lundi 10 mars 2008

Monotone

Je viens de passer 10 bonne minutes à chercher un sujet sur lequel écrire. Je constate mon échec lamentable à trouver dans mon quotidien des derniers jours un sujet valable. Aucune nouvelle n'a soulevé mon indignation (qui est très légère et donc facilement levée, comme on le sait), aucune anecdote drôle (du moins aucune qui est suffisamment décente pour être partagée), aucune réflexion profonde. J'ai bien essayé de photographier Naslun couché la tête sur le téléphone, pour faire un post à la Pierre-Léon que j'aurais intitulé «Attendre un appel important», mais mon chien stupide se redresse dès que je fais mine de saisir l'appareil photo et se sauve au bruit qu'il fait lorsque je l'allume (la photo de Père Noël l'a probablement traumatisé beaucoup plus que je ne me l'était imaginé...).

On n'a rien fait du week-end. R. I. E. N. RIEN. Ben c'est pas vrai, on est allé déjeuner au Clocher Penché avec BB samedi matin (du tartare de saumon au déjeuner???? C'est presque indécent de volupté!). En revenant, on est allé à Place Fleur de Lys, j'étais à cour de shampooing et je voulais des balles de tennis blanches pour laver mon manteau. Sauf que. L'Élu a fait un détour par le magasin de jeux vidéos (et c'est moi qu'on traite de geek hein?). Et il a acheté Bully, un jeu des concepteurs de GTA (Grand Theft Auto) et qui fonctionne un peu sur le même principe sauf qu'au lieu d'être un petit criminel citadin, on est un ado qui doit dominer les cliques d'un établissement privé de «dernière chance» et rétablir l'ordre tout en s'établissant comme chef de l'école. Bref, j'ai regardé l'Élu jouer à un jeu vidéo tout le week-end. C'était tempête dehors en plus, rien pour nous inciter à bouger. Et aussi farnientesque que cela ait pu être, c'était pas mal. Je me dis que ce genre de fin de semaine «adolescentes» ne pourront pas se reproduire longtemps et qu'il vaut mieux en profiter pendant qu'on peut encore ne rien faire pendant deux jours sans trop de conséquences (sauf un plancher de bois franc qui a l'air de du tapis tellement le chien perd son poil).

La morale de cette histoire? La prochaine fois que vous allez déjeuner au resto, CLOCHER PENCHÉ et rien d'autre! (ceux qui sont à Québec là.... j'imagine que ceux de Montréal peuvent se rabattre sur le Byblos, dans leur grande tristesse héhéh)

vendredi 7 mars 2008

Nuit blanche, jour noir

- Hier, c'était la fête à Naslun. Il avait un an.

- Ah ouin? Vous avez fait quoi?

- Ben rien tsé!!! Stun chien, come on!

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On a mangé de la fondue par contre. L'Élu est allé à l'épicerie avec la mission d'acheter une poitrine de poulet, sachant très bien que ce qu'il allait acheter dans sa tête, c'est un morceau de viande de bois. Il est revenu avec une poitrine de dinde marinée style Général Tao. C'est plein d'épices ça hein? Pis on a décidé, maintenant qu'il n'est officiellement plus un chiot, de laisser dormir le chien au pied du lit. Combinaison explosive. En plus de me réveiller toutes le heures avec des démangeaisons partout, chaque fois que je changeais de position, mes pieds rencontraient un obstacle.

Résultat: à 6h du matin, j'étais bien réveillée et un peu hypoglycémique. J'ai donc pris le parti de me lever, me doucher, vider le chien (le sortir) et aller chercher des croissants aux amandes. C'est TRÈS rares qu'on déjeune ensemble la semaine l'Élu et moi mais ça a fait changement. Je vais ptête y prendre goût à me lever à l'heure des poules...

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Je suis maintenant officiellement couverte par un régime d'avantages sociaux, gracieuseté de mon employeur et mes cinq annnées de loyaux services (impliquant que je travaille tous les Noëls et tous les étés). Rappelez la GRC, je ne suis plus dans l'illégalité (je m'étais pas inscrite à la RAMQ quand l'assurance de mes parents a arrêté de me couvrir cet automne....). Je peux maintenant me bourrer de pilules, me faire massotripper, psychanalyser, chiropracter, physioter, ergoter, etc etc. pour la modique sommes de 50$ par mois. Yihouuu! Plus le temps passe et plus je me rends compte que l'adultèrité est en faite la même chose que l'adolescence, c'est juste qu'il y a plus de formulaires à remplir... Un RÉER??? C'est quoi ça?

