la course en canot, le carnaval, les criées, le bingo, les tournois de cayowenne (jamais su comment ça s'écrivait), les tournois de cribble, les soirées de danse, les soupers ou déjeuners de l'âge d'or. Dans le temps, il y avait aussi le terrain de croquet où j'allais parfois avec mes cousines et leur père, juste à côté de l'église.
Et puis il y avait les dimanches midis. Toute mon enfance, on m'a traîné à la messe, une de mes tantes étant la seule à réussir à me tenir tranquille (elle me donnait des paparmanes). Après la messe de 10h30, à laquelle mon père va encore «religieusement» (héhéhéh), c'était le rassemblement de toute ma famille paternelle chez mes grands-parents, la maison voisine, et toute ma vie, jusqu'en 1998, tous les dimanches ou presque, on mangeait de la soupe aux légumes et au vermicelle, du poulet rôti avec des patates pilées, de la salade et des navets et de la tarte au sucre pis de la crème aux pommes pour dessert.
Dans mes moyens, en fait dans nos moyens, et dans mes goûts (grand terrain, pas trop de voisins, le plus campagne possible), c'est Sainte-Brigitte-de-Laval. Je magasine sur SIA.ca en poussant des gros soupirs, sachant que pour le moment, on va rester encore au moins un an dans notre 5 et demi à petit prix. Tout le monde sacre contre le traffic et je sais que c'est bien le fun d'être à 2 minutes de tout.... mais les maisons avec des cours dans notre coin, c'est rare et c'est cher. En plus, j'y connais rien, l'Élu pas beaucoup plus. On a déjà magasiné un peu mais c'est relativement un acte de foi, acheter une maison pour la première fois. En même temps, ça va faire 8 ans que je vis en appartement et même si ça peut paraître peu de temps, pour moi c'est une éternité.
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J'ai été élevée en liberté voyez-vous. Je n'ai constaté que tout récemment à quel point mon chez moi d'enfance est un endroit privilégié, même chez mes compatriotes régionaux. 50 arpents de terrain, avec un lac, une forêt, le fleuve, tout ça sur une île en plus, c'est comme dur à trouver et si ça se trouve, ça doit coûter un bras. Sauf que.
J'ai passé 16 ans sur mon domaine, à dompter les grenouilles sauvages, à ramasser des mulots et des corneilles blessées, à parler aux ruisseaux du printemps, à essayer (en vain) d'attraper des oiseaux avec un bâton, une corde, une boîte en carton et du pain, à pêcher des mini-mini-truites au tamis de friteuse, avec mon père, dans les petits ruisseaux pour les transférer dans le lac pour qu'ils grossissent, à regarder mon père entretenir la forêt à coup de scie mécanique, me montrant les bouleaux jaunes (ou merisiers), qui font sa fierté, et les petits chênes, qu'il a lui même planté, à chasser les papillons et les taons avec des pots Mason, à cueillir des fraises des champs, des petites poires (amélanches), des framboises, des merises, des cerises et des pommes, à faire la course avec Kim, ma grosse chienne labrador-berger allemand au coeur d'or, à tondre le gazon avec le tracteur, à 12 ans, mon walkman sur les oreilles, convaincue que personne ne m'entends à cause du bruit mais avec ma mère crampée en deux parce qu'elle m'entends fausser jusque dans la cuisine. Parce que le terrain chez nous, ça se tond pas à la tondeuse, non monsieur. Même avec le tracteur, ça prend un bon 4 heures et c'est sans compter la finition à la tondeuse et au fouet.
Une enfance à plumer les poulets de ma grand-mère (la maison voisine) tous les automnes, poulets qui sont arrivés en poussins, qu'on a nourris tout l'été et qui se tortillent, la tête en moins, pendant un bon 5 minutes dans le champ avant de mourrir. À acheter des bébés canards en avril, à les soigner pendant 2 mois à l'intérieur (ça pue!!!!), à leur faire une petite cage avec un grand bol d'eau quand il fait assez chaud pour les sortir et, finalement, quand ils sont assez gros, à les amener dans le lac et à leur apprendre à dormir sur l'île, à l'abri des renards. On en perdait toujours un au profit des prédateurs. Mon père les tuait à l'automne et on devait attendre le printemps suivant pour être suffisament détachés pour les manger. Mon oncle, qui habite maintenant la maison de mes grands-parents, qui chasse l'outarde tous les automnes. C'est majestueux de voir une volée de bernache s'envoler et ça fait mal au coeur de les voir tomber au son des fusils. On a passé la soirée de ma fête, il y a deux ans, à flatter le doux duvet de la bernache tuée le matin, avant de la vider, le lendemain et de la préparer pour être congelée.
Il y a mon deuxième chien, une petite mope noire caractérielle, qui s'était perdu dans le bois pendant les premières semaines, toute une nuit durant, avec un des pires orages que j'ai jamais vu (ou était-ce amplifié par l'angoisse pour mon petit chien?), retrouvé le lendemain chez le 4e voisin, en arrière de son garage. Il y a la butte à Ragout, avec sa façade à pique, devant le fleuve et les montagnes de la rive nord, où je me réfugiais, à 14 ans, pour écrire des poèmes mièvres et désespérés. Il y a l'hiver, avec le vent qui siffle dans la cheminée, se joignant au bruit des buches de bouleau qui crépitent. Le champ tout en blanc, un peu comme si ma cour arrière avait fusionné avec le «clos à cochon» pour devenir une grand lit de mousse blanche. Les hivers où le lac gèle bien, on peut gratter la neige pour patiner. Les soirs de décembre où la neige tombe doucement, ma petite rue est silencieuse à part le bruit du transformateur de la lumière de rue. On allait prendre une marche, en pyjama sous nos manteau, pour entendre seulement le bruit de la neige sous nos bottes, aucune voiture ne venant troubler la paix de l'hiver.
Il y avait les soirées de la mi-carême, celle de cette année doit déjà avoir eu lieu d'ailleurs. Où mon oncle et mon père, quand il n'était pas reparti sur son bateau, se déguisent avec des «chiennes» de bateau, des masques d'halloween ou des vieilles robes pour aller giguer à la salle de l'âge d'or. Il y a la course de chien, la course en canot, le carnaval, les criées, le bingo, les tournois de cayowenne (jamais su comment ça s'écrivait), les tournois de cribble, les soirées de danse, les soupers ou déjeuners de l'âge d'or. Dans le temps, il y avait aussi le terrain de croquet où j'allais parfois avec mes cousines et leur père, juste à côté de l'église.
Et puis il y avait les dimanches midis. Toute mon enfance, on m'a traîné à la messe, une de mes tantes étant la seule à réussir à me tenir tranquille (elle me donnait des paparmanes). Après la messe de 10h30, à laquelle mon père va encore «religieusement» (héhéhéh), c'était le rassemblement de toute ma famille paternelle chez mes grands-parents, la maison voisine, et toute ma vie, jusqu'en 1998, tous les dimanches ou presque, on mangeait de la soupe aux légumes et au vermicelle, du poulet rôti avec des patates pilées, de la salade et des navets et de la tarte au sucre pis de la crème aux pommes pour dessert.
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Ça a été ça, ma vie. Oh bien sûr, je vous épargne tout le psychodrame de mon passage à l'école primaire et secondaire, la période dépressive de mon adolescence, la solitude, la rage, les conflits familiaux, les heurts entre mes parents, le retour au travail de ma mère. Parce que malgré toutes les moins bonnes choses, le recul que j'ai aujourd'hui me permet de voir aussi toutes les bonnes choses. Les premières semaines de l'été quand l'école était finie et que je courrais chez mes grands-parents, à 6h du matin, incapable de dormir plus longtemps, pour manger des toasts sur le copper en sandwich au bananes et à boire du «café» (de caf-lib en fait). De voir que mon enfance était un peu en dehors de son époque, que je vivais dans un monde à part, encore plein de rêves et de possibilités. Bon, bien sûr je n'ai jamais eu le cheval dont je rêvais, mais je suis encore jeune héhé. Cet endroit là, il sera à moi et à mon frère un jour. Je rêve du jour où je pourrai y retourner. Lui aussi d'ailleurs. Ce dont nous prenons conscience maintenant, c'est de la force des liens qui se sont développés entre nous et notre «terre», parce que s'en est une, la terre familliale. C'est l'attraction qui nous tiraille et nous force à y revenir. Ce n'est pas encore possible, pas tout de suite. Mais je ne peux m'empêcher de sentir son appel et ça fait presque mal.