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Sur une note plus sérieuse, j'imagine que vous avez lu dans vos quotidiens respectifs les récentes avancées du Bill C-484 ? Le Devoir de ce matin nous présente les cris de joie du mouvement pro-vie. J'ai déjà exprimé ma position sur l'avortement ici, je ne la répéterai pas. Je dirai donc seulement que je trouve ce projet de loi un peu hypocrite. Le même article nous dit qu'il y a CINQ cas recensés de meurtres de femmes enceintes AU CANADA. Loin de moi l'idée de diminuer la gravité de tels actes.... mais quand on pense au nombre d'enfants NÉS qui vivent de l'abus quotidiennement et à la quantité de citoyens qui réclame à grands cris (dans les journaux et tribunes télévisés) qu'on augmentent les peines pour leurs abuseurs et bourreaux, je me dis qu'il y a soit un petit problème de priorités quelque part, soit que le député à l'origine du projet de loi C-484 est vraiment naïf de s'imaginer qu'on ne le voit pas venir malgré ses dénégations. C'est exactement le genre de démarches qui ont été utilisées par la droite américaine pour réouvrir le débat sur l'avortement (qui est très loin d'être un droit acquis, surtout aux États-Unis). Je vous laisse lire l'article du devoir, il est beaucoup plus éloquent que je ne pourrais l'être. Je terminerai par ceci: je constate que le mouvement Pro-Vie entretient des liens extrêmement étroits avec l'Église. Ça me travaille énormément qu'aujourd'hui encore l'État ne soit pas complètement affranchi de l'influence d'institutions aussi rétrogrades et passéistes qui se targuent depuis (presque) la nuit des temps d'avoir la vérité absolue sur la vie et qui, pourtant, ont été la source de tellement de morts et de souffrances au nom d'un Dieu qui se veut amour...


mercredi 5 mars 2008

Des airs d'apocalypse

Il neige. Pour ceux qui ne le savaient pas encore. Il neige en es**. Avis à ceux qui ne sont pas au Québec ou dans la région de Québec: c'est le bordel. Tout est fermé, les écoles, les universités, les autobus même les bureaux! L'Élu s'est fait renvoyer à la maison vers 11h pour cause de neige.

Et moi? Et bien comme tout un chacun ne saurait se passer de sa dose quotidienne de nouvelles, nous préparons malgré tout l'édition de demain, avec des effectifs réduits il va sans dire.

Je ne sais pas si c'est l'effet de la tempête mais la quantité de crinqués qui décident de tuer le temps en téléphonant au journal, c'est incroyable. Ce matin, un monsieur, dont la voix me laissait deviner qu'il était en vie pendant la Première guerre mondiale, a décidé d'éprouver mes connaissances, en bon citoyen.

Premier appel

Moi: La Rédaction?

Lui: Bonjour mademoiselle, auriez-vous deux minutes à perdre pour répondre à une devinette?

Moi: Pardon? De quoi voulez-vous parler exactement monsieur?

Lui, d'une voix à peine audible: Pouvez-vous me dire combien coûteraient 100 pommes si la douzaine coûte 12 sous?

Moi, n'ayant pas vraiment écouté: Monsieur est-ce que vous appelez par rapport au journal?

Lui: Non non madame.

Moi: Monsieur, je vais devoir raccrocher, j'ai plusieurs autres appels en attente. (ce qui était vrai)

Il baragouine quelque chose et termine par: C'est bien c'est bien.

Je raccroche.


Cinq minutes plus tard, deuxième appel

Moi: La Rédaction?

Lui: Bonjour mademoiselle, auriez-vous deux minutes à perdre pour répondre à une devinette?

Moi, d'une voix résignée, comprenant que je ne m'en sortirai pas: Bon, allez-y monsieur.

Lui: Pouvez-vous me dire combien coûteraient 100 pommes si la douzaine coûte 12 sous?

Moi, très rapidement: Un dollar monsieur.

Lui, l'air tout surpris: Mais comment avez-vous fait pour le trouver?

Moi: Bien voyons, si la douzaine coût 12 sous, une pomme coûte un sous donc cent pommes coûtent cent sous ou un dollar.

Lui: Mais, saviez-vous, mademoiselle, que 98% des gens vont plutôt tenter de multiplier 12 par cent pour trouver la réponse?

Moi: Bien monsieur, j'ai terminé ma 5e année moi, je sais compter.

Lui: Ah? Bonne journée!


Fin de l'histoire


C'est de loin la chose la plus bizarre qui me soit arrivée dans le cadre de mon travail. Ça bat le monsieur qui appelait 20 fois par soir pour m'engueuler et me traiter de fasciste.

mardi 4 mars 2008

Damn you Universe!!!!!

Depuis un mois que je travaille à temps plein, emmagasinant l'argent et le redistribuant aussitôt à mes créanciers. J'attendais avec une petite impatience le temps béni où je retrouve mon horaire parcimonieux de deux jours semaines et qui, malgré le gouffre que cela crée dans mon portefeuille, me donnent l'opportunité de dompter la montagne de linge sale qui s'est accumulé en mon absence, prenant vie sous les traits d'un dragon féroce qui craint l'eau donc la machine à laver. Mais en vain, l'Univers en a voulu autrement! Un accident de voiture se terminant en pied cassé me parachute dans un autre sprint de travail à temps plein pour les 3 prochaines semaines. Ainsi, compte tenu des autres remplacements déjà prévu à l'horaire, je me retrouve à travailler à temps plein pas mal jusqu'à la fin de l'été. Mon chien m'a renié, le PlayStation a pleuré et les saisons de Roswell fraîchement downloadé (je sais, c'est «ado» pas mal mais je n'ai jamais vu la 3e saison à l'époque) devront attendre des cieux plus cléments. Le week-end jubile de récupérer son statut rédempteur et je ne sais si je dois rire de cet apport financier ou pleurer cette vie cruelle qui m'ôte mon temps libre.

Mais, je vous rassure tout de suite, vous n'en souffrirez point. Étant encore plus devant l'ordinateur que d'habitude, vous risquez même de me lire encore plus souvent.

Allez, bon vent!

lundi 3 mars 2008

Le vrai bonheur doit être partagé

C'est l'ultime constation du jeune Alexander Supertramp a.k.a Christopher McCandless, le jeune homme qui est à l'origine du livre Into the Wild de Jon Krakauer et du film de Sean Penn, qui porte le même nom. Pour ceux qui ne savent pas de quoi il s'agit, je vous résume le synopsis vite fait.

Au début des années 1990, un jeune homme de bonne famille qui vient de terminer le college (je ne comprends rien au système d'éducation américain.. mettons université) fait don de toutes ses économies (fond d'études, 24 000$ US) à OXFAM, brûle son argent, abandonne sa voiture, change de nom et disparaît sans prévenir qui que ce soit. Il est retrouvé mort en Alaska, deux ans plus tard (août 1992). Pendant ces deux années, il a consigné par écrit une partie de son expérience. Son objectif: se défaire de tout liens terrestres et matériels pour retrouver sa vraie nature, être en contact avec la nature sauvage. Le livre et le films sont inspirés de son périple et basés sur ses écrits.

L'Élu a lu le livre un peu avant les fêtes. Nous n'avions pas encore vu le film, snob que nous sommes, parce que nous digérons mal les versions traduites. Au mieux, tolérons-nous une version sous-titrée. Bref, le Clap a un spécial versions originales anglaises cette semaine, dont Into the Wild. Nous sommes allés hier.

Premièrement, le film est génial! Je n'ai pas encore lu le livre (l'Élu l'a prêté à mon frère et celui-ci n'a pas encore terminé. Il était d'ailleurs avec nous hier) mais j'ai quand même beaucoup aimé. Ceux qui l'ont lu m'ont confirmé que c'était extrêmement fidèle à l'histoire. Dans les remerciements du générique, d'ailleurs, on constate que la famille McCandless a apporté son support pour le film.

À part les vêtements des années 1990, franchement horribles, le sentiment d'inconnu, d'abandon et d'immensité nous envahi. Le film est constitué de deux «séquences» qui s'entrecoupent soit la dernière étape et objectif ultime de MacCandless: sa grande aventure en Alaska, et le périple qui l'a précédée. On apprend petit à petit l'histoire du jeune homme, sa colère envers ses parents et le monde de conventions auquel ils s'astreignent, camouflant et supprimant leur souffrance, imposant cette tension et cette violence à leurs enfants.