C'est pour ça que, quand l'été approche (même si ça paraît pas trop ces temps-ci), je me mets à me languir d'un bout de terre à moi, d'un tout petit carré de gazon, où je pourrais m'étendre, fermer les yeux, et m'imaginer que je suis sous le chêne, derrière la maison de mes parents, à écouter le vent, les vagues au loin, les avions dans le ciel, les tondeuses des voisins, les voitures en bas de la côte, les enfants dans les champs, à respirer au rythme lent de la mer, du vent, de la vie.
C'est pour ça que, quand l'été approche (même si ça paraît pas trop ces temps-ci), je me mets à me languir d'un bout de terre à moi, d'un tout petit carré de gazon, où je pourrais m'étendre, fermer les yeux, et m'imaginer que je suis sous le chêne, derrière la maison de mes parents, à écouter le vent, les vagues au loin, les avions dans le ciel, les tondeuses des voisins, les voitures en bas de la côte, les enfants dans les champs, à respirer au rythme lent de la mer, du vent, de la vie.
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mercredi 5 mars 2008
Des airs d'apocalypse
Il neige. Pour ceux qui ne le savaient pas encore. Il neige en es**. Avis à ceux qui ne sont pas au Québec ou dans la région de Québec: c'est le bordel. Tout est fermé, les écoles, les universités, les autobus même les bureaux! L'Élu s'est fait renvoyer à la maison vers 11h pour cause de neige.
Et moi? Et bien comme tout un chacun ne saurait se passer de sa dose quotidienne de nouvelles, nous préparons malgré tout l'édition de demain, avec des effectifs réduits il va sans dire.
Je ne sais pas si c'est l'effet de la tempête mais la quantité de crinqués qui décident de tuer le temps en téléphonant au journal, c'est incroyable. Ce matin, un monsieur, dont la voix me laissait deviner qu'il était en vie pendant la Première guerre mondiale, a décidé d'éprouver mes connaissances, en bon citoyen.
Premier appel
Moi: La Rédaction?
Lui: Bonjour mademoiselle, auriez-vous deux minutes à perdre pour répondre à une devinette?
Moi: Pardon? De quoi voulez-vous parler exactement monsieur?
Lui, d'une voix à peine audible: Pouvez-vous me dire combien coûteraient 100 pommes si la douzaine coûte 12 sous?
Moi, n'ayant pas vraiment écouté: Monsieur est-ce que vous appelez par rapport au journal?
Lui: Non non madame.
Moi: Monsieur, je vais devoir raccrocher, j'ai plusieurs autres appels en attente. (ce qui était vrai)
Il baragouine quelque chose et termine par: C'est bien c'est bien.
Je raccroche.
Cinq minutes plus tard, deuxième appel
Moi: La Rédaction?
Lui: Bonjour mademoiselle, auriez-vous deux minutes à perdre pour répondre à une devinette?
Moi, d'une voix résignée, comprenant que je ne m'en sortirai pas: Bon, allez-y monsieur.
Lui: Pouvez-vous me dire combien coûteraient 100 pommes si la douzaine coûte 12 sous?
Moi, très rapidement: Un dollar monsieur.
Lui, l'air tout surpris: Mais comment avez-vous fait pour le trouver?
Moi: Bien voyons, si la douzaine coût 12 sous, une pomme coûte un sous donc cent pommes coûtent cent sous ou un dollar.
Lui: Mais, saviez-vous, mademoiselle, que 98% des gens vont plutôt tenter de multiplier 12 par cent pour trouver la réponse?
Moi: Bien monsieur, j'ai terminé ma 5e année moi, je sais compter.
Lui: Ah? Bonne journée!
Fin de l'histoire
C'est de loin la chose la plus bizarre qui me soit arrivée dans le cadre de mon travail. Ça bat le monsieur qui appelait 20 fois par soir pour m'engueuler et me traiter de fasciste.
Et moi? Et bien comme tout un chacun ne saurait se passer de sa dose quotidienne de nouvelles, nous préparons malgré tout l'édition de demain, avec des effectifs réduits il va sans dire.
Je ne sais pas si c'est l'effet de la tempête mais la quantité de crinqués qui décident de tuer le temps en téléphonant au journal, c'est incroyable. Ce matin, un monsieur, dont la voix me laissait deviner qu'il était en vie pendant la Première guerre mondiale, a décidé d'éprouver mes connaissances, en bon citoyen.
Premier appel
Moi: La Rédaction?
Lui: Bonjour mademoiselle, auriez-vous deux minutes à perdre pour répondre à une devinette?
Moi: Pardon? De quoi voulez-vous parler exactement monsieur?
Lui, d'une voix à peine audible: Pouvez-vous me dire combien coûteraient 100 pommes si la douzaine coûte 12 sous?
Moi, n'ayant pas vraiment écouté: Monsieur est-ce que vous appelez par rapport au journal?
Lui: Non non madame.
Moi: Monsieur, je vais devoir raccrocher, j'ai plusieurs autres appels en attente. (ce qui était vrai)
Il baragouine quelque chose et termine par: C'est bien c'est bien.
Je raccroche.
Cinq minutes plus tard, deuxième appel
Moi: La Rédaction?
Lui: Bonjour mademoiselle, auriez-vous deux minutes à perdre pour répondre à une devinette?
Moi, d'une voix résignée, comprenant que je ne m'en sortirai pas: Bon, allez-y monsieur.
Lui: Pouvez-vous me dire combien coûteraient 100 pommes si la douzaine coûte 12 sous?
Moi, très rapidement: Un dollar monsieur.
Lui, l'air tout surpris: Mais comment avez-vous fait pour le trouver?
Moi: Bien voyons, si la douzaine coût 12 sous, une pomme coûte un sous donc cent pommes coûtent cent sous ou un dollar.
Lui: Mais, saviez-vous, mademoiselle, que 98% des gens vont plutôt tenter de multiplier 12 par cent pour trouver la réponse?
Moi: Bien monsieur, j'ai terminé ma 5e année moi, je sais compter.
Lui: Ah? Bonne journée!
Fin de l'histoire
C'est de loin la chose la plus bizarre qui me soit arrivée dans le cadre de mon travail. Ça bat le monsieur qui appelait 20 fois par soir pour m'engueuler et me traiter de fasciste.
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lundi 3 mars 2008
Le vrai bonheur doit être partagé
C'est l'ultime constation du jeune Alexander Supertramp a.k.a Christopher McCandless, le jeune homme qui est à l'origine du livre Into the Wild de Jon Krakauer et du film de Sean Penn, qui porte le même nom. Pour ceux qui ne savent pas de quoi il s'agit, je vous résume le synopsis vite fait.
Au début des années 1990, un jeune homme de bonne famille qui vient de terminer le college (je ne comprends rien au système d'éducation américain.. mettons université) fait don de toutes ses économies (fond d'études, 24 000$ US) à OXFAM, brûle son argent, abandonne sa voiture, change de nom et disparaît sans prévenir qui que ce soit. Il est retrouvé mort en Alaska, deux ans plus tard (août 1992). Pendant ces deux années, il a consigné par écrit une partie de son expérience. Son objectif: se défaire de tout liens terrestres et matériels pour retrouver sa vraie nature, être en contact avec la nature sauvage. Le livre et le films sont inspirés de son périple et basés sur ses écrits.
L'Élu a lu le livre un peu avant les fêtes. Nous n'avions pas encore vu le film, snob que nous sommes, parce que nous digérons mal les versions traduites. Au mieux, tolérons-nous une version sous-titrée. Bref, le Clap a un spécial versions originales anglaises cette semaine, dont Into the Wild. Nous sommes allés hier.