On constate rapidement que c'est la colère qui motive le jeune homme beaucoup plus qu'un désir d'absolu. Son imaginaire, alimenté depuis des années par Tolstoi, Jack London, Pasternak, etc., stimulent chez lui des idéaux plus grands que nature et crée une vision du monde distordue par l'univers littéraire. Il en devient aveugle au réel et sa quête bien que louable demeure un peu frivole et irresponsable. La preuve en est sa fin atroce et ironique. Après avoir donné tout son argent aux affamés du monde, il meurt lui-même de faim, prisonnier de la nature. L'homme du passé qui vivait dans la nature avait derrière lui un apprentissage et une culture de vie en forêt qui lui avait enseigné tout ce qu'il était nécessaire de savoir. Un homme moderne ne peut sérieusement penser survivre seul en forêt sans formation, simplement en ayant glané quelques trucs de base par-ci, par-là. Il est déjà incroyablement surprenant qu'il ait pu le faire pendant 10 mois.

J'aime de ce film qu'il n'idéalise pas l'homme et sa quête. J'aime qu'on montre aussi ses motifs inavoués, ses erreurs et ses regrets. Son aventure demeure exceptionnelle mais elle ne peut être le fait de tout un chacun.

Pendant le film, j'entretenais une conversation soutenue avec moi-même. Premièrement, l'histoire de McCandless fait naître l'envie. Un désir minuscule de partir et tout laisser derrière, affronter le monde et faire l'expérience de la vie. Mais je me suis rapidement demandée si ce désir n'était pas alimenté par la peur, s'il ne s'agissait pas en réalité d'une fuite de tout ce qui nous effraie dans notre vie, tout ce que nous ne voulons pas affronter.

Deuxièmement, je me suis demandée si ce désir n'était pas plutôt l'apanage de l'homme (dans le sens de mâle)? Ma conclusion est positive. Je ne saurais expliquer pourquoi, c'est juste une impression. Je ne dis pas qu'il n'existe pas chez les femmes mais je crois sincèrement que c'est plus présent chez les hommes. Pour un milier de raisons et pour rien aussi, parce que je crois que ça fait partie d'eux, de leur nature, de leur instinct. Je crois aussi que c'est stimulé par le besoin de se définir et de s'affirmer, chose qui est de plus en plus difficile pour beaucoup d'hommes dans la société moderne.

Troisièmement et finalement, j'ai pensé à moi et à l'Élu. J'ai pensé à cet Élu qui a attrapé le virus du voyage, qui a tellement besoin de ce sentiment d'être dépaysé, d'être dans un autre monde. J'ai pensé à moi qui fais un choix qui implique de laisser de côté l'aventure. Et ce n'est pas seulement «pour le moment», puisque le voyage n'a pas le même impact et ne se fait pas de la même façon dans la vingtaine que dans la cinquantaine. J'ai tendance à toujours vouloir tout faire, ne rien manquer. Mais c'est foncièrement impossible. Chaque choix que je fais pour ma vie implique de laisser de côté autre chose. Et je dois me rappeler pourquoi je fais ces choix et pourquoi ils sont importants pour moi. Je ne peux toutefois m'empêcher d'avoir peur. Cette maudite insécurité, maladie pour laquelle il n'y a ni vaccin ni cure. La peur que même s'il me dit le contraire, ces choix que nous faisons aujourd'hui, l'Élu et moi, il ne les regrette un jour. Ça l'enrage et je le comprends, il a l'impression que je ne lui fais pas confiance. Peut-être que je me soucis trop de son bonheur à lui et pas assez du mien... ou est-ce le contraire? Peut-être est-ce parce que je touche mon rêve du bout des doigts et j'ai peur qu'il me glisse des mains? Peut-être est-ce plutôt parce que mon rêve est si proche et que j'ai peur d'être aveuglé par lui au point de ne pas voir que je l'entraîne malgré lui? Car il n'y aura pas de retour en arrière possible. Est-ce que je vais arriver à cesser de croire que ce n'est pas seulement MON rêve mais le sien aussi, NOTRE rêve?

C'est beaucoup de questions et peu de réponses. La confiance est en fait, la seule réponse. La confiance en moi et mes choix. Ma confiance en lui. Notre confiance envers la vie qui, si souvent, nous apporte des réponses tellement simples.

Et c'est un peu la conclusion à laquelle on arrive au sortir de ce film, qui est beaucoup plus qu'un film selon moi, qui est aussi une grande histoire sur la vie. La conclusion qu'à force de se chercher, on finit par se manquer. Que pour se trouver, il faut fermer les yeux et plonger. Que la réponse qui nous fait si cruellement défaut ne se trouve pas à des miliers de kilomètres mais, plutôt, juste sous notre nez...