Premièrement, le film est génial! Je n'ai pas encore lu le livre (l'Élu l'a prêté à mon frère et celui-ci n'a pas encore terminé. Il était d'ailleurs avec nous hier) mais j'ai quand même beaucoup aimé. Ceux qui l'ont lu m'ont confirmé que c'était extrêmement fidèle à l'histoire. Dans les remerciements du générique, d'ailleurs, on constate que la famille McCandless a apporté son support pour le film.
À part les vêtements des années 1990, franchement horribles, le sentiment d'inconnu, d'abandon et d'immensité nous envahi. Le film est constitué de deux «séquences» qui s'entrecoupent soit la dernière étape et objectif ultime de MacCandless: sa grande aventure en Alaska, et le périple qui l'a précédée. On apprend petit à petit l'histoire du jeune homme, sa colère envers ses parents et le monde de conventions auquel ils s'astreignent, camouflant et supprimant leur souffrance, imposant cette tension et cette violence à leurs enfants.
On constate rapidement que c'est la colère qui motive le jeune homme beaucoup plus qu'un désir d'absolu. Son imaginaire, alimenté depuis des années par Tolstoi, Jack London, Pasternak, etc., stimulent chez lui des idéaux plus grands que nature et crée une vision du monde distordue par l'univers littéraire. Il en devient aveugle au réel et sa quête bien que louable demeure un peu frivole et irresponsable. La preuve en est sa fin atroce et ironique. Après avoir donné tout son argent aux affamés du monde, il meurt lui-même de faim, prisonnier de la nature. L'homme du passé qui vivait dans la nature avait derrière lui un apprentissage et une culture de vie en forêt qui lui avait enseigné tout ce qu'il était nécessaire de savoir. Un homme moderne ne peut sérieusement penser survivre seul en forêt sans formation, simplement en ayant glané quelques trucs de base par-ci, par-là. Il est déjà incroyablement surprenant qu'il ait pu le faire pendant 10 mois.
J'aime de ce film qu'il n'idéalise pas l'homme et sa quête. J'aime qu'on montre aussi ses motifs inavoués, ses erreurs et ses regrets. Son aventure demeure exceptionnelle mais elle ne peut être le fait de tout un chacun.
Pendant le film, j'entretenais une conversation soutenue avec moi-même. Premièrement, l'histoire de McCandless fait naître l'envie. Un désir minuscule de partir et tout laisser derrière, affronter le monde et faire l'expérience de la vie. Mais je me suis rapidement demandée si ce désir n'était pas alimenté par la peur, s'il ne s'agissait pas en réalité d'une fuite de tout ce qui nous effraie dans notre vie, tout ce que nous ne voulons pas affronter.
Deuxièmement, je me suis demandée si ce désir n'était pas plutôt l'apanage de l'homme (dans le sens de mâle)? Ma conclusion est positive. Je ne saurais expliquer pourquoi, c'est juste une impression. Je ne dis pas qu'il n'existe pas chez les femmes mais je crois sincèrement que c'est plus présent chez les hommes. Pour un milier de raisons et pour rien aussi, parce que je crois que ça fait partie d'eux, de leur nature, de leur instinct. Je crois aussi que c'est stimulé par le besoin de se définir et de s'affirmer, chose qui est de plus en plus difficile pour beaucoup d'hommes dans la société moderne.
Troisièmement et finalement, j'ai pensé à moi et à l'Élu. J'ai pensé à cet Élu qui a attrapé le virus du voyage, qui a tellement besoin de ce sentiment d'être dépaysé, d'être dans un autre monde. J'ai pensé à moi qui fais un choix qui implique de laisser de côté l'aventure. Et ce n'est pas seulement «pour le moment», puisque le voyage n'a pas le même impact et ne se fait pas de la même façon dans la vingtaine que dans la cinquantaine. J'ai tendance à toujours vouloir tout faire, ne rien manquer. Mais c'est foncièrement impossible. Chaque choix que je fais pour ma vie implique de laisser de côté autre chose. Et je dois me rappeler pourquoi je fais ces choix et pourquoi ils sont importants pour moi. Je ne peux toutefois m'empêcher d'avoir peur. Cette maudite insécurité, maladie pour laquelle il n'y a ni vaccin ni cure. La peur que même s'il me dit le contraire, ces choix que nous faisons aujourd'hui, l'Élu et moi, il ne les regrette un jour. Ça l'enrage et je le comprends, il a l'impression que je ne lui fais pas confiance. Peut-être que je me soucis trop de son bonheur à lui et pas assez du mien... ou est-ce le contraire? Peut-être est-ce parce que je touche mon rêve du bout des doigts et j'ai peur qu'il me glisse des mains? Peut-être est-ce plutôt parce que mon rêve est si proche et que j'ai peur d'être aveuglé par lui au point de ne pas voir que je l'entraîne malgré lui? Car il n'y aura pas de retour en arrière possible. Est-ce que je vais arriver à cesser de croire que ce n'est pas seulement MON rêve mais le sien aussi, NOTRE rêve?
C'est beaucoup de questions et peu de réponses. La confiance est en fait, la seule réponse. La confiance en moi et mes choix. Ma confiance en lui. Notre confiance envers la vie qui, si souvent, nous apporte des réponses tellement simples.
Et c'est un peu la conclusion à laquelle on arrive au sortir de ce film, qui est beaucoup plus qu'un film selon moi, qui est aussi une grande histoire sur la vie. La conclusion qu'à force de se chercher, on finit par se manquer. Que pour se trouver, il faut fermer les yeux et plonger. Que la réponse qui nous fait si cruellement défaut ne se trouve pas à des miliers de kilomètres mais, plutôt, juste sous notre nez...
Au début des années 1990, un jeune homme de bonne famille qui vient de terminer le college (je ne comprends rien au système d'éducation américain.. mettons université) fait don de toutes ses économies (fond d'études, 24 000$ US) à OXFAM, brûle son argent, abandonne sa voiture, change de nom et disparaît sans prévenir qui que ce soit. Il est retrouvé mort en Alaska, deux ans plus tard (août 1992). Pendant ces deux années, il a consigné par écrit une partie de son expérience. Son objectif: se défaire de tout liens terrestres et matériels pour retrouver sa vraie nature, être en contact avec la nature sauvage. Le livre et le films sont inspirés de son périple et basés sur ses écrits.
L'Élu a lu le livre un peu avant les fêtes. Nous n'avions pas encore vu le film, snob que nous sommes, parce que nous digérons mal les versions traduites. Au mieux, tolérons-nous une version sous-titrée. Bref, le Clap a un spécial versions originales anglaises cette semaine, dont Into the Wild. Nous sommes allés hier.
Premièrement, le film est génial! Je n'ai pas encore lu le livre (l'Élu l'a prêté à mon frère et celui-ci n'a pas encore terminé. Il était d'ailleurs avec nous hier) mais j'ai quand même beaucoup aimé. Ceux qui l'ont lu m'ont confirmé que c'était extrêmement fidèle à l'histoire. Dans les remerciements du générique, d'ailleurs, on constate que la famille McCandless a apporté son support pour le film.
À part les vêtements des années 1990, franchement horribles, le sentiment d'inconnu, d'abandon et d'immensité nous envahi. Le film est constitué de deux «séquences» qui s'entrecoupent soit la dernière étape et objectif ultime de MacCandless: sa grande aventure en Alaska, et le périple qui l'a précédée. On apprend petit à petit l'histoire du jeune homme, sa colère envers ses parents et le monde de conventions auquel ils s'astreignent, camouflant et supprimant leur souffrance, imposant cette tension et cette violence à leurs enfants.
On constate rapidement que c'est la colère qui motive le jeune homme beaucoup plus qu'un désir d'absolu. Son imaginaire, alimenté depuis des années par Tolstoi, Jack London, Pasternak, etc., stimulent chez lui des idéaux plus grands que nature et crée une vision du monde distordue par l'univers littéraire. Il en devient aveugle au réel et sa quête bien que louable demeure un peu frivole et irresponsable. La preuve en est sa fin atroce et ironique. Après avoir donné tout son argent aux affamés du monde, il meurt lui-même de faim, prisonnier de la nature. L'homme du passé qui vivait dans la nature avait derrière lui un apprentissage et une culture de vie en forêt qui lui avait enseigné tout ce qu'il était nécessaire de savoir. Un homme moderne ne peut sérieusement penser survivre seul en forêt sans formation, simplement en ayant glané quelques trucs de base par-ci, par-là. Il est déjà incroyablement surprenant qu'il ait pu le faire pendant 10 mois.
J'aime de ce film qu'il n'idéalise pas l'homme et sa quête. J'aime qu'on montre aussi ses motifs inavoués, ses erreurs et ses regrets. Son aventure demeure exceptionnelle mais elle ne peut être le fait de tout un chacun.
Pendant le film, j'entretenais une conversation soutenue avec moi-même. Premièrement, l'histoire de McCandless fait naître l'envie. Un désir minuscule de partir et tout laisser derrière, affronter le monde et faire l'expérience de la vie. Mais je me suis rapidement demandée si ce désir n'était pas alimenté par la peur, s'il ne s'agissait pas en réalité d'une fuite de tout ce qui nous effraie dans notre vie, tout ce que nous ne voulons pas affronter.
Deuxièmement, je me suis demandée si ce désir n'était pas plutôt l'apanage de l'homme (dans le sens de mâle)? Ma conclusion est positive. Je ne saurais expliquer pourquoi, c'est juste une impression. Je ne dis pas qu'il n'existe pas chez les femmes mais je crois sincèrement que c'est plus présent chez les hommes. Pour un milier de raisons et pour rien aussi, parce que je crois que ça fait partie d'eux, de leur nature, de leur instinct. Je crois aussi que c'est stimulé par le besoin de se définir et de s'affirmer, chose qui est de plus en plus difficile pour beaucoup d'hommes dans la société moderne.
Troisièmement et finalement, j'ai pensé à moi et à l'Élu. J'ai pensé à cet Élu qui a attrapé le virus du voyage, qui a tellement besoin de ce sentiment d'être dépaysé, d'être dans un autre monde. J'ai pensé à moi qui fais un choix qui implique de laisser de côté l'aventure. Et ce n'est pas seulement «pour le moment», puisque le voyage n'a pas le même impact et ne se fait pas de la même façon dans la vingtaine que dans la cinquantaine. J'ai tendance à toujours vouloir tout faire, ne rien manquer. Mais c'est foncièrement impossible. Chaque choix que je fais pour ma vie implique de laisser de côté autre chose. Et je dois me rappeler pourquoi je fais ces choix et pourquoi ils sont importants pour moi. Je ne peux toutefois m'empêcher d'avoir peur. Cette maudite insécurité, maladie pour laquelle il n'y a ni vaccin ni cure. La peur que même s'il me dit le contraire, ces choix que nous faisons aujourd'hui, l'Élu et moi, il ne les regrette un jour. Ça l'enrage et je le comprends, il a l'impression que je ne lui fais pas confiance. Peut-être que je me soucis trop de son bonheur à lui et pas assez du mien... ou est-ce le contraire? Peut-être est-ce parce que je touche mon rêve du bout des doigts et j'ai peur qu'il me glisse des mains? Peut-être est-ce plutôt parce que mon rêve est si proche et que j'ai peur d'être aveuglé par lui au point de ne pas voir que je l'entraîne malgré lui? Car il n'y aura pas de retour en arrière possible. Est-ce que je vais arriver à cesser de croire que ce n'est pas seulement MON rêve mais le sien aussi, NOTRE rêve?
C'est beaucoup de questions et peu de réponses. La confiance est en fait, la seule réponse. La confiance en moi et mes choix. Ma confiance en lui. Notre confiance envers la vie qui, si souvent, nous apporte des réponses tellement simples.
Et c'est un peu la conclusion à laquelle on arrive au sortir de ce film, qui est beaucoup plus qu'un film selon moi, qui est aussi une grande histoire sur la vie. La conclusion qu'à force de se chercher, on finit par se manquer. Que pour se trouver, il faut fermer les yeux et plonger. Que la réponse qui nous fait si cruellement défaut ne se trouve pas à des miliers de kilomètres mais, plutôt, juste sous notre nez...
Écosystème(s) :
Confession sur l'oreiller,
Rapports de mission,
Vidange du cerveau
vendredi 8 février 2008
On joue au loup!!!
Mon amie Amor niamor, dont je ne peux, à sa demande, lier le blog car elle tient à son anonymat, m'a refilé la tag des tics. J'en profite pour faire une mise au point. La tag, j'ai appris ce que c'était vers 15 ans, en jasant avec mes cousines qui ont grandi à Beauport. Dans ma région de type régionale, on appelait pas ça la tag, on appelait ça jouer au loup. Donc, allons-y avec ce truc:
Règlements habituels:
* Mettre le lien de la personne qui vous tague (ce que je ne ferai pas pour les raisons citées plus haut)
* Mettre les règlements sur votre blog (done)
* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même (ça s'en vient)
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens (pfffff j'ai jamais été bonne au loup)
* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées (je suis paresseuse)
No. 1: Je dors encore avec le même doudou (une vieille jaquette cousue, à l'époque, par ma grand-mère avec la face de Tweetie) depuis l'âge de trois ans.
No. 2: Je suis addict aux piments forts farcis au fromage feta (mais font chier Sardo ont changé la recette pis ils sont moins bon qu'avant).
No. 3: Je suis incapable de faire une seule chose à la fois. La preuve: je joue systématiquement à Tetris sur mon portable pendant que j'écoute la télé, j'écoute la télé ou je lis pendant que je cuisine ou que je mange, je traîne mon portable (à mes risques et périls) dans la salle de bain pour écouter des Stargate pendant que je prends mon bain.
No. 4: Je suis une fanatique sur la façon de plier les serviette/draps/vêtements et sur la façon de faire un lit. Ya juste MA façon qui est la bonne.
No. 5: Je suis incapable de me rappeler de quel côté va la fourchette et de quel côté va le couteau
No. 6: Ma voiture est automatique mais j'ai appris à conduire sur des autos manuelles. C'est inconscient mais je mets systématiquement le break à bras à chaque fois que je me stationne, ce qui fait rager quiconque autre que moi qui conduit ma voiture (l'Élu surtout). Je le fais aussi avec les voitures des autres....
Je ne passe la tag à personne parce que ben un manné on va faire le tour pis je la vois pas mal qui se promène dans le coin celle-là.
En passant, j'ai revu le Père Noël ce matin, ses vacances ont pas l'air à être finies.
Autre chose: avec toute la neige qu'il y a partout, on dirait que la ville au complet a été recouverte de glaçage!
Oubliez pas d'écouter Marc Labrèche demain soir là!
Six choses/habitudes/tics non importants sur moi-même
Règlements habituels:
* Mettre le lien de la personne qui vous tague (ce que je ne ferai pas pour les raisons citées plus haut)
* Mettre les règlements sur votre blog (done)
* Mentionner six choses/habitudes/tics non importants sur vous-même (ça s'en vient)
* Taguer six personnes à la fin de votre billet en mettant leurs liens (pfffff j'ai jamais été bonne au loup)
* Aller avertir directement sur leurs blogs les personnes taguées (je suis paresseuse)
No. 1: Je dors encore avec le même doudou (une vieille jaquette cousue, à l'époque, par ma grand-mère avec la face de Tweetie) depuis l'âge de trois ans.
No. 2: Je suis addict aux piments forts farcis au fromage feta (mais font chier Sardo ont changé la recette pis ils sont moins bon qu'avant).
No. 3: Je suis incapable de faire une seule chose à la fois. La preuve: je joue systématiquement à Tetris sur mon portable pendant que j'écoute la télé, j'écoute la télé ou je lis pendant que je cuisine ou que je mange, je traîne mon portable (à mes risques et périls) dans la salle de bain pour écouter des Stargate pendant que je prends mon bain.
No. 4: Je suis une fanatique sur la façon de plier les serviette/draps/vêtements et sur la façon de faire un lit. Ya juste MA façon qui est la bonne.
No. 5: Je suis incapable de me rappeler de quel côté va la fourchette et de quel côté va le couteau
No. 6: Ma voiture est automatique mais j'ai appris à conduire sur des autos manuelles. C'est inconscient mais je mets systématiquement le break à bras à chaque fois que je me stationne, ce qui fait rager quiconque autre que moi qui conduit ma voiture (l'Élu surtout). Je le fais aussi avec les voitures des autres....
*-*-*-*-*-*-*-*
Je ne passe la tag à personne parce que ben un manné on va faire le tour pis je la vois pas mal qui se promène dans le coin celle-là.
En passant, j'ai revu le Père Noël ce matin, ses vacances ont pas l'air à être finies.
Autre chose: avec toute la neige qu'il y a partout, on dirait que la ville au complet a été recouverte de glaçage!
Oubliez pas d'écouter Marc Labrèche demain soir là!
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mardi 29 janvier 2008
Ma graine
Je me suis toujours demandée ce qu'était la différence entre un grain et une graine. J'affirme donc ma féminité en ce jour et au lieu de mettre mon grain de sel, j'y vais fièrement de ma graine. Melting-pot de réflexions:
1- J'ai vu le Père Noël ce matin. Il est en vacances avec son chien dans le quartier Saint-Roch. Il a pris un peu de poids (tous ces biscuits à croquer) et a raccourcis sa barbe (entretien annuel). Il est vêtu d'une chemise carreautée rouge et d'un long manteau de fourrure sans manches. Il a l'air épuisé.
2- J'ai fait une découverte très importante. Avez-vous remarqué que, depuis deux ans, il y a de plus en plus d'algues bleues dans l'eau au Québec? Et avez-vous remarqué que, depuis ce temps, TOUT LE MONDE tombe enceinte? Paraît même qu'un homme est tombé enceinte dans le sud de l'Ontario. Hasard? J'en doute fort. La corrélation est évidente. Faudrait mettre une commission là-dessus...
3- Sur une note plus sérieuse, le vingtième anniversaire de la victoire de Morgentaler pour la légalisation de l'avortement a suscité plusieurs publications de statistiques sur l'avortement au Québec. Entraînant, de ce fait, plusieurs textes et opinions un peu partout. J'ai lu, entre autres, le billet de Patrick Lagacé sur le sujet et, surtout, les commentaires. Je voulais me joindre au bal mais, après quelques instants de recul, je me suis sentie envahie d'une grande tristesse et je n'ai pas trouvé quoi dire qui pourrait, en peu de mot, résumer un sujet aussi complexe. Par contre, je me suis demandée de quel sexe et quel âge avaient chaque intervenant. Car, pour avoir été assez récemment une jeune adolescente, la question n'était pas aussi manichéenne que les opinions exprimées. Je laisse de côté les stupidités du genre «au moins donnez-les en adoptions, ça coûte 10 000$ adopter une petite chinoise», comme si avoir un enfant était vide de conséquence pour une femme. Mais ce qui me chagrine le plus, c'est la dureté des jugements, la généralisation et, surtout, l'ignorance de ce que c'est, être une jeune fille adolescente. Une jeune adolescente, en TRÈS grande majorité, c'est insécure, ça n'a pas une très bonne estime de soi et ça se cherche en maudit. Ça vit très mal le rejet et le rejet, elles le risquent si elles disent non. D'ailleurs, entre autre avec le sujet du condom invisible, on a de plus en plus la preuve que les hommes ne se sentent pas concernés par la contraception (1 homme sur 2 refuse de porter le condom lors de relations à risque). Alors demander à une fille qui n'a pas le droit d'acheter de l'alcool ou de voter, de faire des choix éclairés (et sans qu'elle ait nécessairement l'éducation sexuelle et l'information nécessaire, en plus de la maturité, pour faire ces choix) qui vont influencer le reste de son existence d'une façon encore plus directe, je crois que c'est un peu se foutre la tête dans le sable. Et même plus tard, certaines femmes sont prêtes à être mère très tard ou même jamais. On peut avoir 28 ou 35 ans et se sentir incapable d'élever un enfant.
J'ai la chance de ne jamais être passée par là, mais plusieurs de mes amies ont eu à se faire avorter à 14, 16 ou 18 ans. Et ce n'est jamais facile, ce n'est jamais sans conséquences, ce n'est jamais vide de sens. Je crois cependant que chaque enfant, dans la mesure du possible devrait être désiré. J'ai connu une fille que sa mère n'aimait pas. Aussi inconcevable que cette notion pouvait être à mes yeux, j'ai pu le constater, sa mère ne l'aimait pas. Tombée enceinte à 17 ans, en région, forcée par ses parents à marier le père de son enfant, prisonnière pendant 20 ans d'un mariage malheureux, rejetant tout son amour vers un fils qu'elle a eut plusieurs années plus tard (avec un autre homme?) et, surtout, dévidant toute sa colère et sa peine sur sa fille, source indirecte de ses malheurs et responsable, à ses yeux. Oh elle ne la battait pas, elle ne criait pas après sa fille. Elle l'ignorait. La nourrissait sans lui parler, lui donnait de l'argent sans la regarder, complètement indifférente et apathique. Mon amie était dépressive, suicidaire, consommatrice de drogue. J'ai dû mettre fin à nos liens après mes vaines tentatives pour l'aider, me sentant aspirée dans sa mélancolie et sa détresse.
Donc, je crois que le choix ultime revient, de juste droit, à la femme. L'homme a le droit de donner son opinion. Mais l'homme a toujours le choix de partir. Ce n'est pas rare, après un an ou deux ans, que l'homme parte en disant: c'est trop pour moi, je n'en peux plus. Combien prennent leurs responsabilités TOUTE LEUR VIE? Très peu. La femme est, ultimement, la seule qui a la charge de 100% des conséquences et des responsabilités. Le choix devrait donc lui appartenir à 100%. Je crois sincèrement que toute femme qui avorte a une part d'elle-même qui va le regretter toute sa vie. Au même titre que, depuis ma fausse couche, même si je ne savais pas être enceinte, même si ce n'était pas planifiée, une partie de moi suit virtuellement l'évolution de cette grossesse interrompue. Mais mettre un enfant au monde est un geste très lourd de conséquence, pour la mère et pour l'enfant. Et pour le père. Et je crois que chaque cas est particulier, chaque femme a ses raisons pour avorter. Et ramener ce geste à des statistiques, à un chiffre qui, pour certain, peut sembler alarmant, c'est mettre de côté l'aspect humain, personnel et individuel de chacune de ces femmes qui choisissent de mettre fin à leur grossesse.
4- Dans la même veine, j'en ai marre d'entendre dire qu'il faut faire des bébés. J'en ferais douze moi des tabarnouches de bébés. Trouvez un moyen pour qu'on puisse payer le loyer, la bouffe, les couches, les vêtements, l'électricité avec UN SEUL salaire de 35 000$ et je vais vous en faire moi des bébés. Ça coûte pas rien faire des enfants cibole! Pis moi je mettrai pas une douzaine de ptis à la garderie!
5- Yen a marre aussi des gens qui critiquent 3600 secondes d'extase. Dieu ou quelqu'un d'autre nous a accordé la grâce de ravoir Marc Labrèche et les autres à la sauce Fin du monde. Arrêter de tergiverser sur les attentes du mot «extase» pis profitez en!!!!
Sur ce, je vais vous donner un break. Vous savez maintenant ce qui me fait monter le lait en yogourt depuis une semaine. Pour le prochain billet, je résous les mystères de la vie. Posez moi vos questions, j'ai TOUTES les réponses :)
p.s.:
Ma question à moi: Combien de fois on peut tomber amoureuse du même homme?
Ma réponse: un nombre infini, du moins je l'espère :)
1- J'ai vu le Père Noël ce matin. Il est en vacances avec son chien dans le quartier Saint-Roch. Il a pris un peu de poids (tous ces biscuits à croquer) et a raccourcis sa barbe (entretien annuel). Il est vêtu d'une chemise carreautée rouge et d'un long manteau de fourrure sans manches. Il a l'air épuisé.
2- J'ai fait une découverte très importante. Avez-vous remarqué que, depuis deux ans, il y a de plus en plus d'algues bleues dans l'eau au Québec? Et avez-vous remarqué que, depuis ce temps, TOUT LE MONDE tombe enceinte? Paraît même qu'un homme est tombé enceinte dans le sud de l'Ontario. Hasard? J'en doute fort. La corrélation est évidente. Faudrait mettre une commission là-dessus...
3- Sur une note plus sérieuse, le vingtième anniversaire de la victoire de Morgentaler pour la légalisation de l'avortement a suscité plusieurs publications de statistiques sur l'avortement au Québec. Entraînant, de ce fait, plusieurs textes et opinions un peu partout. J'ai lu, entre autres, le billet de Patrick Lagacé sur le sujet et, surtout, les commentaires. Je voulais me joindre au bal mais, après quelques instants de recul, je me suis sentie envahie d'une grande tristesse et je n'ai pas trouvé quoi dire qui pourrait, en peu de mot, résumer un sujet aussi complexe. Par contre, je me suis demandée de quel sexe et quel âge avaient chaque intervenant. Car, pour avoir été assez récemment une jeune adolescente, la question n'était pas aussi manichéenne que les opinions exprimées. Je laisse de côté les stupidités du genre «au moins donnez-les en adoptions, ça coûte 10 000$ adopter une petite chinoise», comme si avoir un enfant était vide de conséquence pour une femme. Mais ce qui me chagrine le plus, c'est la dureté des jugements, la généralisation et, surtout, l'ignorance de ce que c'est, être une jeune fille adolescente. Une jeune adolescente, en TRÈS grande majorité, c'est insécure, ça n'a pas une très bonne estime de soi et ça se cherche en maudit. Ça vit très mal le rejet et le rejet, elles le risquent si elles disent non. D'ailleurs, entre autre avec le sujet du condom invisible, on a de plus en plus la preuve que les hommes ne se sentent pas concernés par la contraception (1 homme sur 2 refuse de porter le condom lors de relations à risque). Alors demander à une fille qui n'a pas le droit d'acheter de l'alcool ou de voter, de faire des choix éclairés (et sans qu'elle ait nécessairement l'éducation sexuelle et l'information nécessaire, en plus de la maturité, pour faire ces choix) qui vont influencer le reste de son existence d'une façon encore plus directe, je crois que c'est un peu se foutre la tête dans le sable. Et même plus tard, certaines femmes sont prêtes à être mère très tard ou même jamais. On peut avoir 28 ou 35 ans et se sentir incapable d'élever un enfant.
J'ai la chance de ne jamais être passée par là, mais plusieurs de mes amies ont eu à se faire avorter à 14, 16 ou 18 ans. Et ce n'est jamais facile, ce n'est jamais sans conséquences, ce n'est jamais vide de sens. Je crois cependant que chaque enfant, dans la mesure du possible devrait être désiré. J'ai connu une fille que sa mère n'aimait pas. Aussi inconcevable que cette notion pouvait être à mes yeux, j'ai pu le constater, sa mère ne l'aimait pas. Tombée enceinte à 17 ans, en région, forcée par ses parents à marier le père de son enfant, prisonnière pendant 20 ans d'un mariage malheureux, rejetant tout son amour vers un fils qu'elle a eut plusieurs années plus tard (avec un autre homme?) et, surtout, dévidant toute sa colère et sa peine sur sa fille, source indirecte de ses malheurs et responsable, à ses yeux. Oh elle ne la battait pas, elle ne criait pas après sa fille. Elle l'ignorait. La nourrissait sans lui parler, lui donnait de l'argent sans la regarder, complètement indifférente et apathique. Mon amie était dépressive, suicidaire, consommatrice de drogue. J'ai dû mettre fin à nos liens après mes vaines tentatives pour l'aider, me sentant aspirée dans sa mélancolie et sa détresse.
Donc, je crois que le choix ultime revient, de juste droit, à la femme. L'homme a le droit de donner son opinion. Mais l'homme a toujours le choix de partir. Ce n'est pas rare, après un an ou deux ans, que l'homme parte en disant: c'est trop pour moi, je n'en peux plus. Combien prennent leurs responsabilités TOUTE LEUR VIE? Très peu. La femme est, ultimement, la seule qui a la charge de 100% des conséquences et des responsabilités. Le choix devrait donc lui appartenir à 100%. Je crois sincèrement que toute femme qui avorte a une part d'elle-même qui va le regretter toute sa vie. Au même titre que, depuis ma fausse couche, même si je ne savais pas être enceinte, même si ce n'était pas planifiée, une partie de moi suit virtuellement l'évolution de cette grossesse interrompue. Mais mettre un enfant au monde est un geste très lourd de conséquence, pour la mère et pour l'enfant. Et pour le père. Et je crois que chaque cas est particulier, chaque femme a ses raisons pour avorter. Et ramener ce geste à des statistiques, à un chiffre qui, pour certain, peut sembler alarmant, c'est mettre de côté l'aspect humain, personnel et individuel de chacune de ces femmes qui choisissent de mettre fin à leur grossesse.
4- Dans la même veine, j'en ai marre d'entendre dire qu'il faut faire des bébés. J'en ferais douze moi des tabarnouches de bébés. Trouvez un moyen pour qu'on puisse payer le loyer, la bouffe, les couches, les vêtements, l'électricité avec UN SEUL salaire de 35 000$ et je vais vous en faire moi des bébés. Ça coûte pas rien faire des enfants cibole! Pis moi je mettrai pas une douzaine de ptis à la garderie!
5- Yen a marre aussi des gens qui critiquent 3600 secondes d'extase. Dieu ou quelqu'un d'autre nous a accordé la grâce de ravoir Marc Labrèche et les autres à la sauce Fin du monde. Arrêter de tergiverser sur les attentes du mot «extase» pis profitez en!!!!
Sur ce, je vais vous donner un break. Vous savez maintenant ce qui me fait monter le lait en yogourt depuis une semaine. Pour le prochain billet, je résous les mystères de la vie. Posez moi vos questions, j'ai TOUTES les réponses :)
p.s.:
Ma question à moi: Combien de fois on peut tomber amoureuse du même homme?
Ma réponse: un nombre infini, du moins je l'espère :)
Écosystème(s) :
Confession sur l'oreiller,
Réflexions opiniâtres,
Vidange du cerveau
vendredi 9 novembre 2007
Mystification et révélations
Je vous ai mentis. Éhontément et affreusement. Je ne suis pas une marsouine. Je suis un flétan d'eau douce, une pleutre, un poisson indigne de l'appellation des majestueux mammifères marins (ouhhhhh alitération).
Suffit l'auto-flagellation. J'ai quand même un peu honte de moi aujourd'hui. Je vous explique parce que là je sens que vous êtes dans le noir et vous vous dites : mais qu'est-ce qu'elle raconte????
Je n'ai pas besoin de vous rappeler ma situation actuelle. En arrêt de travail, mais d'étude, parce que je travail encore, c'est la même chose c'est juste qu'il n'y a pas de nom pour arrête d'études... en tout cas. Donc, en période de rien-foutisme, je commence à fouiner par ci par là pour trouver un emploi qui, j'aimerais bien, me permettra de donner le botté d'envoi (Go Rouge et Or!) à ma carrière. Mon choix antérieur de l'enseignement avait été fait pour trois raisons majeures: les congés de maternités, les horaires et la possibilité de travailler en région. Eh bien, figurez-vous que, aujourd'hui, j'ai trouvé une offre d'emploi, d'une communauté religieuse, dans une petite ville que je connais bien parce que je viens du patelin d'à côté, qui cherchent quelqu'un pour répertorier leurs trésors et organiser une expo. On parle d'un emploi permanent, à temps plein, en région, MA région. Wow! Payant en plus, avec des congés, des avantages sociaux, de l'avancement et, la cerise sur le sundae, dans mon domaine. J'ai postulé, n'ayez crainte.... mais seulement après une grosse séance de pep téléphonique avec l'Élu.
Je suis une poule mouillée. J'ai la chienne, la chienne de commencer ma «vraie» job de grande. D'être une grosse pareusseuse incompétente dans ma «vraie» job de grande. De prendre des décisions qui vont chambouler ma vie (comprendre ici : lâcher ma job ultra-payante mais ô combien servile au journal).
Après son cégep, mon génie et futur médecin de frère (mesdames, il est célibataire et TRÈS mignon) est parti en Europe. Trois mois en sac à dos, dont deux semaines à vivre parmi les quêteux corses (il ne savait pas qu'en novembre, la Corse n'a AUCUN établissement touristique ouvert). Je l'ai envié à ce moment-là. Je l'envie encore. Mais moi, j'avais ma grosse job payante et mes études à faire. J'ai continué mon train-train. J'ai l'impression d'être constamment effrayée de prendre des décisions. Des grosses décisions qui pourraient changer ma vie. Donc, la plupart du temps, la vie s'occupe de les prendre à ma place (genre me rendre folle au point où je dois abandonner l'école ou devenir schizo). Mais je me rends compte que j'arrive au bout de ma luck, comme on dit. Je vais devoir commencer à me lancer dans le vide. Et ça me fait peur. Mais en même temps, j'ai des rêves que je tiens à réaliser... et ce n'est pas en attendant qu'ils se réalisent tout seuls que je vais les atteindre. Bref, si les bonnes soeurs décident que je suis la bonne personne pour recenser leur trésor, je vais peut-être devoir me fermer les yeux et sauter!
Bungeeeeeeeeeeeeeeeee
Suffit l'auto-flagellation. J'ai quand même un peu honte de moi aujourd'hui. Je vous explique parce que là je sens que vous êtes dans le noir et vous vous dites : mais qu'est-ce qu'elle raconte????
Je n'ai pas besoin de vous rappeler ma situation actuelle. En arrêt de travail, mais d'étude, parce que je travail encore, c'est la même chose c'est juste qu'il n'y a pas de nom pour arrête d'études... en tout cas. Donc, en période de rien-foutisme, je commence à fouiner par ci par là pour trouver un emploi qui, j'aimerais bien, me permettra de donner le botté d'envoi (Go Rouge et Or!) à ma carrière. Mon choix antérieur de l'enseignement avait été fait pour trois raisons majeures: les congés de maternités, les horaires et la possibilité de travailler en région. Eh bien, figurez-vous que, aujourd'hui, j'ai trouvé une offre d'emploi, d'une communauté religieuse, dans une petite ville que je connais bien parce que je viens du patelin d'à côté, qui cherchent quelqu'un pour répertorier leurs trésors et organiser une expo. On parle d'un emploi permanent, à temps plein, en région, MA région. Wow! Payant en plus, avec des congés, des avantages sociaux, de l'avancement et, la cerise sur le sundae, dans mon domaine. J'ai postulé, n'ayez crainte.... mais seulement après une grosse séance de pep téléphonique avec l'Élu.
Je suis une poule mouillée. J'ai la chienne, la chienne de commencer ma «vraie» job de grande. D'être une grosse pareusseuse incompétente dans ma «vraie» job de grande. De prendre des décisions qui vont chambouler ma vie (comprendre ici : lâcher ma job ultra-payante mais ô combien servile au journal).
Après son cégep, mon génie et futur médecin de frère (mesdames, il est célibataire et TRÈS mignon) est parti en Europe. Trois mois en sac à dos, dont deux semaines à vivre parmi les quêteux corses (il ne savait pas qu'en novembre, la Corse n'a AUCUN établissement touristique ouvert). Je l'ai envié à ce moment-là. Je l'envie encore. Mais moi, j'avais ma grosse job payante et mes études à faire. J'ai continué mon train-train. J'ai l'impression d'être constamment effrayée de prendre des décisions. Des grosses décisions qui pourraient changer ma vie. Donc, la plupart du temps, la vie s'occupe de les prendre à ma place (genre me rendre folle au point où je dois abandonner l'école ou devenir schizo). Mais je me rends compte que j'arrive au bout de ma luck, comme on dit. Je vais devoir commencer à me lancer dans le vide. Et ça me fait peur. Mais en même temps, j'ai des rêves que je tiens à réaliser... et ce n'est pas en attendant qu'ils se réalisent tout seuls que je vais les atteindre. Bref, si les bonnes soeurs décident que je suis la bonne personne pour recenser leur trésor, je vais peut-être devoir me fermer les yeux et sauter!
Bungeeeeeeeeeeeeeeeee
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jeudi 18 octobre 2007
Bouilli perdu
Vous savez, des fois, on pose quelque chose à un endroit en se disant que c'est un plan pour l'oublier là. Inévitablement, on finit par l'oublier. J'ai oublié ma boîte à lunch au resto ce matin. Gêeeeenant! :) Dedans, un plat du bouilli que j'ai fait hier. Un vif succès d'ailleurs, ce bouilli. Ma mère est venu souper et c'est son plat favori. La semaine dernière, ma première expérience de poulet chasseur m'a appris aussi que c'était le plat préféré de l'Élu (?????? un an et je ne savais pas ça????). Celui-ci m'a vertement reproché, à cet effet, d'inviter les gens dont c'est le mets préféré lorsque j'essaye une nouvelle recette. Je l'ai envoyé balader.
Sur un autre sujet, merci à tous pour les conseils/encouragements/bonnes intentions suite au billet précédent. J'ai rencontré la psychologue ce matin qui a été aussi un peu troublée par les mots du médecin mais semble-t-il que les prescriptions sont grandement en deça du diagnostic. Bref, il s'agit en fait de pilules pour m'aider à dormir et à prendre en cas d'attaque de panique. J'aurais bien aimé des explications aussi claires hier. Remarquez que maintenant, les docteurs nous fourguent une prescription et c'est le pharmacien qui nous explique les détails. Mais rassurez-vous, je vois ma doc habituelle dans peu de temps et elle n'aime pas plus les pilules que moi. Je me fierai donc à ses conseils.
En dehors de ça, la rencontre de ce matin a fait beaucoup de bien. Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer en mots mais il se passe des choses dans ma tête. On verra bien où ça mène.
Je vous rassure tout de suite cependant. Je n'ai pas l'intention de poursuivre dans la tendance journal intime que ce blog a emprunté depuis une semaine. L'ouragan qui a secoué mon quotidien a nécessité que j'exploite mes billets comme d'une soupape pour éviter l'explosion. Mais j'ai la ferme intention d'en revenir à mes anciennes amours soit les péripéties du 320 (Marsouine, Élu et Naslun) et, comme je ne peux plus critiquer les cours en enseignement, je vais peut-être même me mettre à la politique...
Sur un autre sujet, merci à tous pour les conseils/encouragements/bonnes intentions suite au billet précédent. J'ai rencontré la psychologue ce matin qui a été aussi un peu troublée par les mots du médecin mais semble-t-il que les prescriptions sont grandement en deça du diagnostic. Bref, il s'agit en fait de pilules pour m'aider à dormir et à prendre en cas d'attaque de panique. J'aurais bien aimé des explications aussi claires hier. Remarquez que maintenant, les docteurs nous fourguent une prescription et c'est le pharmacien qui nous explique les détails. Mais rassurez-vous, je vois ma doc habituelle dans peu de temps et elle n'aime pas plus les pilules que moi. Je me fierai donc à ses conseils.
En dehors de ça, la rencontre de ce matin a fait beaucoup de bien. Je ne sais pas vraiment comment l'expliquer en mots mais il se passe des choses dans ma tête. On verra bien où ça mène.
Je vous rassure tout de suite cependant. Je n'ai pas l'intention de poursuivre dans la tendance journal intime que ce blog a emprunté depuis une semaine. L'ouragan qui a secoué mon quotidien a nécessité que j'exploite mes billets comme d'une soupape pour éviter l'explosion. Mais j'ai la ferme intention d'en revenir à mes anciennes amours soit les péripéties du 320 (Marsouine, Élu et Naslun) et, comme je ne peux plus critiquer les cours en enseignement, je vais peut-être même me mettre à la politique...
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mercredi 17 octobre 2007
La phrase qui tue
«Bonsoir, je m'appelle La Marsouine et je suis malade mentale»
Suis allé voir le docteur aujourd'hui, dans une clinique sans rendez-vous qui accueille mes urgences depuis quelques années. Le rendez-vous le plus proche que j'ai pu avoir avec ma doc de famille étant fin novembre, elle m'a recommandé d'aller là pour avoir une lettre pour l'Université. Au départ, mon objectif était simplement d'avoir tous les papiers nécessaires pour me faire rembourser mes frais de scolarité.
Je suis arrivée dans le bureau, après une ptite heure d'attente, pas si mal. Nerveuse à l'os, sans savoir quoi dire, comment l'expliquer. Surtout parce que je n'ai pas encore réussi, à mes yeux, à justifier mon arrêt d'études. Elle, elle savait comment ça marche. Elle me pose une multitude de questions, auxquelles je réponds en disant soit : «non, ce n'est pas et n'a jamais été mon cas» ou «effectivement, c'est fréquent chez moi, ça m'est déjà arrivé, etc.». Elle m'ausculte, prend en compte mes antécédents.
Et c'est là que le verdict tombe: «Mademoiselle, vous souffrez d'un trouble de l'anxiété et fort probablement d'un léger trouble bipolaire». BOUM! Le pire, c'est que ça ne me surprend pas. La prescription de pilules, elle, elle m'a surprise. La docteure m'explique que c'est probablement génétique, puisque j'en ai manifesté les symptômes très jeune. Elle me prescrit des examens, me donne une note pour l'université et pour mon médecin et me souhaite une bonne journée. La salle d'attente était pleine, mon cas n'était pas urgent, je comprends parfaitement.
Je suis donc sonnée depuis ce midi. Encore plus depuis que j'ai parlé à ma mère et à l'Élu. À ma grande surprise, à l'annonce du diagnostic, ils n'ont pas été surpris, eux. Qui me disent qu'ils s'en doutaient pas mal. Qui me disent que ce n'est rien de grave, que je suis juste un peu plus fragile, que je dois faire attention à moi.
.....
Alors pourquoi, malgré toutes les belles campagnes de sensibilisation, pourquoi moi je me sens aussi mal? Pourquoi j'ai honte d'apprendre que je souffre d'une maladie mentale? Parce que les préjugés, ça a la vie dure. Mes préjugés, cependant, n'existent qu'envers moi-même. N'importe qui d'autre viendrait m'annoncer qu'il est bipolaire et c'est moi qui aurait le discours rassurant. Mais quand c'est moi, ma tête shifte... Finalement, la pente va peut-être s'avérer plus à pic que je pensais...
Suis allé voir le docteur aujourd'hui, dans une clinique sans rendez-vous qui accueille mes urgences depuis quelques années. Le rendez-vous le plus proche que j'ai pu avoir avec ma doc de famille étant fin novembre, elle m'a recommandé d'aller là pour avoir une lettre pour l'Université. Au départ, mon objectif était simplement d'avoir tous les papiers nécessaires pour me faire rembourser mes frais de scolarité.
Je suis arrivée dans le bureau, après une ptite heure d'attente, pas si mal. Nerveuse à l'os, sans savoir quoi dire, comment l'expliquer. Surtout parce que je n'ai pas encore réussi, à mes yeux, à justifier mon arrêt d'études. Elle, elle savait comment ça marche. Elle me pose une multitude de questions, auxquelles je réponds en disant soit : «non, ce n'est pas et n'a jamais été mon cas» ou «effectivement, c'est fréquent chez moi, ça m'est déjà arrivé, etc.». Elle m'ausculte, prend en compte mes antécédents.
Et c'est là que le verdict tombe: «Mademoiselle, vous souffrez d'un trouble de l'anxiété et fort probablement d'un léger trouble bipolaire». BOUM! Le pire, c'est que ça ne me surprend pas. La prescription de pilules, elle, elle m'a surprise. La docteure m'explique que c'est probablement génétique, puisque j'en ai manifesté les symptômes très jeune. Elle me prescrit des examens, me donne une note pour l'université et pour mon médecin et me souhaite une bonne journée. La salle d'attente était pleine, mon cas n'était pas urgent, je comprends parfaitement.
Je suis donc sonnée depuis ce midi. Encore plus depuis que j'ai parlé à ma mère et à l'Élu. À ma grande surprise, à l'annonce du diagnostic, ils n'ont pas été surpris, eux. Qui me disent qu'ils s'en doutaient pas mal. Qui me disent que ce n'est rien de grave, que je suis juste un peu plus fragile, que je dois faire attention à moi.
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Alors pourquoi, malgré toutes les belles campagnes de sensibilisation, pourquoi moi je me sens aussi mal? Pourquoi j'ai honte d'apprendre que je souffre d'une maladie mentale? Parce que les préjugés, ça a la vie dure. Mes préjugés, cependant, n'existent qu'envers moi-même. N'importe qui d'autre viendrait m'annoncer qu'il est bipolaire et c'est moi qui aurait le discours rassurant. Mais quand c'est moi, ma tête shifte... Finalement, la pente va peut-être s'avérer plus à pic que je pensais...
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mercredi 10 octobre 2007
Temps mort
Il y a des jours où on a l'impression que ça passe ou ça casse. Des jours critique où il faut réagir et prendre des décisions, sinon on va exploser. Aujourd'hui est l'une de ces journées. Parfois, on ne s'écoute pas vraiment... parfois, on prend des décisions pour les mauvaises raisons. On peut avoir une destination mais prendre le mauvais chemin pour y arriver. Prendre le chemin qu'on croit le bon, le plus court, au lieu de prendre le chemin qu'on a envie de prendre. Parfois, en voyage, il faut s'arrêter quelque part, même si ce n'était pas prévu, et profiter du soleil.
Aujourd'hui, j'ai pris la décision d'arrêter temporairement mes études. Je ne suis pas certaines de vouloir devenir enseignante... mais je suis absolument certaine de ne pas être en mesure de le devenir maintenant, cet automne, cette année. Je suis une marsouine qui s'est prise pour une raie. J'ai voulu rester au fond de l'eau trop longtemps et j'ai oublié de remonter respirer. Heureusement (ou non), les choses ont atteint leur paroxysme aujourd'hui.
Malgré toute la peur qui m'envahit, malgré toutes les craintes et la honte, je vais m'arrêter. Et me donner le droit d'avoir 24 ans en 2007. Je vais me faire un cadeau de fête tiens! Je vais arrêter de vivre en fonction du futur et vivre maintenant.
Les aventures de La Marsouine ne sont pas terminées, seulement, pour les prochains mois, elles seront domestiques et tranquilles. Je vais sortir du courant un instant, me reposer dans une petite crique, en attendant la marée pour reprendre mon chemin...
Aujourd'hui, j'ai pris la décision d'arrêter temporairement mes études. Je ne suis pas certaines de vouloir devenir enseignante... mais je suis absolument certaine de ne pas être en mesure de le devenir maintenant, cet automne, cette année. Je suis une marsouine qui s'est prise pour une raie. J'ai voulu rester au fond de l'eau trop longtemps et j'ai oublié de remonter respirer. Heureusement (ou non), les choses ont atteint leur paroxysme aujourd'hui.
Malgré toute la peur qui m'envahit, malgré toutes les craintes et la honte, je vais m'arrêter. Et me donner le droit d'avoir 24 ans en 2007. Je vais me faire un cadeau de fête tiens! Je vais arrêter de vivre en fonction du futur et vivre maintenant.
Les aventures de La Marsouine ne sont pas terminées, seulement, pour les prochains mois, elles seront domestiques et tranquilles. Je vais sortir du courant un instant, me reposer dans une petite crique, en attendant la marée pour reprendre mon chemin...
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